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Les enfants perdus du Sénégal

Festival des Droits de l’Homme / jeudi 11 mars par Anthony Lesme
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Arrivé à Dakar, on est tout de suite accosté par ces enfants en haillons qui se déplacent en bande et font l’aumône. On les appelle "les talibés". Daniel Grandclément met en lumière leur situation.

Il voulait faire un autre film. Une histoire de bateau volé. Mais débarqué dans le deuxième port de pêche du pays, M’bour, Daniel Grandclément est saisi par l’image de ces enfants, titubants, sales, mal habillés, pieds nus, faisant l’aumône pour manger et rapporter de l’argent à leur marabout. Il décide de les filmer, "les Enfants perdus de M’Bour".

On estime les talibés entre 50 000 et 100 000 au Sénégal. Ces jeunes enfants -de cinq à treize ans- viennent souvent des terres, parfois des pays voisins. Ils sont de plus en plus abandonnés par des parents pauvres, bien soulagés de ne plus les avoir à charge ou malheureusement abusés par des marabouts peu scrupuleux, lesquels garantissent leur éducation coranique, de la nourriture, des soins, des habits. Mais la réalité est souvent autre.


Sénégal : "Les enfants perdus de M’bour"
envoyé par bakchichinfo. - L’info internationale vidéo.

Devant les coups et le rythme de vie infernal, le lot quotidien des talibés, beaucoup d’enfants s’échappent et viennent peupler les faubourgs de Dakar. Les fuyards pratiquent la seule chose qu’ils connaissent, l’aumône, et s’abandonnent à la drogue.


Sénégal : "Les enfants perdus de M’bour" (2)
envoyé par bakchichinfo. - L’info video en direct.

Postprod

Depuis la diffusion du film, il y a eu de nombreuses réactions. En France, Thalassa et Daniel Grandclément ont reçu un grand nombre de mails et lettres, (plusieurs milliers) pour protester contre les maltraitances subies par les enfants. De l’argent fut envoyé à des associations ; notamment organisation de défense des enfants de M’bour. Rama Yade, alors secrétaire d’État aux Droits de l’Homme, s’était émue et avait dit qu’elle tenterait d’intervenir pour améliorer la situation des enfants au Sénégal, dont elle est originaire.

Au Sénégal, le Président a fait allusion au film, dans un discours, pour fustiger ceux qui donnaient une mauvaise image de leur pays. Cependant Madame Wade via une amie a demandé au réalisateur une copie du film. L’État a bien sûr voulu réagir en rencontrant Ibrahim, le responsable de l’école coranique. Il a été, parait-il, retenu quelques jours pendant lesquels on lui a expliqué qu’il ne devait pas frapper les enfants. (Parait-il…)

Pour ce qui est de la situation des talibés, Daniel Grandclément constate : « Je ne vois pas ce qui, à court terme pourrait changer l’attitude des Sénégalais à l’égard des talibés. Les conditions économiques, comme les pressions religieuses, toujours plus fortes, ne peuvent qu’accroître le nombre des enfants confiés aux "daaras" ».

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Le film de Daniel Grandclément "Les Enfants perdus de M’Bour" est projeté jeudi 11 et vendredi 12 mars au Festival international du film des droits de l’Homme à Paris.

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Forum

  • Les enfants perdus du Sénégal
    le jeudi 17 juin à 14:53, TSX a dit :

    Notre association TSX vient en aide aux talibés et enfants des rues à Yoff, dans le nord du Sénégal. Si la question des talibés vous intéresse et que vous désirez vous investir (bénévolat, dons…), visitez notre site ! http://tsxdakar.wordpress.com/

    A bientôt,

    TSX

  • Les enfants perdus du Sénégal
    le vendredi 12 mars à 10:48
    Les journaux, qui ont remplacé les curés, aiment montrer des horreurs pour culpabiliser le public. Pourtant, jamais ils ne désignent un quelconque responsable. Tous les organismes nationaux et mondiaux ponctionnent les gens à longueur de temps par le biais d’impôts, de taxes, d’aide au développement et de campagnes de dons attrape-nigauds. Ils gardent les fonds pour organiser des cocktails sans convier les miséreux qui n’ont plus qu’à invoquer la bonté divine pour se nourrir.
  • Les enfants perdus du Sénégal
    le jeudi 11 mars à 23:01, terry a dit :
    Merci de diffuser cette info, c’est idem au Mali, au Burkina-Faso …
  • Les enfants perdus du Sénégal
    le jeudi 11 mars à 19:44, amine a dit :
    Il m’est arrivé de visiter le Sénégal plusieurs fois,j’y ai même travaillé.La vue de ses enfants en guenilles semandant l’aumone à chaque rue de dakar est une chose insupportable à voir et à tolerer.Onvoit les gens les insulter les traiter de tous les noms.Que peut on attendre de ses enfants une fois devenus grand ??Rien de bien malheureusement.un enfant battu,jeté à la rue avec la faim qui le tenaille durant toute la période de sa croissance ne pourra jamais pardonner aux adultes et parents qui l’on loué aux marabouts incultes,esclavagistes et pervers.Je confirme qu’il ya environ 100 000 de ces enfants perdus dans les rues,ce qui ferait 100 000 adultes en mauvaise santé et pas du tout aptes à faire le devoir de citoyen le jour venu.La premiere faute revient aussi aux politiques Sénégalais qui ne levent même pas un doigt pour faire cesser ce commerce.Je dirais même que cette situation les arrange les jours d’elections ou ils vont faire allégeance au chef de ces bandits marabouts pour avoir leur benediction et les voix de ces pauvres heres qui ne peuvent qu’obeir.Le probleme est trop grand pour le faire disparaitre sans l’implication de tous les Sénégalais et de leur gouvernements.
  • Les enfants perdus du Sénégal
    le jeudi 11 mars à 16:34, lejust a dit :

    Je reviens de ST Louis ou j’ai remarqué aussi ces gamins à la mine triste en grand nombre dans les rues et souvent la nuit… "Spectacle" bien difficile à supporter et que je n’avais pas vu auparavant. La situation semble empirer dans ce pays comme dans bien d’autres en Afrique.

    Merci à Daniel GrandClement, dont je me souviens du reportage hallucinant sur les passeurs et les sans-papier,d’aborder ce sujet. Je sais que ca sera traité avec rigueur et humanisme. Chapeau bas à ce grand monsieur

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