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Impôt 1998-2008 : la grande dépression !

Programme commun / lundi 30 mars 2009 par Le fiscaliste pinailleur
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Le paquet fiscal du président Sarkozy n’est que l’ultime touche à une oeuvre commune des gouvernements de droite et de gauche. Baisser les impôts des plus riches. Une entreprise de 10 ans.

Une des grandes victoires idéologiques de la pensée libérale a été de réussir à faire passer l’idée que payer plus de 50% d’impôt était foncièrement injuste ; et arriver à faire croire que le bouclier fiscal , selon les termes mêmes du Ministre du Budget, le sémillant Eric Woerth, était, « une mesure de justice fiscale ».

Évidemment… les 834 plus gros bénéficiaires de ce bouclier se sont partagés humblement la modeste somme de 306 912 000 € soit 368 000 € par personne , et personne ici ne viendra contredire M. Woerth : toucher plus de 25 ans de Smic en une fois conforte effectivement le sens de la justice fiscale du contribuable qui en bénéficie !

Droite et gauche, tous unis pour les nantis

Toutefois la mémoire s’avère parfois trompeuse, et souvent oublieuse. Qui se souvient ici que pendant des années, et sous des gouvernement de droite et sous des gouvernements de gauche, le taux supérieur d’imposition des revenus excédait 50% ? Et que des contribuables aisés payaient plus de 50 % de leurs revenus en impôt (et cela sans inclure ni l’ISF ni la CSG) et cela même avec un ministre du budget nommé Nicolas Sarkozy (de 1993 et 1995) et même encore avec un ministre de l’Economie et des Finances du même nom, en 2004/2005 !

En dépit de ces taux élevés, aucun Arnault, aucun Pinault ni aucun Dassault n’ont quitté le territoire, comme quoi les milliardaires arrivent à survivre avec des taux d’imposition élevés !

Mais il fallait baisser les impôts de nos miséreux milliardaires !

Miséreux milliardaires

Ainsi le taux supérieur d’imposition de 56,8% qui était le taux en vigueur en 1991 et qui est resté inchangé jusqu’en 1996 a connu sa première baisse, sous le gouvernement Juppé, qui l’a ramené à 54,8%. Une bouffée d’oxygène pour les plus démunis des nantis…

Sous le gouvernement Jospin, et oui, il faut savoir donner des gages, ce taux a également baissé et a été ramené pour 2001 à 52,75%.

Après une nouvelle baisse sous le gouvernement Raffarin, le taux est descendu de 52,75% à 49,58%. La grande réforme a eu lieu avec le gouvernement Villepin qui a présenté la mesure comme une simplification consistant à baisser tous les taux de toutes les tranches d’imposition avec comme corolaire de simplification, la suppression concomitante de l’abattement de 20 % sur les salaires et les bénéfices des commerçants, artisans et des professions libérales.

Villepin, champion toutes catégories de la baisse

Mais la mesure la plus parlante a été celle dont il a été peu fait état à l’époque , la baisse du taux supérieur d’imposition qui a été ramené de 49,58% à 40 %.

Cette mesure a eu pour effet de faire baisser surtout l’impôt des plus hauts revenus. [1]

Ainsi par exemple un couple avec deux enfants et 60 000 € de salaires cumulé a payé, en 2006, 4 160 € d’impôt sur ses revenus de 2005.

Pour les revenus de 2006 le même couple pour 60 960 € de revenus (+1,6% de revenus pour tenir compte de l’inflation) a payé en 2007 3 904 € soit une baisse de 254 €.

Pour nos contribuables très aisés, la réforme a dû être jouissive ! Ainsi, pour un couple avec deux enfants et avec deux salaires importants, 1 500 000 € au total, l’impôt payé en 2006 pour les revenus de 2005 se montait à 661 655 €.

Grâce la réforme Villepin, l’impôt payé en 2007 pour les revenus de 2006, 1 524 000 € (+1,6%) s’élevait à 570 726 € soit une modique baisse de 90 929 € !

