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Orange, SFR et Bouygues, prix d’amis pour les juges

Combien ça écoute ? / jeudi 17 décembre 2009 par Woodward et Newton
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Les opérateurs des télécoms ont réservé aux magistrats et aux keufs, un accueil chaleureux et un tarif très incitatif pour leur permettre d’accéder aux informations qu’ils détiennent sur les abonnés.

Ententes illégales, contrats incompréhensibles bourrés de clauses abusives, tarifs excessifs, sans parler de la vague des suicides que semble susciter les conditions de travail chez France Télécom…

Non, décidément, les opérateurs téléphoniques n’ont pas bonne presse ces temps-ci. Et pourtant : dans la plus grande discrétion ce qui ne gâte rien, les exploitants de ces cash machines que sont les abonnements téléphoniques fixes et portables, savent faire preuve d’un civisme extraordinaire lorsqu’il s’agit de prêter main forte à l’État.

Cette demande vous sera facturée…

Vous êtes perplexes ? Prenez l’exemple des tarifs qu’ils appliquent dans le cadre des accords passés avec le comité interministériel (ministère de la Justice, de l’Intérieur et de la Défense) chargé de définir les différentes réquisitions susceptibles de leur être adressées par les officiers de police judiciaire dans le cadre des enquêtes diverses et multiples dont ces derniers ont la charge.

Le juge a une touche - JPG - 23.8 ko
Le juge a une touche
Dessin de Ray Clid

Cette réflexion multipartite du plus grand intérêt pour combattre la criminalité a donné lieu à un document, à ne pas mettre entre toutes les mains, intitulé « Référentiel des réquisitions en matière de communications électroniques ». Il a fait l’objet d’une diffusion sur le site intranet de la Chancellerie à la rubrique « frais de justice ».

On y découvre que les réquisitions ont été classées en plusieurs catégories :

- D’abord, celles portant sur des informations concernant les abonnés ; par exemple l’identification d’un abonné à partir de son numéro d’appel. Mais aussi de sa carte SIM, des moyens de paiement utilisés pour régler ses factures, ou, pourquoi pas, du lieu d’achat de son abonnement.

- Ensuite, les requêtes portant sur des informations concernant le trafic des communications téléphoniques : par exemple la liste des communications et des données techniques des communications reçues et émises par un abonné (les numéros appelants et appelés, les dates, heures et durée des communications). Ou encore le détail de communications émises par un abonné vers une zone géographique déterminée et puis, tant qu’on y est, le détail des trafics d’une zone géographique fixée.

- enfin les informations concernant les documents produits par un abonné au moment de la souscription de son contrat, qui contribuent parfois à faciliter les enquêtes.

Bref, une merveille de fonctionnalité ce référentiel, jetant les bases d’un langage commun aux magistrats, aux enquêteurs et aux personnels des opérateurs permettant, selon ses rédacteurs, « de réduire les risques de divergences de qualification des opérations et favoriser l’automatisation des réquisitions… ».

Alors, elle est pas belle la vie ? Les magistrats ont bien raison d’affirmer qu’on leur fait un mauvais procès en dénonçant la lenteur de la justice. Lorsqu’on leur donne la possibilité d’accélérer la cadence en standardisant les réquisitions judiciaires transmises aux opérateurs téléphoniques, ils répondent présents avec enthousiasme.

Les télécoms à votre écoute

Sans doute impressionnés par tant de motivation, et surtout parce que, au train où vont les choses, ça risque de leur ramener un joli bonus à partir d’informations qu’ils détiennent et ne peuvent facturer à leurs abonnés, les opérateurs ont réservé aux magistrats et aux keufs, un accueil chaleureux et un tarif très incitatif (les prix indiqués sont Hors taxes).

Quant à l’argumentaire commercial élaboré par les opérateurs à partir du fameux référentiel que Bakchich a pu consulter, il pourrait ressembler à ça :

« Identifier des abonnés (avec un minimum d’une vingtaine d’entre eux) à partir de leur numéro d’appel ? On vous en met combien ?

Si les demandes sont effectuées sous forme électronique (FA 01) Monsieur le Juge d’instruction, parce que c’est vous, on vous fait l’identification à 0,65 euros par numéro.

Par contre, si les demandes nous sont transmises sous forme papier (FA 02), alors là, c’est 8,50 euros par numéro. Désolés, mais faut vous mettre au goût du jour…

Vous voulez identifier un abonné à partir d’un nom patronymique (FA 10) ou d’une raison sociale ? (FA 11) : Pas de soucis, envoyez 13 euros ! Idem si vous voulez l’identifier à partir de l’adresse de son installation téléphonique (FA 20).

Nous avons également en magasin, très tendance actuellement, l’identification d’un point de vente à partir d’une carte prépayée (FA 30) qu’on vous brade à 17,50 euros…

Pourquoi vous ne profitez pas de notre promotion FA 40 à 17,50 euros également ? Pour ce prix là, à partir d’un moyen de paiement on vous fournit le numéro d’appel et l’identification de l’abonné par dessus le marché !

