L’article sur les discriminations ethniques chez Renault vous a fait bondir. Et il y avait de quoi. A l’auteur du papier, Sabrina Kassa, qui envisageait que d’autres anciens OS d’origine immigrée soient tentés de porter plainte contre la Régie, en raison de la discrimination dont ils auraient été victimes, Cassandre répond par un « Chiche ! » que l’on imagine aussi jubilatoire que tonitruant.
Mais deux autres lecteurs nous reprochent de faire appel à des chiffres et des éléments qui remontent aux années 60 et 70 :« Ce genre de comportement a été présent malheureusement dans toutes les entreprises » observe de surcroît l’un d’eux. Cependant, son auteur conviendra avec nous que ce n’est pas là une raison pour ne pas en parler.
D’autant que pour Casus Belli, la discrimination perdure. Ce sont les filles et les fils de ces immigrés qui en sont victimes. Même bardés de diplômes, rappelle-t-il, ces derniers connaissent des périodes de chômage plus longues que les autres diplômés.
Si, sur le fond, les statistiques semblent lui donner raison, on ne peut, en revanche, admettre que Casus Belli qualifie de « pogrom » ce comportement. Fort heureusement, cette discrimination, certes insupportable, n’a strictement rien à voir avec les massacres antisémites.
Paris Match sanctionné, vous êtes plutôt d’accord
Les mésaventures de l’hebdomadaire Match au procès Fourniret ont également provoqué de nombreuses réactions. Rappelons les faits : le journal a vu son accréditation lui être retirée pour avoir publié une photo, prise juste avant l’audience, du présumé tueur en série. Sans l’autorisation de ce dernier, bien sûr.
Globalement, vous vous montrez favorables à cette sanction. Lemeunier dénonce dans l’article de Laurent Léger- plutôt hostile à la sanction qui frappe Paris-Match - un« corporatisme suranné ».
Compson, lui, répond à un des arguments de l’article : « Pourquoi faudrait-il attendre de trouver le photographe fautif avant de retirer l’accréditation ? La publication de la photo me semble justifier la décision, ou alors on pourrait publier toutes les photos qu’on veut tant qu’on ne sait pas qui les a prises. »
Cassandre – qui, décidément, intervient souvent dans les commentaires, mais ce n’est pas un reproche – interpelle Laurent Léger : « Au vu les dérives de vos confrères en mal de sensationnel, sans respect d’une déontologie, prêt à tout pour du fric autour d’un fait divers, il faut des limites. »
Certes. Mais en l’occurrence, on conviendra que l’exemple est plutôt mal choisi. L’article s’interrogeait surtout sur la forme que devait revêtir aujourd’hui la publicité des débats judiciaires. N’y-a-t-il pas un retard de la loi sur l’évolution des technologies ? N’est-il pas contradictoire de retransmettre le procès en circuit vidéo fermé et d’interdire, dans le même temps, toute captation d’images ?
Eowyn anticipe cette objection : « La loi qui interdit de prendre en photo l’accusé est une loi qui tend à faire respecter une liberté fondamentale aussi. Elle vient protéger l’accusé d’une médiatisation trop importante : derrière c’est aussi la présomption d’innocence qui est visée. Laquelle fonctionne aussi pour les personnes accusées de viol. Le fait que la culpabilité de Fourniret soit quasi certaine ne change rien à l’affaire : toutes les personnes bénéficient des mêmes droits. Il est donc bien… légitime de la respecter, quelle que soit l’année où elle a été votée. »
Il n’est que Nicolas pour parier sur l’avenir. « Sur l’interdiction de filmer ou photographier les débats (qui est bien plus récente que 1881 d’ailleurs), c’est un débat intéressant et je ne serais pas surpris que cela évolue mais en l’état de la loi, il n’y a vraiment pas de quoi s’étonner [de la sanction qui frappe Match]. Gageons que nous aurons l’occasion d’en reparler très bientôt…













