C’est à une bataille à distance que se livrent, par médias interposés, le Conseil Général de la Vendée, représenté par son président, Philippe de Villiers et la commune de L’Ile d’Yeu, représentée par son maire, Bruno Noury. L’objet de la querelle est le projet de création d’une ferme éolienne de 120 turbines implantée au large de l’Ile d’Yeu et la presqu’île de Noirmoutier.
Dans le bocage, c’est la guerre des communiqués, un article dans le courrier vendéen, répond à un autre publié dans l’édition locale de Ouest France. Ainsi, la neutralité bienveillante (la mer les séparant) s’est transformée en une guerre de position, argument contre argument, intervention contre intervention : le lecteur s’il n’y prenait garde pourrait y perdre son vendéen.
Rappel des faits : L’Ile d’Yeu, commune fière de son patrimoine et de ses 5000 âmes, souhaite profiter du relatif « état de grâce » qui suit la désignation d’une nouvelle équipe municipale, pour mettre en place une réflexion de type « Agenda 21 local » et définir le modèle de développement futur de l’île.
De son côté, Philippe de Villiers, fier de son bilan à la tête du Conseil Général depuis 20 ans, du succès populaire du Parc d’attraction du Puy du fou, annonce à qui veut l’entendre que la Vendée présente le taux de chômage le plus faible de France.
De Villiers à l’assaut de l’île d’Yeu
La municipalité poursuit sa réflexion sur son devenir, son autonomie économique et sa responsabilité environnementale. C’est ainsi que divers projets sont soumis à étude : Usine de désaliénation des eaux de l’Atlantique, utilisation de la force de la houle pour de la production électrique, implantation d’une centrale photovoltaïque et enfin le sujet de la polémique actuelle, la création d’un parc 120 turbines éoliennes au large de l’Ile d’Yeu. D’une superficie de 70 km2, les éoliennes permettraient d’après les porteurs du projet, WPD Offshore France, d’assurer une production correspondant à 70 % de la consommation de la Vendée.
Dans le cadre du projet, WPD a entamé une campagne d’information et communication auprès des publics concernés, l’opérateur mettant d’après son site Internet, « la population au centre de ses préoccupations ». Cela est dommage, mais parmi les parties prenantes, l’une est loin d’être convaincue par les promesses de WPD, c’est de Villiers en personne. Il aura donc fait adopter par le Conseil Général, le 19 septembre, une résolution « exprimant son total désaccord avec ce projet », puis adressé un courrier à Frédéric Lanoë, PDG de WPD.
(voir document à télécharger en fin d’article)
L’excellent communicant, ancien Secrétaire d’Etat auprès de François Léotard, ministre de la Culture et de la Communication, fondateur d’une radio libre, Alouette FM et d’une école de communication privée, sciencescom, n’en aura pas oublié les médias, s’offrant une pleine page d’explications et d’argumentations dans le quotidien Ouest France, le 18 septembre.
Vents contraires
Dans les propos recueillis par Philippe Cochereau, qualifié notamment de « loufoque et dangereux » le projet qui risquerait de créer « un mur de l’Atlantique »
Féru de références historiques, le Vicomte aura oublié de rappeler que l’Ile d’Yeu fit office de refuge aux troupes anglaises durant la guerre de Vendée, celles-ci ne daignèrent jamais porter secours à l’Armée de de Charrette précipitant sa défaite contre les forces de l’Armée républicaine.
Deux cents ans plus tard, c’est à une nouvelle guerre de Vendée à laquelle nous pourrions assister.
A lire ou relire sur Bakchich.info












