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La colonisation de l’Algérie, c’était de la bombe à Reggane

Atomic children / vendredi 13 février 2009 par Amédée Sonpipet
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Il y a 49 ans pile-poil, la France lançait sa première bombe atomique au fin fond saharien de sa colonie d’alors. Aujourd’hui encore, les Algériens de Reggane en subissent les conséquences.

13 février 1960, 7h04, la France réalise son premier essai nucléaire atmosphérique dans le Sahara algérien. Le point zéro est situé à 65 km de l’oasis verdoyante de Reggane. En tout, quatre bombes seront testées en une année. Mais le Sahara n’est pas désert et la zone était peuplée. Un demi-siècle plus tard, les habitants subissent toujours les séquelles de la radioactivité de la zone, tandis qu’un pseudo-projet d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français est discuté au Parlement.


L’Algérie, pour la France c’était de la bombe
envoyé par bakchichinfo

Flashback dans un passé douloureux avec cette vidéo qui retrace la journée du 13 février 1960 depuis le coeur des installations militaires françaises.


13 février 1960 : Explosion de la bombe atomique
envoyé par DzCaNaL

A lire ou relire sur Bakchich.info

Quand la France décide de fournir en douce la technologie nucléaire à des fins civiles et pacifiques à la Libye, elle prétend que c’est pour dessaliniser de l’eau de mer. Ben voyons…
Nucléaire pour tout le monde et c’est la France qui arrose ! Depuis son élection en mai dernier, le président Nicolas Sarkozy s’est fait le héraut de l’énergie nucléaire, en proposant de vendre la technologie française à nombre de pays arabes, les (…)
La consécration d’Anne Lauvergeon, la patronne d’Areva, souffre quelque peu d’une ridicule affaire d’eau empoisonnée à l’uranium au Niger.

L’Algérie, pour la France cétait de la bombe


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  • La colonisation de l’Algérie, c’était de la bombe à Reggane
    le mardi 9 juin 2009 à 12:20

    La question des irradiés du Sahara bloque le dossier nucléaire entre Alger et Paris

    Par sonia lyes , le 09/06/2009

    Les discussions entre l’Algérie et la France sur le dossier du nucléaire civil sont actuellement bloquées, a-t-on appris de source proche du gouvernement français. Les Algériens conditionnent la reprise des discussions sur ce dossier stratégique au règlement définitif de la question des victimes des essais nucléaires français dans le Sahara algérien. « Les Algériens ont mis la question sur la table des négociations. Les discussions sont bloquées en attendant le règlement de ce dossier », affirme notre source.

    A la demande de l’Elysée, le gouvernement français devrait accélérer dans les prochaines semaines la mise en place des procédures d’indemnisation des victimes algériennes des essais nucléaires effectués dans le Sahara. Un projet de loi sur l’indemnisation des victimes de ces tests a été présenté en Conseil des ministres le 27 mai dernier par le ministre français de la Défense, Hervé Morin. Le texte pourrait être débattu au parlement en juillet pour une entrée en vigueur avant la fin de l’année. « Il n’y aucun doute que les victimes algériennes seront indemnisées », affirme notre source.

    L’accord sur le nucléaire civil entre l’Algérie et la France a été signé le 21 juin 2008, lors de la visite à Alger du Premier ministre français François Fillon. Depuis, les deux pays travaillent pour définir un cadre à cette coopération. Les Algériens veulent notamment se doter de centrales nucléaires pour préparer l’après-pétrole. Les Français, en échange d’une assistance dans ce domaine où ils possèdent un vrai savoir-faire, veulent notamment obtenir un accord particulier sur le gaz pour garantir leurs approvisionnements et leur sécurité énergétique. En 2007, une alliance entre Sonatrach et Gaz de France avait été évoquée. Mais cette piste n’avait pas séduit les Algériens. D’autres formules pourraient arranger les deux parties.

    Mais, sur ce dossier, les Français sont sérieusement concurrencés par plusieurs autres pays. Les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou encore l’Argentine souhaitent également faire des propositions aux Algériens sur le nucléaire civil.

  • La colonisation de l’Algérie, c’était de la bombe à Reggane
    le dimanche 24 mai 2009 à 14:47, si nadir a dit :

    Black-out français sur les archives des essais nucléaires en Algérie

    samedi 23 mai 2009.

