Il y a eu deux explosions.
La première est celle de la tour de prilling, l’unité de production qui tournait H24 dans l’usine AZF. Cette explosion est consécutive à un feu gigantesque ( d’origine électrique ?) qui s’est déclaré à sa base ( preuve à l’appui dans un Procès Verbal recueilli le 22 septembre 2001 ! par l’officier de Police Judiciaire Cohen ) , atteignant (infiniment) largement le degré de chaleur nécessaire pour enclencher la deuxième, celle de l’amonitrate stocké à une très courte proximité, dans le hangar 221.
Les problèmes sont :Il est trop tard pour que M. Van Schendel et ses collègues experts, qui ont fait leur, l’assertion selon laquelle le cratère est l’origine de l’unique explosion, puissent dire : Nous nous sommes trompés.
Il est impensable aussi que Grande Paroisse, malgré le témoignage accablant de vérité de M. Abellan, un ancien ouvrier ( notamment sur "la maintenance à flux tendu faite de bric et de broc pour éviter des réparations onéreuses…et pourtant nécessaires pour une usine qui se targue d’avoir mis tout en oeuvre pour la sécurité de ses ouvriers et de Toulouse) reconnaisse que son unité de production était vétuste et que les sirènes d’alarme, qui ont retenti toute la nuit dans l’usine du 20 au 21 septembre, avec le niveau : URGENCE, notamment dans ce secteur, signifiaient réellement danger et non pas incident mineur comme l’a dit à la barre M. Biechlin…sans que cela ne suscite d’ailleurs, la moindre réaction sur les bancs de l’armada d’avocats de l’accusation.
La défense des prévenus va parler en dernier.
Aura-t-elle raison ?
Elle aura en tout cas beau jeu, malgré des plaidoiries accusatrices virulentes, de contrer une piste fausse, initiée à cause de, ou grâce à ( dans les deux cas les Toulousains se font berner), la découverte d’un malheureux sac dans le hangar 334 ( pourquoi juste un et pas 10 ou 20 ou 30 ?).
Maître Forget, ancien candidat aux dernières éléctions municipales toulousaines, avocat…de Mémoire et Solidarité,association de nombreux anciens salariés de l’usine AZF, artisans de la recherche de la vérité quelle qu’elle soit ( !), a, comme il fallait s’y attendre, mâché le travail en sollicitant un complément d’enquête.
L’espoir de connaître la vraie vérité ( et pas celle de tout un chacun) est dans les mains du président le Monnyer s’il pense nécessaire un complément d’informations comme cela lui a été suggéré .
Voici une trame qu’un citoyen est en droit de réclamer :
Interroger M. Marx directeur du cabinet de la préfecture à l’époque, qui a déclaré devant les caméras de télévision deux heures après la catastrophe : « c’est une tour de fabrication qui a explosé, tour qui contenait de l’acide nitrique et du nitrate industriel. Alors l’effet de souffle a provoqué de nombreux dégâts et à l’heure où je vous parle, le nombre de victimes est de dix morts et d’un nombre important de blessés ».
Lui demander qui sont les témoins qui ont permis de faire cette déclaration.
Interroger M. Bordas, photographe de la Dépêche du Midi, témoin oculaire de l’explosion de la tour qu’il a " vue s’enflammer à la base avant d’exploser et précéder une énorme déflagration".
Demander au professeur Gilbert Casamatta, Docteur en Génie Chimique, Président de l’INPT, de confirmer la plausibilité de l’explosion de l’ammonitrate du hangar 221 liée à un incendie ( il a eu lieu) dans la tour de fabrication "si l’énergie dégagée était suffisante", comme il est mentionné dans "le mystère de la tour verte du 27 juin 2004, en Une de la Dépêche du Midi.
Demander au professeur Armand Lattes, ce qui l’a empêché de répondre : " je ne peux pas vous répondre " (sic), le vendredi 20 juin 2004, dans son bureau de l’Université Paul Sabatier, à une question relative à cette plausibilité d’explosion de l’amonitrate du hangar 221 due à l’incendie et l’explosion de la tour verte.
Demander à l’expert de Total qui a analysé les 42 témoignages retenus par l’instruction, pourquoi il a commenté à la barre, une autre déposition de M. Bordas, plus récente et pas celle suscitée, qui a été recueillie par l’Officier de Police Judiciaire Cohen, le 22 septembre 2001 à MIDI.
Demander à M. Cohen pourquoi il n’a pas pris en compte ce témoignage dans ses investigations, au profit de celles sur la tenue vestimentaire de M. Jandoubi, terroriste (toujours) présumé, mort sur son lieu de travail.
Demander à MM. Mignart, responsable sécurité, présent sur le site lors de la catastrophe, Le Goff, pompier, sécurité et sur le site aussi, s’ils ont eu un retour d’information, quand ils ont pris leur service, sur les alarmes que les experts informaticiens Znaty et Diono ont relevé comme exceptionnelles la nuit du 20 au 21 septembre 2001, avec notamment des pics extrêmes à la Tour de Prilling et à l’atelier souffre.
Réinterroger tous les personnels de l’usine sur ces alarmes dont M. Biechlin a indiqué qu’elles ne signifiaient pas un danger.