Au même tarif de 17,50 euros, on peut aussi, à partir d’un numéro d’appel, (FA 41) vous fournir l’identification de l’abonné et la manière dont il paye nos factures ; comme ça vous gagnerez du temps pour lui étouffer son compte en banque… Autrement plus efficace qu’une recherche à partir du fichier FICOBA pour lequel, vos collègues des impôts vont vous demander la date de naissance de l’abonné et tutti quanti…

Au fait, on peut aussi identifier un abonné ADSL – les innocents se ruent vers nos offres ’triple play’ - et son fournisseur d’accès internet pour 8,50 euros…

Bien entendu, au tarif prévu à l’article R 213 du code de procédure pénale, on peut aussi vous fournir une copie de son contrat d’abonnement (FD 10), des documents annexés à son contrat d’abonnement (FD 11) voire même de sa dernière facture (FD 12) le tout sous un délai d’un mois… ».

Qui a dit que la vie c’était simple comme un coup de fil ?

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  • Orange, SFR et Bouygues, prix d’amis pour les juges
    le mercredi 6 janvier à 23:44, hedona a dit :
    Orange a le plus grand mépris pour ses clients. J’ai du faire appel à un médiateur pour obtenir gain de cause, pour plusieurs méfaits de leur part. Ce FAI ne répond jamais aux courriers, même envoyés en AR. J’ai attendu un an pour qu’ils me remboursent les 49 euros d’un décodeur TV, que je ne pouvais utiliser et que je leur avais renvoyé dans les 48 heures. Même pas une lettre d’excuse pour cela. Il faut aussi attendre des heures pour obtenir un soi-disant conseiller technique, qui une fois sur deux ne comprend pas votre question ou ne sait quelle réponse vous donner. Pire, certains n’ont même pas l’historique de votre compte. Les pauvres clients que nous sommes n’ont le droit qu’à un seul numéro : le 39 00, pour obtenir un conseil, que ce soit pour l’informatique, l’ADSL, le téléphone fixe ou la TV, alors que les médiateurs, eux, sont mis en relation avec la "bonne personne" et alors comme par miracle vous avez un interlocuteur compétent qui vous appelle. C’est une honte. Et quand vous résiliez 3 mois avant l’échéance prévue, ils vous mettent en demeure de payer immédiatement, avant même de répondre à votre courrier, dans lequel vous demandez une explication. Et lorsque vous remettez votre Livebox dans une boutique Orange, cela ne les empêche pas de vous envoyer au moins 4 lettres de relance, "c’est la faute de l’ordinateur bien sûr. Il faut boycotter Orange. J’ai envoyé tous mes courriers à l’INC.
  • Orange, SFR et Bouygues, prix d’amis pour les juges
    le dimanche 3 janvier à 22:47
    Cela fait longtemps que cela existe dans le cadre d’une réquisition faite par un officier de police judiciaire,(rien a voir avec le juge d’instruction) par contre les tarifs pratiqués par les opérateurs sont prohibitifs et ce sont avec nos impots que la justice paye, tout ça pour résoudre des enquête dont vous êtes les victimes.
  • Orange, SFR et Bouygues, prix d’amis pour les juges
    le samedi 19 décembre 2009 à 03:26, Jacques-Marie Bichot a dit :
    Je ne comprends pas l’article. Qu’y a-t-il de choquant ? La vérification de la légalité, l’extraction des données et la réponse à ces réquisitions sont coûteuses. Pourquoi l’entreprise devrait faire ce travail gratuitement ?
  • Détournement de crédits
    le jeudi 17 décembre 2009 à 11:21, Bolzano a dit :

    On est content que les budgets déjà pas épais de la justice aillent conforter les bénéfices bien nourris des opérateurs, en tant que contribuable ça me fait chaud au coeur de payer pour qu’autant de joyeux intermédiaires fassent des bénéfices au nom du service public.

    Si des journalistes ont du temps à enquêter, il y a aussi les analyses toxicologiques et autres ADN très tendance aussi qui sont de bonnes grosses vaches à lait aux frais de la justice.

    Yahoo a aussi laissé fuiter des conditions pas piquées des vers pour aider la justice de son pays à son portefeuille défendant.

  • Orange, SFR et Bouygues, prix d’amis pour les juges
    le jeudi 17 décembre 2009 à 07:39, ffoleb a dit :

    Je me régale à l’idée que désormais tout juje iendépedant pourra en qulques clicqs,connaitre à la vitess de la lumière, les infos nécessaires à son enqqète sur n’importe quel mis en cause et sans être bridé par le parquet

    Petit à petit l’usge du net s’imposera au grand dam de tous les arnaqueurs de la république de gauche comme de droite.

    • Orange, SFR et Bouygues, prix d’amis pour les juges
      le jeudi 17 décembre 2009 à 23:57
      Sauf que, comme vous ne l’êtes pas au courant, le Juge d’Instruction, seul juge indépendant, tend à être supprimé.
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