Comme toute profession respectable, rémunératrice et sérieuse (bref pas gratte-papier par exemple), le notariat se pique de déontologie. Code interne, règle éthique et tout le tintouin y passe, sous le haut contrôle d’une chambre des notaires, dont dispose chaque région. Un bel et bon édifice qui se fait fort de « faire le ménage » et « assurer le bon ordre » parmi ses membres. A croire que règne une suspicion viscérale, ou que l’on préfère laver le linge sale en famille. Ou le blanchir c’est selon…
Mais, temps de crise oblige, les clercs éclairés pensent surtout à remplir leurs études. De dossiers et de clients, plutôt que de blâmer leurs larrons. Et en ce sens, l’ordre des notaires de la trop méconnue Aisne a trouvé une idée simple et originale, qu’il s’agit de raconter par le menu.
Notaire, ça note et ça erre
La petite histoire débute par une succession qui s’enlise. En mars 2008, l’aimable patriarche M. s’en va rejoindre d’autres cieux, laissant sa femme et ses six rejetons parler succession. Pour s’occuper du barouf, évidemment, un aimable notaire est appelé à la rescousse. Et voilà que déboule Me Denis Reboul, ami de la maman, notaire de son état. Fier à bras, l’homme de la situation se pique de régler les rapports tendus dans la famille. D’abord, en annonçant aux enfants -à la rentrée 2008- qu’ils recevront chacun 20 000 euros sous quelques semaines, du moins à la fin de l’année. Puis, ne voyant rien venir et les fêtes de fin d’années passées, l’un des lardus, quoique dodu et déjà bien adulte, s’enquiert de la situation. D’abord auprès de la mère. Et là ô surprise, la vieille dame, première concernée n’a jamais donné son accord au notaire pour ce versement. D’ailleurs, sortir 120 000 euros d’un coup la mettrait à la rue. Ce serait pure invention du notaire. Diantre, un notaire pas bien clair… et qui remet le couvert !
Dans un courrier du 31 décembre 2008, pas à Reboul pour un sou, Me Denis annonce que la mère va vendre un appartement, toujours pour verser 20 000 euros à chacun des héritiers. 2009 débute, et une fois bien entamé, toujours rien qui vient. Nouvelle vérification d’un lardu auprès de môman. Et la réponse tombe, « pas question de vendre l’appartement ». En gros le notaire prend ses désirs pour des réalités et entend faire avaler la pilule à toute la potée…
Légèrement agacé des initiatives intempestives du notaires, le lardu déçu, mais avocat de profession, s’imagine une solution. Demander l’intervention de la chambre des notaires, sans doute aussi efficace qu’un bâtonnat. Ci-fait le 3 février 2009, via une missive à la chambre des notaires de l’Aisne, un peu lente à la détente. Réception accusé le 6 février, réponse lapidaire le 16 avril. « Compte tenu de vos innombrables questions (…) je vous conseille de vous faire assister par un notaire dans votre succession », assure M. Paquet, Premier syndic.
Bref, plutôt que de plonger son nez dans un litige, l’ordre trouve du boulot à un notaire de plus. Pour sortir de la crise, chacun sa petite solution…
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