Actualisation du jeudi 7 mai 2009 : étrange, étrange… Quand l’auteur de cet article, Slim Bagga, veut envoyer son texte à ses amis sur Facebook ces derniers ne peuvent pas le lire ! A la place figure cette mention en english : « This message contained content from Facebook that either has been removed or is not visible due to privacy settings ». Alors, censure ou pas censure ?
Après avoir écouté les derniers ronronnements de notre Général-Président sur l’état de la presse et sa volonté de favoriser l’émergence d’un journalisme libre, honnête, à la recherche de la vérité et qui ne s’attaque pas à l’honneur des honorables gens, une idée m’a traversé l’esprit : et si je rentrais en Tunisie et lançais « L’Audace » à partir de mon pays ?
J’oublierais dès à présent le passé et même le présent tumultueux de la Madonne des Trabelsi, les frasques de Imed Ben Leïla, les passe-droits de Belhassen, les richesses illicites des clans qui gravitent autour du Palais et jusqu’au feu vert que leur a donné tous, et sans exception, Ben Ali lui-même, pour piller la Tunisie sans modération.
Je passerais l’éponge sur les dizaines de morts sous la torture, sur les agressions physiques d’opposants en exil, sur les montages de cassettes pornographiques sur ordre de Ganzoui et de ses « descendants-flics » qui pullulent comme des mouches dans les airs du pays jusqu’à en empoisonner l’atmosphère. J’évacuerais de ma pensée qu’il ait pu un jour exister un petit Mazarin du nom de Abdelwaheb Abdallah, si grand dans la félonie et si petit… enfin vous devinerez en quoi…
Muni seulement de mon crayon de destruction massive, je rentrerais chez moi, dans mon si beau, prospère et stable pays. Pour défendre les honnêtes dealers de drogue, les honnêtes vendeurs d’organes d’enfants kidnappés en plein jour dans le pays qui connaît le plus grand nombre de policiers au mètre carré dans le monde. Je ne ferais plus aucune enquête sur l’arrivée de centaines de containers de Chine en contrebande, sur les milliers de fausses montres Chanel, les voitures et autres yachts qui traversent tous seuls la Méditerranée, car ils aiment la douceur de mon pays et les douces mains « trioplitaines » qui les pilotent…
Voyez-vous, il suffit de peu pour accomplir honnêtement son travail de journaliste et de prendre au mot les paroles présidentielles sacrées : celles-là mêmes qui depuis la retentissante grève de la faim de Taoufik Ben Brik en 2000 nous incitent à plus d’imagination, plus d’initiative. Car, promis-juré, il ignore et ignorait tout des blogs censurés, de la radio "Kalima" assiégée, des patrons de presse encouragés à devenir des margoulins affairistes et des journalistes qui n’ont le choix qu’entre le statut de mandarin ou celui de prisonnier de droit commun…
Par conséquent, je ne vous cache pas que l’opportunité qui m’est offerte par le discours et la communication présidentiels sont uniques pour un retour bien lucratif. Déjà, de nouveaux théologiens et fuqahas de la parole présidentielle se placent pour arracher une part du gâteau offert par un régime finissant à ses serviteurs et mercenaires.
Prenons l’exemple d’un certain Nizar Bahloul, dont la logorrhée sur businessnews.com.tn est à vous faire dresser les cheveux sur la tête : Ce faqih de son propre business nous expliquait dès le 15 avril que l’acquisition de Dar Essabah par Sakhr Materi était non seulement rassurante, mais qu’elle s’inscrivait dans la ligne directe de ce qui se passe en démocratie où de grands groupes industriels tels Dassault, Lagardère, Bouygues acquièrent des médias. Mais il nous ne dit mot sur l’origine des fonds à la portée de Sakhr Materi.
Si ces groupes français se sont enrichis, c’est qu’ils ont travaillé et prospéré de père en fils sur de nombreuses générations. Quid de Sakhr Materi, fils d’un félon dans l’armée, et neveu d’un mis en examen en France ? Désolé, M. Bahloul : les faits sont là, et ils sont têtus. Quant à son article plus récent concernant la journée mondiale de la liberté de la presse, on y apprend que ce sont les journalistes qui sont responsables de l’état de délabrement de la profession. Vite, Nizar Bahloul aux commandes pour mettre sur les rails ce troupeau d’égarés et autres brebis galeuses !
Reste enfin, pour cette fois bien sûr, cet illustre inconnu des médias : Mansour Féki, agitateur de réunions d’opposants au Canada, qui se présente sans rire comme un sexologue qui a mis au point une technique moderne au service du bien-être.
Son attaque contre Catherine Graciet sur Tunisnews le 4 mai 2009 en dit long sur sa panne… d’idées. Il y a comme une coutume qui s’installe en Tunisie consistant à attaquer les défenseurs de la liberté pour obtenir quelques privilèges de la tyrannie. Il suffit que Ahmed Manaï insulte Rached Ghannouchi, que Sahbi Amri s’en prennent aux exilés, que Mezri Haddad déverse sa mauvaise foi sur les défenseurs des droits de l’homme et les Nahdhaouis pour que leur affaire soit pliée, réglée. Cela porte un nom : MERCENARIAT.
Mansour Feki est non seulement un grossier personnage, mais surtout un mauvais défenseur de la dictature. Comment peut-il accuser Catherine Graciet ou RSF de connivence avec la CIA, lorsque son maître à penser en reçoit des rétributions et autres honoraires ? Douze millions de dollars des Libyens, par exemple, pour avoir organisé à Carthage une réunion entre le directeur du contre-espionnage américain et le bouillonnant Kadhafi.
Voyez-vous, M. le sexologue en panne, il est des boîtes de Pandore qu’il vaut mieux ne pas ouvrir au risque d’éclabousser son mentor. Car s’il ne s’agit que d’ouvrir une clinique de sexologie à Tunis et d’obtenir à cet effet les autorisations requises, point n’est besoin d’insulter et dénigrer. Allez-y ! Au point où nous en sommes…
La Tunisie est déjà un bordel. Géré par un flic…
Slim Bagga
PS : Douze millions de dollars dont des miettes jetées à certains néo-thuriféraires du régime libyen qui voulaient définitivement tourner la page « Lockerbie ». Quant aux accusations d’opposants tunisiens d’être régulièrement accusés d’être des agents du Mossad, ne serait-il pas plus vrai qu’il existe une alliance entre les deux familles Trabelsi (celle de Leila et celle d’Oudhifa) ?





