Marx revient à la mode. On en oublie son jumeau, Engels. Freidrich pour les intimes. Les deux hommes étaient inséparables. Malheureusement pour Engels, l’histoire qui réduit les faits, les caricature, accroît les déséquilibres, fait disparaître les subtilités, l’a fait progressivement disparaître du premier plan. Engels, le fils d’industriel, est devenu l’ami généreux qui permit à Marx de révolutionner les sciences sociales et de penser la révolution.
La réalité est beaucoup plus complexe, beaucoup plus subtile. Engels, ce n’est pas uniquement les jambes, c’est aussi un partenaire de réflexion extraordinaire, voire même un intellectuel autonome.
Fils d’un petit industriel allemand, en 1842 il va s’installer à Manchester en Grande Bretagne. Il est chargé de gérer une filature où son père à des intérêts. La révolution industrielle est en plein développement. Engels va profiter de sa situation pour écrire. Il témoigne. En 1844, lorsqu’il va vraiment rencontrer Marx, il avait déjà rédigé : « La situation des classes laborieuses en Angleterre dans les grandes villes ». C’est à partir de ce texte que va naître le concept marxiste de prolétariat.
Ce texte, très agréable à lire, très intelligent, vient d’être republié chez Mille Et Une Nuits, avec une postface de Jérôme Leroy.
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