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Bien fait pour « Paris-Match » et la Régie Renault !

lundi 7 avril 2008 par Serge Faubert

En a-t-on vraiment fini avec les discriminations raciales dans les entreprises ? Vous vous posez la question après la condamnation de Renault par la Cour d’appel de Versailles pour des faits remontant aux années 70. En revanche, aucune hésitation sur « Paris-Match » : vous trouvez très bien que « Paris-Match » se soit fait taper sur les doigts au procès Fourniret.

L’article sur les discriminations ethniques chez Renault vous a fait bondir. Et il y avait de quoi. A l’auteur du papier, Sabrina Kassa, qui envisageait que d’autres anciens OS d’origine immigrée soient tentés de porter plainte contre la Régie, en raison de la discrimination dont ils auraient été victimes, Cassandre répond par un « Chiche ! » que l’on imagine aussi jubilatoire que tonitruant.

Mais deux autres lecteurs nous reprochent de faire appel à des chiffres et des éléments qui remontent aux années 60 et 70 :« Ce genre de comportement a été présent malheureusement dans toutes les entreprises » observe de surcroît l’un d’eux. Cependant, son auteur conviendra avec nous que ce n’est pas là une raison pour ne pas en parler.

D’autant que pour Casus Belli, la discrimination perdure. Ce sont les filles et les fils de ces immigrés qui en sont victimes. Même bardés de diplômes, rappelle-t-il, ces derniers connaissent des périodes de chômage plus longues que les autres diplômés.

Si, sur le fond, les statistiques semblent lui donner raison, on ne peut, en revanche, admettre que Casus Belli qualifie de « pogrom » ce comportement. Fort heureusement, cette discrimination, certes insupportable, n’a strictement rien à voir avec les massacres antisémites.

Paris Match sanctionné, vous êtes plutôt d’accord

Les mésaventures de l’hebdomadaire Match au procès Fourniret ont également provoqué de nombreuses réactions. Rappelons les faits : le journal a vu son accréditation lui être retirée pour avoir publié une photo, prise juste avant l’audience, du présumé tueur en série. Sans l’autorisation de ce dernier, bien sûr.

Globalement, vous vous montrez favorables à cette sanction. Lemeunier dénonce dans l’article de Laurent Léger- plutôt hostile à la sanction qui frappe Paris-Match - un« corporatisme suranné ».

Compson, lui, répond à un des arguments de l’article : « Pourquoi faudrait-il attendre de trouver le photographe fautif avant de retirer l’accréditation ? La publication de la photo me semble justifier la décision, ou alors on pourrait publier toutes les photos qu’on veut tant qu’on ne sait pas qui les a prises. »

Cassandre – qui, décidément, intervient souvent dans les commentaires, mais ce n’est pas un reproche – interpelle Laurent Léger : « Au vu les dérives de vos confrères en mal de sensationnel, sans respect d’une déontologie, prêt à tout pour du fric autour d’un fait divers, il faut des limites. »

Certes. Mais en l’occurrence, on conviendra que l’exemple est plutôt mal choisi. L’article s’interrogeait surtout sur la forme que devait revêtir aujourd’hui la publicité des débats judiciaires. N’y-a-t-il pas un retard de la loi sur l’évolution des technologies ? N’est-il pas contradictoire de retransmettre le procès en circuit vidéo fermé et d’interdire, dans le même temps, toute captation d’images ?

Eowyn anticipe cette objection : « La loi qui interdit de prendre en photo l’accusé est une loi qui tend à faire respecter une liberté fondamentale aussi. Elle vient protéger l’accusé d’une médiatisation trop importante : derrière c’est aussi la présomption d’innocence qui est visée. Laquelle fonctionne aussi pour les personnes accusées de viol. Le fait que la culpabilité de Fourniret soit quasi certaine ne change rien à l’affaire : toutes les personnes bénéficient des mêmes droits. Il est donc bien… légitime de la respecter, quelle que soit l’année où elle a été votée. »