    Bruno Barrillot mène, depuis plus de trente ans, un combat inlassable pour rétablir la vérité sur les essais nucléaires français en Polynésie et au Sahara de l’Algérie.

    Ce prêtre, devenu une des figures de l’antinucléaire sur le plan international, jouit d’une grande reconnaissance dans les milieux scientifiques et militants.

    Son dernier ouvrage, publié en 2007, a été intitulé « Quelle justice pour les essais nucléaires ». Il a déjà publié auparavant un autre livre qui a connu un succès retentissant « Les irradiés de la République ». Il est constamment sollicité dans les colloques et les rencontres scientifiques portant sur les dégâts des essais nucléaires français.

    Avec certaines associations, il est derrière la reconnaissance, très tardive, par la France, des victimes de ses essais au Sahara algérien et en Polynésie. Co-fondateur du Centre de Documentation de Recherche sur la Paix et les Conflits (CDRPC), il a accepté de répondre à nos questions.

    Le Quotidien d’Oran. : Le projet de texte de loi déposé par le ministre français de la Défense, concernant l’indemnisation des victimes des essais nucléaires au Sahara algérien et en Polynésie, constitue une avancée certaine. Mais l’indemnisation des victimes ne risque-t-elle pas de reléguer, ou carrément d’enterrer des aspects autrement plus importants des essais nucléaires au Sahara ?

    Bruno Barrillot. : Le fait qu’un ministre de la Défense français reconnaisse que les essais nucléaires ont des conséquences sur la santé est certainement un événement car, jusqu’à novembre 2008, la thèse officielle française était celle des « essais propres ».

    Il faut reconnaître cependant que le ministre français cède sous de multiples pressions : d’abord de la part des associations de victimes civiles et militaires créées, depuis 2001, en France, en Polynésie française et en Algérie, puis des révélations sur les graves conséquences sanitaires et environnementales des essais, lors de colloques organisés depuis 10 ans à Paris, Hiroshima, Papeete, Alger, puis encore, par l’émotion des opinions publiques à la suite de nombreux reportages écrits ou audiovisuels, enfin, par le dépôt au Parlement français de 18 propositions de loi émanant de groupes politiques de toutes tendances politiques.

    L’indemnisation des victimes est donc annoncée par la France.

    C’est la moindre des choses. Encore faut-il que les victimes aient connaissance des procédures à remplir pour obtenir réparation et que trop d’obstacles ne soient pas mis pour en indemniser le moins possible.

    Par contre, le projet de loi n’aborde nullement les questions environnementales, c’est-à-dire la réhabilitation des anciens sites d’essais qui restent contaminés, tant au Sahara qu’en Polynésie… Et pourtant, ces zones contaminées vont rester, pour des millénaires, de vraies « bombes sanitaires potentielles ».

    Q.O. : Sur le plan de l’information, en Algérie le grand public ne connaît pas le nombre exact des essais effectués par la France. Dans un de vos articles, vous parlez de quarante autres essais en plus des dix-sept reconnus. Quelles précisions vous pouvez nous fournir dans ce sens ?

    B.B. : Effectivement, en plus des 17 essais nucléaires officiellement reconnus au Sahara algérien, la France a effectué en plus, entre le 28 avril 1961 et le 14 mai 1963, sur le site d’Hamoudia au sud de Reggane, 35 expériences dites « complémentaires » désignées par les Français sous le nom d’« essais froids ».

    Ces expériences consistaient à tester des explosifs chimiques sur de petites quantités de plutonium qui étaient ainsi pulvérisées et dispersées dans l’environnement. Ces expériences ne produisaient pas un « champignon atomique » et des retombées radioactives comme les quatre essais aériens d’Hamoudia, mais les particules de plutonium ainsi répandues sur de grandes étendues constituent un risque sanitaire très important.

    En effet, le plutonium est un métal extrêmement toxique dont une minuscule particule ingérée peut devenir un foyer cancéreux.