Après ces baisses importantes de l’impôt payé par les contribuables les plus aisés, il ne faut pas s’étonner que l’impôt sur le revenu représente un % de plus en plus faible des recettes fiscales de l’Etat.

Et que grimpent la TVA et la TIPP

Comme quoi, sous couvert de simplification fiscale, supprimer l’abattement de 20% sur les salaires et compenser par la baisse des taux d’imposition des diverses tranches de revenu, le gouvernement de l’époque a réussi un magnifique tour de passe-passe fiscal et est parvenu à ses fins. En gros, baisser fortement l’impôt des plus hauts revenus en insistant uniquement sur les gains des revenus moyens !

Et oui, la baisse constante du seul impôt progressif, l’impôt sur le revenu, est compensé par la hausse des recettes des impôts proportionnels, TVA et Taxe sur les produits pétroliers (TIPP) principalement.

Mais qui calcule annuellement le montant de la TVA et de la TIPP qu’il paye ?

S’agissant des baisses d’impôt, le tableau suivant permettra d’y voir plus clair.

Il compare à montant constant l’impôt payé pour les revenus de 1998 avec celui payé en 2009 pour ceux de 2008. Le calcul est fait sur la base d’ un couple marié avec deux enfants.

Le coefficient retenu pour aligner les revenus 1998 avec ceux de 2008 est celui de l’inflation. Pour une base 100 en 1998 la base retenue pour 2008 est 118.

Les bases des revenus en francs ayant servi aux calculs sont : 150 000 Frs, 200 000 frs, 300 000 Frs, 400 000 Frs,750 000 Frs, 1 000 000 Frs, 2 000 000 Frs, 5 000 000 Frs,10 000 000 Frs, 20 000 000 Frs et 50 000 000 de Frs.

De 1998 à 2008, les impôts des riches ont énormément baissé
Revenus 1998 en eurosImpôts payés en 1999Impôt 1998 actualisé valeur 2008Revenu 2008 sur base 1998Impôts 2008Gains en euros% de revenu supplémentaire à dépenser
2286744352326 9831243991,48%
30 4901 052124135 9787914501,25%
45 7353 480410653 9872 85812482,31%
60 9806 3467 48871 9565 12423643,29%
114 33722 64226 717134 91720 91957984,30%
152 44942 06149 632179 89036 989126437,03%
304 898124 383146 772359 780108 9453782710,51%
762 245371 351438 194899 449324 813113 38112,61%
1 524 490782 963923 8971 798 898684 593239 30413,30%
3 048 9801 606 1881 895 3023 597 7971 404 152491 15013,65%
7 622 4514 075 8624 809 5178 994 4923 562 8301 246 68713,86%

Et oui, un bon tableau de chiffres en dit plus qu’un long discours.

A vous de voir si vous êtes du côté des gagnants ou des perdants !

A lire ou relire sur Bakchich.info

La détermination des motivations des électeurs en faveur de X ou Y est une des tartes à la crème de la sociologie électorale, les facteurs étant forcément divers et variés.

Afin d’ajouter à la confusion régnant en ce domaine et pour juger de l’efficacité (…)

Lorsque le précis fiscal 2006 édité par la Direction générale des Impôts était sorti, ses fidèles lecteurs n’avaient pas manqué de remarquer en introduction cette ode aux contribuables modestes pour lesquels le bouclier fiscal avait été créé. (voir (…)
Invité à dîner chez son copain Johnny dans le 9-2, Sarkozy a pu visiter ce village qui, selon la Direction générale des impôts, n’est autre que la commune la plus riche de France pour les revenus de ses habitants. Reportage au milieu des « people », (…)

[1] La baisse de 20% des taux s’appliquant quel que soit le montant des revenus alors que l’abattement de 20% sur les salaires et les bénéfices des commerçants et des professions libérales était plafonné auparavant à hauteur de 120 000 € de revenus soit 24 000 € en base imposable soit un peu moins de 12 000 € en impôt.



