Engoncée dans la torpeur et la fin des frimas, la plus belle ville du monde s’est réchauffée au frisson d’une rumeur fin mars. A Marseille courut l’heureux bruit d’un parachutage d’Henri Guaino, conseiller de Sarko Ier, pour sauver la ville et la droite phocéenne de l’atonie, avant 2010 et le prochain scrutin régional. A l’origine de ce petit vent de folie, un débat pas vraiment anodin organisé par la chambre de commerce et d’Industrie marseillaise et le crédit agricole local, auquel était convié Guaino. Et Riton d’Arles, s’est vu donner tout au long de la soirée « c’est de quelqu’un comme vous dont on a besoin pour succéder à Gaudin »…
Sous entendu plutôt que Muselier, Lou Ravi de la politique marseillaise, en pleine traversée du désert électorale après son retentissant torpillage à la présidence de la CUM (communauté urbaine marseillaise), a senti le mistral souffler fort. Et réagit aussitôt. Déjà sous l’autorité de Guaino en tant que président du conseil culturel de l’Union pour la Méditerranée (UPM), placé sous l’autorité du conseiller de l’Elysée, « Mumuse » n’a pas voulu se faire piquer la place d’éternel dauphin de la droite marseillaise.
Aussitôt dit, aussitôt fait – plutôt que pensé – un dîner au Radisson avec quelques chefs d’entreprise et Guaino est organisé début avril. L’occasion, en passant de compter ses troupes au sein des chefs d’entreprises locaux. Avec un objectif clair pour Muselier, que Guaino répète ce que Sarko Ier avait glissé au marseillais fin décembre. « L’avenir politique de la droite Marseille rime avec Muselier ». Il est plus facile d’obliger un Marseillais à crier « vive le PSG » que forcer Guaino à sortir un mot… Raté donc. Et le bon Renaud, pour exister, d’annoncer dans la foulée son projet de Grand Marseille. « De Toulon à Arles, en passant par Avignon ». Au moins le garçon est toujours sur le pont.
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