    Dans le Hoggar, sur le site du Taourirt Tan Ataram à l’ouest de la montagne d’In Eker où eurent lieu 13 essais souterrains, la France a effectué 5 essais dits « de sécurité » entre le 8 mai 1964 et le 9 mars 1966. Il s’agissait de vérifier comment se comporterait une arme nucléaire en cas de crash de l’avion porteur, c’est-à-dire sans que le mécanisme de mise en route de la réaction en chaîne nucléaire ait été déclenché.

    Là encore, des hectares de terrain ont été contaminés par la pulvérisation de matières nucléaires et de plutonium particulièrement.

    Q.O. : En dehors des populations du Sahara victimes des irradiations et dont on ne connaîtra jamais le nombre exact, l’environnement est la seconde victime de ces essais. Est-ce que le risque de pollution et de contamination de la nappe phréatique du grand sud algérien, une des richesses future du pays, est à prendre au sérieux ?

    B.B. : Je ne suis pas géologue. Mais je pense que les spécialistes algériens devront étudier sérieusement le problème des risques de contamination des nappes phréatiques. Lorsque j’ai eu l’occasion de me rendre à In Eker avec une délégation gouvernementale algérienne et de nombreux journalistes algériens et étrangers, une personnalité du ministère de la Défense m’a montré la dépression située entre la montagne du Tan Affela où eurent lieu les 13 essais souterrains et la grande route transaharienne tracée à quelque 400 mètres de la montagne.

    « Il se trouve que des pluies périodiques inondent cette dépression », m’a-t-il dit. Il est clair que ces pluies dévalent les pentes de la montagne nucléaire, s’infiltrent par les nombreuses fissures et passent notamment sur la coulée de lave radioactive produite par l’accident de tir du 1er mai 1962. Les eaux s’accumulent dans cet oued et sont peu à peu absorbées par les sols.

    Personne ne peut donc nier qu’il y ait un risque de contamination de la nappe phréatique. Prenons un modèle étranger : aux Etats-Unis, le site d’essais nucléaires aériens et souterrains du Nevada se situe non loin de Las Vegas.

    Pour vérifier en permanence l’état radiologique de la nappe phréatique qui alimente leur ville, les dirigeants de Las Vegas et de l’Etat du Nevada ont fait installer sur le site d’essais du Nevada, et à proximité, un système très sophistiqué d’analyse permanente de la nappe souterraine. Il faudrait probablement s’inspirer de ce modèle américain pour la nappe saharienne.

    Un risque n’est pas une certitude, mais la surveillance devrait s’imposer. De plus, certaines mesures évidentes de précautions devraient être prises pour isoler les zones et les matériaux radioactifs qui ont été laissés à découvert après les accidents et fuites des essais souterrains.

    Par ailleurs, les preuves documentaires ou photographiques et les témoignages abondent sur l’enfouissement de déchets contaminés sous quelques centimètres de sable tant à Reggane-Hamoudia qu’à In Eker.

    De plus, les immenses zones des points zéro d’Hamoudia sont parsemés de fragments de sable vitrifié fortement contaminés ou encore de matériaux métalliques douteux abandonnés sur place. Tout cela a été fait en dépit de toutes les réglementations en matière de gestion des déchets nucléaires.

    La moindre des choses pour éviter les contaminations des sous-sols et des nappes phréatiques serait de « réhabiliter » ces zones contaminées, de regrouper les matériaux contaminés et de les stocker selon des normes reconnues internationalement.

    Q.O. : Comment expliquez-vous le secret que le gouvernement français continue d’entretenir autour des essais nucléaires du Sahara ? Ou, pensez-vous que le gouvernement algérien ne s’est jamais montré exigent avec son vis-à-vis français autour de cette question ? Est-ce que selon vous, il existe des sites de dépôts de déchets radioactifs au Sahara méconnus par les populations et par les pouvoirs publics algériens ?

    B.B. : Ce n’est pas à moi de porter un jugement sur la position du gouvernement algérien. Par contre, comme citoyen français, je critique fortement le gouvernement français qui maintient le secret autour des essais nucléaires.

    En juillet 2008, le Parlement français a même adopté une législation qui classe les archives nucléaires dans la catégorie des documents définitivement incommunicables ! La France affirme que la levée du secret sur les essais nucléaires irait à l’encontre de ses engagements pour la non-prolifération nucléaire.