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Forum

  • Impôt 1998-2008 : la grande dépression !
    le vendredi 15 mai 2009 à 19:20, JPS a dit :

    Bonjour

    Il y a un truc que je n’ai pas bien compris dans la "simplification" de Villepin (on nous avait déjà sorti celà pour la réduction du nombre de tranches : visiblement les (tres) gros ordinateurs de Bercy sont moins performants que mon PC, mais bon !!!) :
    - l’abattement de 20% ne s’appliquait pas aux revenus du Capital, comme en contre partie de la suppression de cet abattement on reduit les taux(pour que l’opération soit à peu près neutre pour le pékin moyen), cette opération a du mécaniquement réduire la taxation du Capital d’environ 20% (avant même votre calcul sur l’effet lié au déplafonnement).
    - Je dois faire erreur car personne (même dans les sites très à gauche) n’a soulevé cette question…Donc je me demande où est l’erreur de mon raisonnement ?

  • Impôt 1998-2008 : la grande dépression !
    le mardi 7 avril 2009 à 08:50, ZADIGLEVIZIR a dit :
    ce matin dans l’interminable queue des restos du coeur, devant moi Bolloré et derrière Arnaud, arrive en retard Pinault , décidément on n’a plus d’intimité….
  • Impôt 1998-2008 : la grande dépression !
    le samedi 4 avril 2009 à 11:05, Jobeuse a dit :

    Soyez charitable, aidez le président des démunis, le président des Restos du Portefeuille :

    - envoyez cet article à Gad Elmaleh.

  • Champion des… ENFERS FISCAUX…
    le mercredi 1er avril 2009 à 09:56, PauLo a dit :

    La Presse du régime se déchaîne… « sus aux paradis fiscaux ! »

    Normal… faut sauver l’enfer fiscal du Royaume des Fonctionnaires !

    France, Corse et Outre-mer… champions des ENFERS FISCAUX !

    C’est le résultat de 50 ans de socialogaullisme !

  • la grande dépression ! (des nantis ?!)
    le lundi 30 mars 2009 à 18:25, Armaguidon a dit :
    Vu les commentaires c’est à croire que les lecteurs de Bakchich payent tous l’ISF ? Doit y avoir un "Bug" ! Continuez les journalistes visiblement vous etes sur la bonne voie !
    • la grande dépression ! (des nantis ?!)
      le jeudi 2 avril 2009 à 01:50, DLF a dit :

      Hhihihi, vraiment trop rigolos, tous ces gogos !

      En combinant les dispositions de la loi TEPA et celles du bouclier fiscal, plus personne ne payera d’ISF sous deux ans…et c’était d’ailleurs là l’objectif non avoué de ces dispositions : neutraliser cette impôt impossible à supprimer du fait de sa symbolique démagogue.Alors que tous les gouvernements, de gauche comme de droite, en rêvent.

      L’iSF c’est 0,5% des recettes de l’État, encore un fois une poignée de figues en comparaison des milliers milliards qu’il fait fuir de France…pour mémoire on notera que c’est le seul impôt que le contribuable est chargé de calculer de de liquider lui même, car sans cela il couterait plus cher à collecter qu’il ne rapporterait…pathétique…

      Les pays scandinaves qui l’ont inventé l’ont tous supprimé. OUPS, surtout ne pas parler de ces sociaux-traitres, mea culpa, j’avais oublié qu’en France pour ne pas se faire taxer de droitisme il faut rester dans le marxisme le plus dévoyé.

      • la grande dépression ! (des nantis ?!)
        le vendredi 3 avril 2009 à 17:26
        Tout à fait d’accord pour la supression de l’ISF et le maintient du bouclier à 50. Les impositions doivent etre effectues en amont sur les hauts salaires et les benefices ,suppression de toutes les niches fiscales ,imposition de 20 pour cent minimum en contrepartie du bouclier et remise en place des droits de succession.
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