L’Ordre des choses s’acharnerait-il sur la population chinoise et sur la République Populaire de Chine ? En février dernier, l’année du Rat avait déjà bien mal commencé sous les neiges et un blizzard sibérien qui avait marqué d’un blanc immaculé les Fêtes du Printemps, occasionnant de graves dégâts. Puis, en mars, le Tibet avait monopolisé les regards d’un monde outré par la réaction brutale des autorités chinoises. Ont ensuite suivi pêle-mêle le déraillement meurtrier d’un train, le chahut autour du parcours international de la flamme olympique, l’apparition précoce du virus EV 71 qui affecte surtout les jeunes enfants et a déjà tué 39 personnes. Et voilà que s’abat maintenant sur l’Empire du Milieu le plus grave tremblement de terre survenu en Chine depuis 1976 (environ 200 000 morts à l’époque) et qui bouleverse l’entendement rationnel de la majorité des Chinois. La vérité est soit disant ailleurs et la géomancie du Tao fournit son lot d’explications.
L’irrationel refait ainsi son apparition
« A vouloir montrer trop de face au reste du monde, et affirmer notre puissance, la Chine en prend plein la gueule », commente avec poésie un chauffeur de taxi pékinois. Rupture de l’équilibre des forces surnaturelles tutélaires, punitions divines ou mécontentements des ancêtres… Une batterie d’explications magico-religieuses émaillent désormais les conversations quotidiennes à Pékin. « Le dragon s’est réveillé, et il n’est pas content » rétorquent même certains.
Un seul coupable circule sur ces lèvres jadis silencieuses : le gouvernement central qui a pourtant opté pour une communication transparente sur la gravité de la situation et le nombre des victimes du séisme. Les dépenses gigantesques - plus de 30 milliards d’euros - associées aux Jeux de Pékin 2008 et aux infrastructures olympiques pharaoniques, tout comme cette volonté gouvernementale de marquer l’avènement d’une nouvelle ère pour la Chine contemporaine pourraient être, à l’aune de ces croyances populaires, la raison première du déclenchement de ces calamités. La Nature se vengerait-elle des prétentions inconsidérées des dirigeants chinois ? Mourez tranquilles peuples de Chine, le pouvoir veille et les pandas [1]. dorment, eux, sains et saufs…










