Zine el Abidine Ben Ali est un homme qui a beaucoup d’humour. Et, comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, il n’a pas idée qu’il est si rigolo que pas une semaine passe sans que l’on se torde de rire. Et ce, du Département d’Etat américain à l’Union européenne, en passant par les chancelleries occidentales ou arabes et les rédactions des journaux du Monde libre.
La dernière blague de notre président à vie nous vient tout droit de Rome, en Italie, où s’est déroulé le fameux Sommet suspendu aux recommandations de Zinochet pour sauver tous les pauvres et mal nourris de la planète. Et puis Rome, chez son ami champion es-"berlusconneries", il se sentait chez lui, entouré de l’hyper agité Kadhafi. Bref, notre tyranneau se la coulait douce au milieu de tant de chefs arabes et africains qui lui serraient la main pour le féliciter de son 5ème hold up électoral en 20 ans qu’il a fini par croire qu’il était vraiment démocratiquement élu.
Et patatras boum boum, il tomba de haut lorsque les dirigeants africains se réunirent en conclave et protestèrent vigoureusement contre Ben Ali et Kadafi. En cause ? Le communiqué dont avait accouché leur Organisation sans qu’ils aient été consultés. Un comble ! Non seulement ils protestèrent mais tinrent surtout à s’en démarquer.
Les chefs d’Etat africains roulés dans la farine par Ben Ali et Kadhafi
Le communiqué, vous vous en souvenez, non ? Mais si, pardi ! Le jour de son investiture, Ben Ali avait prévenu et tapé du poing. Il s’adresserait à l’UMA et à l’OUA pour se plaindre de l’ingérence de la France dans sa mayonnaise intérieure. Et immédiatement, un jour après, Kadhafi publiait le fameux communiqué de protestation. Les deux tyrans se congratulèrent sans vergogne et s’envoyèrent des bisous et autres gentillesses. Mais dans les faits, personne d’autre n’avait pris part au lynchage du Quai d’Orsay.
D’abord, l’UMA ne s’était déjà jamais réunie depuis près de 20 ans. Quant aux chefs d’Etats africains, ils ont estimé avoir été roulés dans la farine par leurs amis tunisien et libyen.
Du coup, sachant que ni la télévision tunisienne ni les journaux de la place ne feraient part de la nouvelle à nos compatriotes, j’ai tenu à vous l’annoncer. Et pour cause : comment se permettraient-ils d’annoncer que Zinochet a été pris la main dans le sac puisque ces pairs africains en sont quasiment à l’accusé d’avoir pondu un faux communiqué. Ce qui, à mon sens, ne serait pas de trop.
Moralité de l’histoire : tout ce tapage autour de l’ingérence et des menaces de plainte n’est que de la poudre de perlimpinpin destinée à la consommation locale et surtout pour bluffer ses propres amis.
Ca ne s’arrange pas entre la France et la Tunisie
Remarquez, le temps d’un long week end, j’ai vu la France inquiète de la posture de Ben Ali et quasiment immobilisée sur le sujet. Et Kouchner, il n’en dort pas la nuit depuis que Carthage réclame sa tête à l’Elysée, ce que je ne suis pas le seul à dire. Le très informé quotidien français Le Monde l’a aussi mentionné le 16 novembre.
Mais qu’importe. Hormis Ben Ali qui essuie des sueurs froides pour avoir été malmené et désavoué par les chefs du continent africain, « tout le monde il est aux anges, tout le monde il est content ». Même le berger de Tripoli qui s’extasie devant des jeunes pucelles romaines à 60 euros la parade… pour se rincer l’oeil la nuit tombée.





