En dépit de l’ingestion massive de Mopral et de Maalox, chaque matin, mon identité de journaliste a bien du mal à ne pas me faire vomir.
Ulcère et Clearstream aggravé
Depuis les dernières « révélations » du Journal du Dimanche sur l’affaire Clearstream, l’effet d’ulcère s’est aggravé. Diagnostic. Chers amis, leçon numéro un, réfléchissons d’abord à ce qu’est devenu le JDD sous la gouvernance de Christian de Villeneuve assisté d’Askolovitch (sans lequel Siné-Hebdo n’existerait pas) ? Ce journal est aussi un carquois plein de flèches empoisonnées destinées aux ennemis de Nicolas Sarkozy, le « frère » de son propriétaire. Bien. Mais que se passe-t-il donc, dans un bref avenir, de si important pour que le JDD fasse des « scoops » ? Eh bien le programme c’est la mise à mort, genre « a las cincos de la tarde » (sans Garcia Llorca), du sieur Dominique de Villepin. En ce qui me concerne pour avoir une fois croisé ce personnage, lors d’un week-end à Matignon où Régis Debray m’avait traîné, je n’en ai rien à faire et le destin de cet ambitieux m’est égal ?
Ce qui me fait souci, c’est que la « presse » soit utilisée comme instrument de mise à mort, celui qui permet au tueur d’obtenir les oreilles et la queue. Et l’on retrouve ici notre bon JDD, mais qui n’est pas seul.
Valdiguié valdingue
Réfléchissons… A l’approche du procès Clearstream, alors que l’heure de la rentrée a sonné, il s’agit de conditionner l’esprit du public à la thèse de l’accusation : le bon et doux Nicolas Sarkozy a été la pauvre victime d’un complot alimenté par de fourbe Villepin et son acolyte, le poète (lui aussi) mais mathématicien Jean-Louis Gergorin. Ainsi donc, on utilise un vieux procès verbal dans lequel l’irrédentiste Imad Lahoud « avoue » : « oui, c’est à la demande de Villepin et Gergorin que j’ai ajouté le non de Sarkozy sur les listings de Clearsteam. Et cela dans le but de monter une cabale contre Nicolas Sarkozy. C’est sur un ordinateur portable, dans le bureau d’Yves Bertrand, patron des RG au ministère de l’Intérieur que j’ai fabriqué ce faux. » Si cela n’est pas du scoop ? Quoi c’est donc du scoop ?
Qui signe ce coup d’éclat dans le JDD ? Le bon Laurent Valdiguié, le Bernard Blier de l’investigation. Qui s’est signalé dans le champ médiatique par un bouquin, ridiculement incomplet, sur Le Canard Enchainé. C’est donc ce loustic qui nous révèle le complot Villepin-Gergorin contre Sarko. Moi, si j’étais juge, être dénoncé par un type comme ça ferait plutôt office de certificat d’honnêteté… Mais je ne suis pas juge mais parti pas pris.
Bien sûr, une campagne de communication, façon Anne Méaux, la grande copine de Villeneuve, directeur du JDD ami du turf et de Ben Ali, ça ne s’improvise pas. Ainsi, les complices de LCI, mis dans la confidence, ont enfoncé le clou sur « les aveux de Lahoud et le complot Villepin –Gergorin ». En regardant l’écran, où figurent une certaine Rebecca affublée de chemisiers modes et d’un jeune homme propre sur lui, il n’y a pas de doute : l’affaire Clearstream est élucidée, pourquoi perdre du temps à la juger ? Et il faut écouter France Info pour entendre le bruit de la plaquette serrant le disque de frein : dans ce fameux procès verbal avouant le « complot », Lahoud, qui est au mensonge ce que Candeloro est au double lutz, est incapable de décrire le bureau d’Yves Bertrand où il est censé avoir rédigé la fausse liste Clearstream ! Rien sur l’étage, la place dans le bâtiment de l’hôtel de Beauvau ou la couleur du papier peint ! Mais, peut être, est-il en mesure de décrire la couleur de la peau du crâne de Valdiguié ?
Obus en perspective
Tout cela pour vous dire, cher amis de la presse et des médias, qu’avec cette histoire, et d’autres à venir, la fabrique à histoires n’a pas fini de tourner. Attendez-vous à savoir, comme le disait Geneviève Tabouis en 1950 avec sa voilette qui masquait le ton de sa voix face aux micros, que Monsieur de Villepin va sûrement confier à des amis de la presse un obus de contre offensive, peut-être le contenu d’écoutes téléphoniques concernant un ami de Sarkozy ? De toutes façons, tenez-vous prêts, c’est comme pour un match de foot, il faut le siège Ikéa à portée du cul et la canette de bière à portée de la main. Que le meilleur gagne.
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