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Bakchich : informations, enquêtes et mauvais esprit
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Et si l'on découvrait un jour que certaines études sur le réchauffement climatique ont été bidonnées …

22 novembre 2009 à 19h55

Le 20/11/2009, un lien pointant vers un fichier à télécharger était laissé en commentaires sur plusieurs sites et blogs anglophones. Quelques curieux ont cliqué et découvert que ce fichier contenait 4556 emails, tableaux, courriers, données, tous issus d’autorités en matière de réchauffement climatique membres du GIEC. L’authenticité de ces fichiers est depuis avérée.

Grâce à la puissance de la plus merveilleuse invention pour le bon fonctionnement des démocraties, l’Internet, le contenu de ces échanges et de ces fichiers commence à être épluché et débattu.

Quantité importante de données pas forcément exhaustives, la possibilité d’extraire tout et n’importe quoi d’un contexte inconnu, l’enchevêtrement de propos scientifiques et de propos plus personnels et parfois inélégants, la méconnaissance de la plupart des personnes du fonctionnement de la recherche et du sujet "réchauffement climatique" … cette fuite peut avoir un bel avenir médiatique.

De plus, à quelques jours de Copenhague, le timing est redoutable.

Une page wikipédia, en anglais, existe déjà, sous l’intitulé explicite CimateGate.

Le premières discussions autour de cette divulgation

L’on se contentera sur hasgreen, pour le moment, d’abandonner toute recherche de la vérité à partir de ce contenu, pour se positionner sur les effets potentiels d’une telle "fuite", c’est-à-dire pour faire bref, nous nous contenterons de parler de débat démocratique.

Il est en effet difficile de se faire une opinion en parcourant les divers endroits du net où l’on en cause, encore plus en se plongeant dans les fichiers en question (facilement téléchargeables).

Quelques phrases attirent effectivement l’attention plus que d’autres. Apparaissent clairement : des problèmes éthiques n’engageant pas la validité des résultats mais remettant clairement en cause les scientifiques impliqués et le principe de l’évaluation par les pairs ; la destruction plus problématique de documents sans aucune autre explication ; la non-divulgation volontaire de données cruciales pour expliquer sa démarche. Tout ceci ne sent pas très bon, cela ne s’arrange pas avec les heures qui passent et l’examen du contenu, mais ne permet pas à ce stade de cautionner un vaste complot mondial politico-scientifique.

La lutte du langage a elle déjà commencé, d’abord en qualifiant de hacking ce qui n’est qu’une fuite de l’intérieur transmise à des relais efficaces et joueurs. La BBC, le Guardian, le Wall Street Journal, le Washington Post, le New York Times, en parlent déjà. La page d’accueil google news en anglais en fait mention, pas celle en français.

Les méchants s’en donnent à cœur joie : cela serait un scandale sans précédent.

Côté gentils, Greenpeace dit - que c’est truculent venant de leur part - qu’il est trop facile de se laisser aller à des théories du complot à propos de mails s’étalant sur 10 années, d’autres invoquent l’impossibilité ( !) de parler de données illégalement obtenues. On aura vu des argumentations plus étayées.

Sans doute une commission d’enquête officielle et indépendante permettrait d’y voir plus clair. On peut toujours rêver.

L’autonomisation d’un débat scientifique et ses conséquences

La question du réchauffement climatique a, depuis un moment déjà, quitté la seule sphère scientifique. Les citoyens se sont emparés du sujet, les politiques également, les médias itou. Et puisque tout ce monde n’est absolument pas scientifiquement compétent, l’édifice repose uniquement sur de classiques arguments d’autorité, que l’on empile : machin a dit cela, machin est une autorité (scientifique, politique, scientifique choisie par les politiques comme le GIEC), donc cela fait autorité.

Si l’autorité est défaillante, ou simplement soupçonnée d’être défaillante, tout peut donc s’écrouler.

La responsabilité des politiques est bien de mettre en place un dispositif visant à réduire l’opacité entre les citoyens et la recherche, les citoyens et l’usage politique de la recherche. Mais quand on voit le niveau auquel se positionne les personnes qui ont une charge gouvernementale en la matière (déboboiser, on est chez Ruquier ou quoi ?), on a toutes les raisons d’être inquiet sur la capacité des politiques à garantir la bonne intelligence des discussions.

Les politiques veulent être ré-élus, les scientifiques cherchent des sous, le consommateur ne veut pas payer de taxe carbone, les industriels ne veulent pas assumer les coûts de dépollution. Tout allait bien, jusque-là.

Et alors ?

Sur hasgreen, nous avons déjà défendu et nous défendrons toujours l’idée qu’il est nécessaire de débattre de la recherche en matière de réchauffement climatique, puisque celle-ci engage de l’argent public et peut conduire le législateur à restreindre nos libertés individuelles. Et que l’utilisation du terme négationnisme, comme l’a fait la pas du tout excessive Cécile Duflot récemment, devrait automatiquement disqualifier son utilisateur/trice.