    Ce n’est en fait qu’un prétexte pour camoufler les incidents et l’absence de précautions à l’égard des personnels et des populations qui ont été consignés dans ces rapports.

    Comme je l’ai évoqué plus haut, il existe, au Sahara, des lieux où ont été enfouis des matériaux contaminés. Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie sur l’état radiologique des sites d’essais du Sahara algérien, publié en 2005, ne donne aucune information sur ces lieux d’enfouissement pour la simple raison que la France n’a pas cru bon d’en informer les experts de l’AIEA. Je ne pense pas que les autorités algériennes, pas plus que les populations, aient une connaissance précise de ces zones dangereuses.

    Q.O. : Vous avez assisté en 2007 à un colloque sur la question et vous avez, en compagnie de vos hôtes algériens, visité certains sites des essais nucléaires dans le Sud algérien.

    Est-ce que vous avez constaté une maîtrise de ce dossier par les Algériens, notamment des spécialistes, ou doit-on faire appel à une expertise étrangère pour circonscrire totalement et définitivement les dégâts et les risques potentiels de ces essais nucléaires ?

    B.B. : J’ai pu constater que l’Algérie dispose de personnels scientifiques et de physiciens ayant la capacité d’apprécier le niveau des risques radiologiques des sites d’essais du Sahara.

    En fait, n’importe quel expert ne peut établir un diagnostic s’il ne dispose pas des informations élémentaires sur les essais nucléaires : une cartographie exacte des lieux, la nature des expérimentations qui y ont été effectuées, des précisions sur les incidents et accidents, sur les sites d’enfouissement…

    Les deux sites d’In Eker et de Reggane-Hamoudia sont immenses. J’ai constaté que le gouvernement algérien, conscient du danger, a fait construire des murs et barrières grillagées qui permettent plus d’avertir du danger que d’empêcher les intrusions. Pour évaluer les risques potentiels de ces zones, il est certain qu’il faudrait aller plus loin que ce qu’ont pu réaliser les experts de l’AIEA en 1999 qui ne disposaient pas de toutes les informations indispensables.

    Le problème n’est pas dans le niveau scientifique ou technique des experts qui seraient désignés pour un nouveau bilan. Cette nouvelle expertise devrait permettre d’obtenir « un regard indépendant » des spécialistes de l’industrie nucléaire plutôt enclins à minimiser les risques. C’est aussi une erreur de croire que l’évaluation des risques n’est qu’une affaire de scientifiques : les représentants des populations vivant à proximité des sites ont leur mot à dire car elles sont les principales concernées.

    Q.O. : Selon les déclarations du secrétaire d’Etat chargé des anciens combattants français récemment passé en visite à Alger, le dossier des essais nucléaires figure sur l’agenda des discussions entre les deux chefs d’Etat lors de la prochaine visite de Bouteflika en France. A votre avis, en tant que spécialiste reconnu des essais nucléaires français au Sahara et en Polynésie, que doit exiger l’Algérie de la France pour à la fois réparer et limiter les dégâts de ses essais au Sahara ?

    B.B. : Ayant depuis plusieurs années l’expérience du suivi des conséquences des essais nucléaires en Polynésie, au titre du gouvernement de la Polynésie et de l’Assemblée parlementaire polynésienne, je me suis rendu compte de la difficulté d’établir un climat de sérénité entre responsables polynésiens et autorités françaises dès lors qu’il s’agit d’aborder la question des essais nucléaires. Le discours sur la prétendue innocuité des essais, tenu pendant plus de 30 ans par la France, a généré un manque de confiance qui perturbe les relations franco-polynésiennes.

    Bien sûr, les discussions avec les autorités françaises sont nécessaires : la France dispose des informations indispensables à de futures opérations de réhabilitation et de nettoyage des anciens sites d’essais du Sahara.

    La France devrait aussi posséder toutes les précisions sur les retombées radioactives des essais aériens de Reggane ou consécutives aux divers accidents de tirs qui se sont produits notamment lors des essais souterrains à In Eker. Ces précisions sont très importantes puisque, comme elle l’annonce, la France va indemniser les victimes civiles qui vivaient ou circulaient à proximité des sites d’essais.