Il n’est que Nicolas pour parier sur l’avenir. « Sur l’interdiction de filmer ou photographier les débats (qui est bien plus récente que 1881 d’ailleurs), c’est un débat intéressant et je ne serais pas surpris que cela évolue mais en l’état de la loi, il n’y a vraiment pas de quoi s’étonner [de la sanction qui frappe Match]. Gageons que nous aurons l’occasion d’en reparler très bientôt…



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5 MESSAGES

Forum

  • Bien fait pour « Paris-Match » et la Régie Renault !
    le dimanche 25 mai 2008 à 14:57, Alain Hamon a dit :
    Une fois encore, mon avis est loin d’être indispensable. En revanche, bien vu pour ce qui est des questions ( de fond, car cet incident avec Match n’est vraiment que de la mousse…) que pose la législation sur la publicité des débats quand on sait que… Yves Charpenel, avocat général près la Cour d’Assises et premier proc’général de Reims à avoir eu à connaître du dossier Fourniret est lui pour les caméras systématiquement installées dans les prétoires ( !). Pour ce qui concerne le choeur des vierges effarouchées par la publication de la photo de MF dans son box, un détail : il n’y avait pas besoin de cela pour que ce procès soit médiatisé, trop peut-être… Et un grand éclat de rire face aux "professionnels de l’émoi" qui, sur certains sites web ont dénoncé la photo tout en la reprenant à gogo. Allez… vive la presse ! A.Hamon -journaliste
  • Bien fait pour « Paris-Match » et la Régie Renault !
    le mardi 8 avril 2008 à 23:10, cassandre a dit :

    "L’article s’interrogeait surtout sur la forme que devait revêtir aujourd’hui la publicité des débats judiciaires. N’y-a-t-il pas un retard de la loi sur l’évolution des technologies ? N’est-il pas contradictoire de retransmettre le procès en circuit vidéo fermé et d’interdire, dans le même temps, toute captation d’images ?"

    Non, le problème de fond reste le droit à SON image

    Le prévenu n’est pas un acteur, il n’a pas choisi de s’exposer et d’être filmé lors d’un débat public.

    La technologie est un faux débat, il y a toujours eu des moyens d’enregistrements.

    Les enregistrements effectués n’ont qu’un but, enregistrer le procès et pouvoir éventuellement revenir sur certaines questions ou réponses.

    Il vous reste les dessinateurs et les comptes rendus…

    Vous voyez, j’étais bien sur le fond ,je reste sur ma position :

    Les limites ….

    A quoi cela avance t-il Paris Match, les rois de la charogne d’avoir une photo de Fourniret dans le box, plutôt que dans sa voiture ?

    En quoi cela donne t-il des indications sur l’affaire ?

    A rien, hormis faire une photo différente pour faire non pas de l’actualité, mais pour une question mercantile dans un seul but de faire du fric !

  • Bien fait pour « Paris-Match » et la Régie Renault !
    le mardi 8 avril 2008 à 16:45, Fanon a dit :
  • Bien fait pour « Paris-Match » et la Régie Renault !
    le lundi 7 avril 2008 à 23:41, Christophe a dit :
    L’année 70-80 est l’année d’embauche de MM BRELEUR et KOTOR. L’année 2004 est l’année de leur départ à la retraite. Durant toute cette période, ils ont été victimes de discrimination raciale qui n’a été éteinte que par l’action en justice qui a eu son dénouement en 2008. Les rapports foncièrement racistes cités par l’article de Kassa ont été réalisés à partir de notes de mission établies par la société Renault dans les années 70 mais leur application concrète n’a été effective qu’en 1986. Il a fallu attendre 2008 pour que la justice en évalue les premières conséquences sur la gestion de carrière des noirs et des arabes. Rappelons que la prescription des actes de discriminations est de trente ans alors…….
  • Bien fait pour Paris-Match et la Régie Renault !
    le lundi 7 avril 2008 à 16:48, Victor N a dit :
    Quelle bonne idée, Serge Faubert, que de vous voir commenter les comentaires. Bon courage au postier que vous êtes
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