Si cette affaire qui nous occupe était, à tout hasard, évoquée dans les jours qui viennent par les médias français, le choix des quelques phrases la résumant, la marketant, et l’imprimant dans l’esprit des téléspectateurs/auditeurs/lecteurs serait déterminant sur le doute instillé. Car, après tout, celui (celle ou ceux) qui a transmis le fichier avait bien une intention. Même question de responsabilité pour les blogueurs. Le titre que j’ai choisi est aussi mesuré que possible, je l’espère.

Resterait maintenant, en attendant la suite, à nous livrer à un petit et amusant exercice de prospective sur les titres des articles envisageables, façon PariActu le tout nouveau tout beau et tout putassier site estampillé PPDA. Puisqu’il pourrait devenir à la mode de parier sur ce qui fera l’actualité, l’antidote pourrait être de parier sur ce que les journalistes titreront.

Marianne "Les magouilles de l’écologisme mises à jour grâce au net"

Le Figaro "Des révélations susceptibles de remettre en cause les fondements de notre fiscalité écologique"

Les Inrockuptibles "Le réchauffement climatique, en être ou pas"

Libération "Le réchauffement climatique, pour nous, c’est oui"

Morandini "Le réchauffement climatique, une arnaque"

Ethique, une experte se prend les pieds dans le tapis 2009 : Une grande année pour le développement durable ?

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4 Messages de forum

  • Assez d’accord. Au-delà de solutionner "à qui profite le crime", qui plus est à 15 jours d’un non-événement mondial majeur pour le Climat, c’est la science qui perd d’un coup d’un seul l’axe principal de sa crédibilité en terme de "revu par les pairs"… La mesquinerie est définitivement un ver qui se glisse dans tous les fruits…

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  • Bonjour,

    "Faire de la bonne science" est un art difficile, le métier est truffé de chausses-trappes pernicieuses. Le thème du réchauffement climatique repose sur des statistiques poussées, puisque le les chiffres qui émergent font état d’un réchauffement de 1°C en moyenne. Cette élévation ne semble pas si dramatique que cela a priori, une fois ramenée à la perception humaine usuelle… Qu’il fasse 20°C ou 19°C dehors ne semble pas de nature susceptible à changer la face, de la nature.

    Ainsi, Nicolas Gauvrit dans son livre "Statistiques : méfiez-vous !" propose une démonstration édifiante que le carton est cancérigène… suite à l’impact des publications scientifiques ! De plus, le lecteur est conscient dès le début de la démonstration que le carton est un matériau pris au hasard : la démonstration fonctionnerait tout aussi bien pour la soupe en cube ou les montres-bracelets !

    Cela peut excuser les scientifiques… partiellement, puisque les articles dignes de foi paraissent justement dans les journaux dits "peer-reviewed", dont le comité de relecture est composé de "sages" qui doivent veiller à éviter aux auteurs de tomber dans ce genre de pièges, même subtils.

    Mais le chercheur est un homme, il ne s’intéresse pas à la science mais à la recherche, comme un vulcanologue qui s’intéresse plus à la lave qu’à la roche refroidie. Le chercheur s’intéresse à la partie incertaine de la connaissance. Merci au passage à Bruno Latour pour avoir écrit cette vérité. Donc, le chercheur a un avis, cherche à confirmer son avis et en même temps est sommé de s’exprimer sur son opinion, sans plus attendre, dans le débat public… Son avis fluctuera donc, c’est inévitable, ne serait-ce qu’au gré des découvertes scientifiques.

    D’autre part, le chercheur a besoin de financement pour poursuivre ses recherches, donc il s’exprime et s’exprimera dans ce débat sur la validité du réchauffement climatique, mais ne soyez pas naïfs en attendant qu’il soit impartial…

    Cordialement,

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  • Je pense depuis longtemps que s’il y a réchauffement climatique, l’origine est certainement multiple ; on ne parle pas beaucoup de l’augmentation DES rayonnements solaires et pourtant…ceux-ci ne sont pas constants.

    Si les USA ne signent pas tous les protocoles là-dessus c’est peut-être aussi parce que leurs gouvernements (précédents et actuels) savent pertinemment que ce n’est pas seulement une raison de pollution. Maintenant, s’ils pensent pouvoir tirer plus de fric avec une politique climatiquement drastique…ils vont tout signer.

    Voir en ligne : rayonnement solaire

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  • Ça me rappelle une conférence de Vincent Courtillot à Strasbourg (voir lien) à sivre attentivement car tous ses mots sont importants. Sans oublier les questions finales. Si vous avez 1 h 39 devant vous, vous ne le regretterez pas.

    Voir en ligne : De l’observation aux processus et aux modèles en sciences de la Terre : l’exemple des évolutions climatiques récentes

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