Intervention de Mme Hélène Flautre (Verts/ALE) lors de la séance plénière du Parlement européen, le lundi 14 décembre 2009.
Monsieur le Président, voici un extrait de la lettre écrite par William Bourdon, avocat de Taoufik Ben Brik, à M. Sarkozy, président de la République française : "j’ai eu l’occasion de dénoncer, comme tous ses avocats tunisiens, la mascarade judiciaire à l’issue de laquelle Taoufik Ben Brik a été condamné, sans examen au fond, à une peine ahurissante de six mois de prison ferme. Je puis attester de façon absolument formelle du fait que le dossier de procédure qui a fondé cette accusation a été totalement fabriqué et s’inscrit dans une logique de vengeance personnelle du président Ben Ali. Toute cette année 2009, il n’a pas pu voyager car sa fragilité immunitaire est telle qu’il est toujours en risque d’être exposé à de graves pathologies. Je crois comprendre que sa famille arriverait à lui acheminer les médicaments qui lui sont indispensables mais sans en être certain. Ses avocats tunisiens n’ont accès à leur client que de façon intermittente et certains d’entre eux sont systématiquement écartés de toute possibilité de lui rendre visite. Son épouse n’a pu le rencontrer que quelques minutes il y a quelques jours, sans avoir pu le revoir à nouveau". Monsieur le Président, s’il vous plaît, écrivez aux autorités tunisiennes pour libérer Taoufik Ben Brik.
REPORTERS SANS FRONTIERES, 17.12.2009
Cri d’alarme de l’épouse de Taoufik Ben Brik, gravement malade en prison
« Sa libération est une question de vie ou de mort aujourd’hui », a déclaré Azza Zarrad, l’épouse du journaliste Taoufik Ben Brik, à Reporters sans frontières, après avoir pu rendre visite à son mari incarcéré à la prison de Siliana. « Il est malade, souffrant toujours de diarrhée. Je l’ai trouvé beaucoup amaigri et affaibli. Sa vie est en danger », a-t-elle ajouté, très inquiète.
Son épouse, son frère Jalel Zoghlami, ainsi que sa sœur Saida ont pu rendre visite à Taoufik Ben Brik, le 16 décembre 2009. Toutefois, les autorités en charge de la prison ont refusé à sa tante, Khalouia, âgée de 80 ans, qui avait fait le voyage depuis Le Kef (170 km au sud-ouest de Tunis), de le voir.
La veille, le 15 décembre, deux des avocats du journaliste, Maîtres Mohammed Abou et Ayashi, se sont également vu refuser une visite à leur client.
Arrêté le 29 octobre 2009, Taoufik Ben Brik a été placé sous mandat de dépôt pour “atteinte aux bonnes mœurs”, “diffamation”, “agression” et “détérioration des biens d’autrui”. Par cette affaire montée de toutes pièces, les autorités lui font ainsi payer ses articles pour le Nouvel Observateur et le site Mediapart. Incarcéré à la prison de Mornaguia dans la banlieue de Tunis, son procès s’est ouvert le 19 novembre, au palais de justice de Tunis (http://www.rsf.org/Proces-de-Taoufik-Ben-Brik-Verdict.html). Condamné le 26 novembre à 6 mois de prison, il a été transféré depuis à la prison de Siliana, à 130 km de Tunis (http://www.rsf.org/Taoufik-Ben-Brik-transfere-a-200.html)
Taoufik Ben Brik est atteint du syndrome de Cushing, maladie dégénérative des défenses immunitaires. Son état de santé nécessite un suivi médical régulier. Il est indispensable qu’il soit placé dans un endroit propre et chauffé. Il a collaboré à de nombreux journaux francophones et à des agences de presse indépendantes en France, en Suisse et en Belgique. Ecrivain, il est l’auteur de “Une si douce dictature. Chroniques tunisiennes 1991-2000“ paru aux éditions La Découverte en 2000, et de “Le Rire de la baleine“ paru au Seuil en 2000.
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