    Le texte du projet de loi du ministre français de la Défense mentionne que les bénéficiaires des réparations devront avoir résidé ou séjourné dans les « zones périphériques » des deux sites d’essais sahariens à des périodes très précises liées à la présence française sur ces sites, c’est-à-dire jusqu’en 1967.

    Ces conditions mériteraient des éclaircissements. Qui dispose des listes de travailleurs algériens, maliens, nigériens… qui ont été employés sur les sites d’essais ? Existe-t-il un état des populations qui résidaient ou séjournaient dans ces « zones périphériques » ? Comment seront délimitées ces « zones périphériques » ? Qu’en sera-t-il des personnes qui, après 1967 et jusqu’à aujourd’hui, ont pu être contaminées sur les anciens sites d’essais dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ont été abandonnés par la France sans mesures de précautions élémentaires ? Dispose-t-on d’informations sur l’état de santé ou les causes de décès de toutes les personnes qui pourraient être concernées par les réparations promises par la France ?

    Je crains que nous n’ayons guère de réponses à de telles questions. Le projet de loi français qui prévoit des réparations individuelles risque de ne bénéficier qu’à de rares victimes qui rempliront les conditions voulues.

    Faut-il alors négocier avec la France un système de réparations plus communautaire au service des populations voisines des anciens sites d’essais ? Tant sur le plan des réparations environnementales que sanitaires, le dialogue franco-algérien sera difficile dès qu’il faudra entrer dans le vif du sujet. Je pense qu’un « état des lieux » préalable proposé par des experts indépendants pourrait faciliter les discussions franco-algériennes.

    Le gouvernement de la Polynésie française a mis en place, depuis 2005, un « Conseil d’orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires » dont le rôle est de proposer des actions de réhabilitation environnementale et de suivi sanitaire. Tout en respectant le contexte algérien, la mise en place d’un organisme similaire ne pourrait-il pas aider le dialogue franco-algérien ?

    Q.O. : Dans un de vos articles, vous avez laissé entendre que l’Algérie, au même titre que certains autres pays africains, continue de servir de dépotoir des déchets nucléaires français. Est-ce que vous pouvez éclaircir ce point ?

    B.B. : Ce que je pense avoir dit, c’est que la France a considéré le désert comme un dépotoir, c’est-à-dire comme un lieu exempté des normes environnementales. Le désert est un lieu vivant qui doit être respecté tout autant que les autres parties de la planète.

    Je remarque que la France s’est comportée de la même manière en Polynésie où des centaines de tonnes de déchets radioactifs ont été rejetés dans l’océan, considéré également comme un dépotoir. Au Sahara comme dans le Pacifique, c’est la solution la moins coûteuse qui a été choisie.

    Aujourd’hui, de telles pratiques seraient condamnées par les lois internationales. Alors qu’en France, on dépense des sommes énormes pour le stockage et la gestion des déchets radioactifs, j’estime que l’on doit appliquer avec la même rigueur et consacrer des budgets conséquents pour réparer les négligences coupables de l’époque des essais nucléaires.

    Le Quotidien d’Oran

  • La colonisation de l’Algérie, c’était de la bombe à Reggane
    le samedi 23 mai 2009 à 16:33, si nadir a dit :

    Pas d’indemnisation pour les militaires irradiés…

    Vendredi 22 mai 2009

    Pour la seconde fois, 5 anciens miliaires se sont retrouvés devant au tribunal de justice de Paris dans le procès contre l’Etat au sujet des essais nucléaires dans le Sahara algérien et en Polynésie. Atteint de graves cancers, ils réclamaient des indemnités. Mais la cour d’appel de Paris a rejeté leur demande, tout en reconnaissant la faute de l’Etat…

    C’est entre 1960 et 1966 en Algérie puis de 1966 à 1996 que ces militaires ont été irradiés, lors d’essais nucléaires de l’armée française. Au total, ces derniers réclamaient près de 6 millions d’euros d’indemnité, demande donc rejetée le 22 mai. "Inadmissible !", s’est exclamé leur avocat Me François Lafforgue.

