Après FO, le syndicat chrétien, la CFTC refuse pour la première fois de signer un accord sur l’assurance chômage. La CGT avait jeté au préalable du grain à moudre dans ce projet. Et c’est une vraie querelle de chiffres qui opposent la CFDT (seul signataire du projet) à la CGT. François Chérèque a confié dimanche au Parisien que« ce sera pour l’assurance chômage plus de un milliard d’euros de dépenses supplémentaires qui seront donnés à des chômeurs qui vont consommer ». Ça donnerait presque envie d’être chômeur…
Les Échos ont développé lundi que « pour arriver à ce chiffre, qui ne prend pas en compte la baisse éventuelle des cotisations, la confédération explique faire la moyenne entre deux estimations : celle, confidentielle, qui aurait été réalisée par la Direction générale du travail, pour qui la réforme couvrirait 220.000 chômeurs supplémentaires pour un coût annuel de 770 millions ; et celle demandée par la CFDT à des économistes qui tablerait sur 350.000 à 400.000 indemnisés de plus pour une dépense de 1,5 milliard. »
La CGT un brin suspicieuse a diligenté une étude à l’Unedic et bien sûr n’est pas tombé sur les mêmes chiffres. Au lieu de 300 à 400 000 demandeurs d’emplois supplémentaires, il y en aurait que… 70 000. Le calcul scientifique qui dépasse les compétences d’un simple journaliste est bien compliqué à expliquer. Mais l’Unedic s’est basé sur 2007 pour faire ses prévisions sur 2009.
Quels objectifs divisent la CFDT et la CGT ?
La CGT dénonce le fait qu’en pleine période de crise, le MEDEF puisse obtenir une baisse des cotisations alors que les salariés pointent de plus en plus au « chomdu ».
Chérèque a annoncé « avoir privilégié les salariés précaires, les jeunes en particulier qui pourront être indemnisés au bout de quatre mois (contre six auparavant). Les plus de 50 ans restent indemnisés pendant trente-six mois. Et l’on a maintenu le système des saisonniers, des intermittents, qui sont aussi des précaires. C’étaient les priorités de la CFDT. »
Chérèque, n’a-t-il pas eu raison d’estimer à la hausse les demandeurs d’emploi, vu le contexte actuel de la crise ?
Vers quels eaux folles et tumultueuses voguent donc aujourd’hui ce projet ? La CFDT pourrait théoriquement signer et faire passer la sauce puisque légalement une seule organisation syndicale (et patronale) suffit mais l’organisation a déclaré qu’elle ne signerait justement pas… seule. Reste donc désormais le dernier des syndicats majoritaires, la CFE-CGC qui pourrait signer le 20 janvier prochain. Le suspense syndical reste entier… Allons-nous vers une renégociation générale ? La CFTC a indiqué qu’elle ne ferait pas valoir son droit d’opposition (droit qui bloquerait le projet). La CGT ne semble pas non plus favorable à cette option. Le projet pourrait donc passer malgré le désaccord des syndicats. Car si on conteste, si on s’abstient de la moindre signature, on décide de ne pas s’opposer, va comprendre Charles ! Alors que les États-Unis de Bush multiplient la durée du chômage par deux ; en France, on la diminue et on baisse les cotisations (plafond à 0,5% par an). Crise, vous avez dit… crise ?
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