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Franz-Olivier Giesbert, la prose se tâte

Graphomanie / samedi 6 février par Gari John
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Le nouveau livre de Franz-Olivier Giesbert, Un très grand amour (Gallimard) est unanimement encensé par la presse. À commencer par Elle, dont la patronne n’est autre que la compagne de FOG !

Ainsi va la vie du petit monde médiatico-littéraire parisien, prompt à laisser croire au directeur du Point, 61 ans, qu’il est un grand écrivain. Or la prose prétentieuse de son sixième roman prouve largement le contraire.

Ce récit à la première personne met en scène un certain Antoine Bradscok qui ressemble singulièrement à l’auteur : la soixantaine, il raconte son coup de foudre pour la belle Isabella et son combat, peu après, contre un cancer de la prostate. Entre-temps, il nous livre dans le détail tous ses déboires conjugaux, sentimentaux, familiaux et les outrages que le cancer inflige à ce qu’il a de plus précieux : son sexe, devenu son «  escargot » (sic). Le problème n’est pas tant que FOG se flagelle à tout va et détaille son priapisme, ses séances à quatre pattes chez le proctologue, ses éjaculations sanguinolentes, sa libido en berne – tout fait ventre en littérature.

Le problème, c’est qu’il écrit à la truelle, et sur un tel sujet, ça ne pardonne pas. Son style est vulgaire (monsieur va aux « ouas-ouas », évoque ses « pissous nocturnes », son « engin » et ses « olives » etc.), pédant (« Je ne peux m’empêcher de m’en ramentevoir », « Ayant la fruition facile, je connaissais déjà tous les affres de la volupté », « peu me chaut que je le sentisse réellement ou non », « mes déifiques éjaculats »). Son livre est plein de métaphores niaises (« Nos bouches avaient tant communié qu’il me semblait avoir plein d’hosties dans la mienne », « s’ébroue à l’horizon un soleil au teint de bébé »), de clichés (« souvent la haine n’est que de l’amour qui n’ose pas dire son nom ») et autres formules à deux balles (« Que reste-t-il de l’amour quand on a fait l’amour ? »).

Un très grand amour oscille entre un digest du dictionnaire des citations et un cours sur la prostate pour carabins, à la sauce Harlequin. Quand Philip Roth aborde ses problèmes de fuites, c’est vraiment de la littérature. Quand Franz-Olivier Giesbert s’y colle, c’est du pipi de chat.

Franz-Olivier Giesbert - JPG - 38 ko
Franz-Olivier Giesbert
© Kerleroux

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4 MESSAGES

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  • Franz-Olivier Giesbert, la prose se tâte
    le dimanche 21 février à 19:52, Espal75 a dit :
    Tout cela est conforme au personnage. Je l’ai bien connu professionnellement, je parle en connaissance de cause. Content de soi, persuadé qu’il est un parangon de vertu, M. FOG est en fait un individu déloyal, méprisant, sans le moindre scrupule lorsqu’il s’agit de promouvoir sa carrière sinueuse. Sa seule franchise est sa figure de faux témoin. Que la vulgarité l’emporte finalement, quoi d’étonnant ? Elle n’est que le précipité, le résidu, la gravelle de tout le reste. Son "Très grand amour" (sic), que je n’ai parcouru que parce qu’un ami me l’a prêté, laissera dans la littérature une dernière trace de vacuité. M. FOG peut bien y embarquer, de force, quelques auteurs beaucoup plus grands que lui, il n’en paraît que plus petit. Avant dix ans, cette oeuvrette figurera, au fond des bacs de bouquinistes, entre les livres de Georges Ohnet et ceux de Maurice Dekobra, n’en déplaise à l’auteur, qui a des références littéraires si chic. Il n’est pas donné à n’importe qui de survivre par la postérité.
    • Franz-Olivier Giesbert, la prose se tâte
      le dimanche 28 février à 14:31, Espal75 a dit :
      Cher J-C Malandain, votre avis est hautement respectable. Je demande, au minimum, le même respect. Je ne suis ni écrivain ni raté. Je me suis contenté de faire du journalisme pendant quarante années, dont plusieurs à quelques mètres du sujet de cet article… Ce en quoi j’ai un avantage sur vous : je connais le personnage. Il est vrai que c’est un avantage dont je me serais bien passé. Si vous voulez savoir à quoi ressemble un écrivain raté, je vous le laisse découvrir, vous avez son dernier livre entre les mains.
  • Franz-Olivier Giesbert, la prose se tâte
    le dimanche 7 février à 22:46, j-c malandain a dit :
    je pense que les critiques manquent d’humour parce que souvent ils sont des écrivains ratés !!!j’adore le livre de fog que je suis en train de lire ; le hasard a fait que je l’ai croisé aujourd’hui au "Sélect" à montparnasse et que je lui ai manifesté ma satisfaction.J’aimerais lui faire parvenir ce texte ainsi que ma mise en garde au sujet des commentaires faits sur le Brésil ce soir sur la chaîne parlementaire par des intervenants dont je doute des connaissances sur le Brésil… !Je connais ce pays depuis près de40 ans parle la langue et c’est ma 2ème patrie.la réalité est tout autre..les résultats ne sont pas aussi idylliques !!
  • Franz-Olivier Giesbert, la prose se tâte
    le dimanche 7 février à 20:59

    "mes déifiques éjaculats"

    Sans déconner, il a vraiment écrit ca ? "qui provoque l’intervention divine", je trouve dans google…Ca doit vouloir dire qu’il fait pas un enfant à chaque fois…

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