Demander à M. Guijarro, directeur de la CTRA ( chaudronnerie tuyauterie rhône Alsace)qui employait 40 personnes sur le site AZF ( deux y ont trouvé la mort) si une intervention a été demandée à son personnel, pour la tour de Prilling.
Son entreprise, comme son nom l’indique, assurait la maintenance de la tuyauterie aussi, et pas seulement les oeuvres d’art de chaudronnerie comme il l’a longuement développé à la barre du tribunal. M. Ouali, responsable de l’entretien pour TFN, y a constaté d’importantes fuites de tuyaux qui ont causé l’effondrement des plafonds de la salle de repos et de multiples auréoles au-dessus des pupitres de la salle de contrôle de fabrication, dans laquelle MM. Schmitt et Joseph ont trouvé la mort. Devant le surcroît de travail causé par les importants dégâts de la tour, M. Ouali a fait appel à son épouse qui ne devait embaucher qu’à 14 heures. Comme beaucoup, elle a été très grièvement blessée dans l’explosion.
Réinterroger le personnel de la CTRA.
Interroger M. Ouali qui n’a pas figuré comme témoin, alors qu’il a été convoqué à de multiples reprises par la police judiciaire (dont le major Belaval entre autre le 8 avril 2004) pour relater les incidents dont il a été témoin dans la tour de prilling le 21 septembre 2001 au matin. Il a, aussi, été "convoqué" par une "défenseuse" des intérêts de Total, le jour même de la publication de son témoignage ( dont il se demandait depuis deux ans pourquoi il n’était pas pris en compte) sur les incidents de la tour, le 16 juin 2003 dans l’hebdo Marianne.
Demander à Emmanuel Gagnier, chef d’enquête de l’émission « Pièces à conviction : "AZF 2 ans après" du 18 septembre 2003, pourquoi il n’a pas diffusé l’information de M. Ouali sur la tour verte, alors que ce dernier lui a été présenté dans ce but.
Demander à M. Bouville, rescapé de cette salle de contrôle de la tour de fabrication citée par M. Marx dans sa déclaration, s’il se souvient maintenant des incidents de chaufferie qui y sont survenus dans la nuit du 20 au 21 septembre 2001.
Lorsqu’il a été entendu par le commandant Navarre, le 18 juin 2003, il ne s’en souvenait pas.
Demander au chef de la Police Judiciaire de l’époque pourquoi les investigations diligentées par le commandant Navarre autour de cette tour de fabrication ont été interrompues.
Demander au major Belaval, qui a pris sa succession, s’il a rapporté au juge Perriquet ces éléments d’enquête dont il a été avisé, pendant plus de cinq heures, en mai 2004, à son retour de congés. S’il l’a fait, qu’en a conclu le juge Perriquet pour ne pas donner suite à ces investigations ?
S’il ne l’a pas fait, pourquoi ?
Demander aux anciens salariés d’AZF, s’ils ont tous fait des études de droit, pour faire le distingo entre « acte de malveillance et attentat » comme ils l’ont à tour de rôle mentionné dans le reportage de France 3 Pièces à conviction diffusé le 18 septembre 2003.
Demander au procureur où en est l’enquête sur la source ( partie civile, avocat … ?) qui a permis la diffusion « intolérable »(sic) du dossier d’instruction d’AZF sur Internet ( PV, écoutes téléphoniques , plans, photos) qu’il a déclaré diligenter dans les colonnes de la Dépêche du Midi le 13 février 2008.
Demander où en est l’enquête sur ce mystérieux groupe terroriste AZF, qui a disparu en 2006, aussi vite qu’il est apparu ?
Sans suite, il serait presque légitime de penser que ses apparitions sporadiques aux journaux télévisés, avaient été orchestrés pour entretenir dans l’inconscient collectif le fructueux et très arrangeant binome : AZF – Terroriste
Demander à ce que soit entendu le responsable de la commission " Vérité" de l’association des anciens salariés de l’usine AZF, Mémoire et Solidarité, représentée par Me Forget qui a requis un complément d’enquête au terme de sa plaidoirie, vendredi 19 juin 2009 au tribunal de Toulouse.
Comme toutes les autres parties civiles, les membres de cette association ont le dossier d’instruction en leur possession depuis des années et ont, déjà, connaissance des témoignages occultés, cités plus haut.
Quels éléments incrédibles, ont fait qu’ils les ont négligés au profit d’une piste " hélicoptère mystérieux", à l’issue du recueil de témoignages qu’ils avaient instauré pendant un mois par voie de presse, de mars à avril 2004 ( cf le blog A Zero Franc) ?
Demander à ce que soient réentendus les responsables de la société d’ascenceur Otis ( leurs témoignages n’ont pas été pris en compte dans la première instruction) , qui avaient produit un devis de réparation nécessaire à la Tour de Prilling. Leur jeune employé Ratier y a trouvé la mort, lui qui ne voulait plus intervenir sur ce chantier par peur des risques encourus.
Une requête de complément d’information était aussi souhaitable que prévisible.
À ceci près que ceux qui le demandent ne proposent rien d’autre, comme le fera la défense de Total pendant trois jours, que de démonter la piste chimiste retenue par le ministère public. Permettant encore et encore de maintenir une providentielle et lucrative ambiguité en instillant le venin de la haine dans les esprits crédules. Jusqu’à quand ?