    Comparus à 12 en février dernier, ils n’étaient que 5 à pouvoir encore se présenter ce vendredi devant le tribunal pour entendre le verdict de la cour. Verdict qui ne leur cède pas un centime d’indemnisation pour leur irradiation. En cause, la loi pour l’indemnisation des victimes établie par la Commission d’indemnisation des victimes d’infraction pénales (Civi) qui prévoit l’indemnisation de faits uniquement postérieurs au 1er janvier 1976.

    Pourtant l’Etat avait déjà admis sa responsabilité et, sans attendre le verdict du procès, le ministre Hervé Morin avait annoncé au mois de mars le déblocage de 10 millions d’euros pour indemniser toutes les victimes de ces 210 essais nucléaires.

    Mais ce plan doit encore être discuté au conseil des ministres, la semaine prochaine. A l’issue de cette discussion, le ministre de la défense tiendra une conférence de presse pour annoncer les mesures prises. Les indemnités devront ensuite être répartis selon les dossiers des plaignants, c’est une commission composée de médecins et de magistrats sous validation du ministère qui définira le montant des indemnités. En espérant que cela ne prenne pas encore des mois….

    Ces irradiations ont provoqué des maladies mortelles : cancer de la thyroïde, des poumons, du sein et de graves leucémies. On estime à près de 150 000 victimes de ces essais nucléaires parmi les militaires, les habitants et travailleurs locaux…. Un prix humain très lourd pour la fameuse doctrine de l’indépendance nucléaire militaire française…

    Source : Cour d’appel du Tribunal de Paris, Ministère de la défense, 22 mai 2009

  • La colonisation de l’Algérie, c’était de la bombe à Reggane
    le samedi 23 mai 2009 à 07:12, si nadir a dit :

    1963 : l’affaire de la bombe

    Par LEXPRESS.fr, publié le 21/03/1963

    En 1963 l’annonce d’une explosion nucléaire à Reggane, dans le Sahara, suscite des inquiétudes diplomatiques, un an après l’indépendance de l’Algérie, mais pas de préoccupation en terme de santé publique

    Le premier anniversaire des accords d’Evian vient, de coïncider avec la première difficulté sérieuse que l’Algérie connaît dans ses rapports avec la France. L’explosion nucléaire qui a eu lieu au Sahara dimanche dernier provoque à Alger, sur le plan de la politique intérieure, un réel malaise. Exploitée par les ennemis du gouvernement de M. Beon Bella d’une manière qui condamne ce dernier à réagir contre la France, cette affaire a pourtant des dessous inattendus.

    Vendredi après-midi, le quotidien " Le Monde ", bien informé, annonce, comme il se devait de le faire, qu’une explosion allait avoir lieu. Mais quelle explosion ? En principe, aux termes des accords d’Evian, la France a le droit de procéder à des expériences " scientifiques ". Rien ne mentionne avec précision, ni pour l’autoriser ni pour l’exclure, une explosion nucléaire.

    Or, la France avait officieusement accepté de transporter en Océanie la base saharienne de Reggane. Promesse, d’ailleurs, tenue. Les installations océaniennes sont prêtes à recevoir les techniciens qui doivent expérimenter une bombe H. Pour cette explosion, cependant, la France a jugé pratique d’essayer au Sahara, et avant le départ, non pas une bombe, mais un détonateur nouveau à l’uranium enrichi (plutôt qu’au plutonium). C’était la dernière expérience et l’une des moins spectaculaires. Les Français disent que les Algériens le savaient plus ou moins.

    A l’affût

    Mais l’article du "Monde" éclate avant la bombe. Aussitôt. les agences internationales s’en sont emparées et ont pressé le gouvernement algérien de réagir. Le quotidien " Alger Républicain " a publié l’information sur huit colonnes, en première page. L’opposition marocaine s’est déchaînée. Enfin, l’ambassadeur algérien à Paris, M. Rahal, a été rappelé et M. Georges Gorse " été convoqué par le ministre algérien des Affaires étrangères.

    Le délicat est que cette affaire survient au moment où non seulement les Algériens se félicitent de la coopération, mais où ils viennent d’obtenir une aide considérable du Trésor français : alors que l’application au pied de la lettre des accords d’Evian auraient limité à environ 100 milliards anciens les crédits français, les diverses missions à Paris des ministres algériens ont abouti à l’octroi, sous diverses formes, de sommes qui approchent, tout compris, 300 milliards, soit dix fois plus que ce qui est consenti au Maroc et à la Tunisie réunis.

