Article déjà publié dans Bakchich le 24 décembre 2008
Dans une lettre datée du 21 novembre 2008 (voir ci-dessous), le président Nicolas Sarkozy demandait à sa Garde des Sceaux, Rachida Dati, de lui transmettre une liste de détenus « méritants » à gracier. Une surprise à plus d’un titre.
Nicolas Sarkozy n’était-il pas celui qui, une fois élu, avait mis fin aux grâces collectives jugées d’un « autre temps ». Une mesure qui avait pourtant le mérite de désengorger les prisons ? Affirmatif, mais ici, ô surprise !, on ne parle pas de grâce collective mais de grâce individuelle. Une mesure que le président s’est bien gardé de bannir de la constitution.
Pas question de faire le vide dans les prisons. Les heureux grâciés ne seront qu’une quarantaine tout au plus. Le président souhaitant, en fait, envoyer un signe positif au milieu pénitentiaire, qui vient de connaître une importante vague de suicides.
Pour ne pas s’arrêter à mi-parcours, Nicolas Sarkozy redouble d’imagination en sortant une dernière petite surprise de sa hotte : impossible de connaître les noms des 39 graciés, tant les critères d’éligibilité restent flous (voir la lettre ci-dessous). Seul un nom vient d’être confirmé : celui de Jean-Charles Marchiani… Âgé de 65 ans, Marchiani, ancien homme de confiance du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, est incarcéré à la prison de la Santé, à Paris, depuis le 26 mai. Il pourrait être libéré très rapidement, puisqu’il a déjà purgé six mois pendant les enquêtes en 2004, puis sept mois, depuis le 26 mai après la confirmation définitive de sa condamnation.
Pour agrandir les caractères de la lettre, cliquez dessus puis sur « zoom » :
Lire ou relire dans Bakchich :