    M. Ben Bella ne peut pas se permettre, sans préjudice pour ses finances et son économie, de surestimer l’importance du dernier épisode de la présence atomique française en territoire algérien. Mais il ne peut pas se permettre non plus de n’être pas au niveau des surenchères d’une opposition qui est à l’affût de la moindre faiblesse pour prendre date.

  • La colonisation de l’Algérie, c’était de la bombe à Reggane
    le vendredi 22 mai 2009 à 21:32

    Irradiés nucléaires : la justice rejette les demandes d’indemnisation De Jean-Louis PANY

    PARIS (AFP) — La justice a invoqué vendredi des raisons de procédure pour rejeter les demandes d’indemnisation de douze anciens militaires atteints de maladies mortelles liées aux essais nucléaires français, au moment où le gouvernement admet pourtant enfin sa responsabilité dans le drame.

    La cour d’appel de Paris a simplement estimé que la grande majorité des demandes étaient irrecevables parce que les faits sont antérieurs au 1er janvier 1976, date de création de la Commission d’indemnisation des victimes d’infraction pénales (Civi).

    Pour d’autres cas, notamment l’un d’entre eux dont la contamination remonterait aux essais pratiqués en Polynésie en 1983/1984, la cour a jugé que l’ancien soldat n’aurait pas dû s’adresser à la Civi mais à une juridiction compétente "pour les victimes d’accidents de travail ou de service".

    En l’occurrence, l’ancien soldat aurait donc dû porter plainte devant un "tribunal des pensions militaires".

    Ces arguments juridiques n’ont pas été bien accueillis par ceux qui militent depuis des années pour que, comme les victimes de l’amiante, ces anciens soldats, ou leur héritiers, soient enfin indemnisés.

    Car sur les douze, victimes de cancers de la peau, du sang ou des reins, seulement cinq sont encore vivants.

    "Nous accueillons ce jugement scandaleux avec un sentiment de colère", dit Michel Verger, président de l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven).

    "Les salariés sont indemnisés pour la plupart d’entre eux, et les militaires, eux, sont laissés de côté, c’est inadmissible", renchérit Me François Lafforgue, qui défendait les douze.

    L’incompréhension est d’autant plus forte que le rejet survient cinq jours avant que ne soit présenté, le 27 mai en Conseil des ministres, un plan d’indemnisation, doté de 10 millions d’euros en 2009, pour ces soldats tombés malades après avoir participé à certains des 210 essais nucléaires pratiqués par l’armée française dans le Sahara algérien de 1960 à 1966, puis en Polynésie de 1966 à 1996.

    En annonçant ce plan en mars, le ministre de la Défense, Hervé Morin, avait quand même assuré que l’Etat avait conduit les essais "en appliquant les plus strictes consignes de sécurité", une affirmation contredite à l’audience par des descriptions de parties de pêche dans des lagons polynésiens irradiés ou de missions sur les sites de tir algériens en simple uniforme de coton.

    Quoi qu’il en soit, après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou le Canada, la France reconnaît sa responsabilité dans les cancers qu’ont pu contracter, selon Hervé Morin, "quelques centaines" de personnes.

    Potentiellement, environ 150.000 personnes sont au total menacées, travailleurs civils ou militaires ayant participé aux essais, sans compter les populations locales.

    Le plan d’indemnisation est loin de satisfaire l’Aven, à commencer par sa dotation, alors que les seules douze demandes d’indemnisation devant la cour d’appel totalisaient 5 à 6 millions d’euros.

    De plus, dans ce plan, "nous sommes exclus du processus d’indemnisation et nous plaçons tous nos espoirs dans les amendements que nous pourrons susciter" auprès des députés, souligne le président de l’Aven.

    "Est ce qu’on va laisser ces militaires au bord du chemin de l’indemnisation ? Je pense qu’aujourd’hui on peut exiger du gouvernement qu’un fonds d’indemnisation soit créé certes mais avec des conditions qui ne soient pas aussi restrictives qu’aujourd’hui", renchérit Me Lafforgue.

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