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CULTURE / CHRONIQUE CINÉMA

[Rec] 2 : les zombies font l’Espagne

mercredi 23 décembre 2009 par Marc Godin
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Les morts-vivants espagnols de Rec reviennent. Un énorme roller-coaster de l’horreur, authentiquement terrifiant, supérieurement mis en scène. Interview des deux réalisateurs.


- Est-ce que vous avez fait cette suite pour une autre raison que l’argent ? (Long silence et air consterné de Jaume Balagueró et Paco Plaza.)

- Je rigole les gars, j’ai adoré votre film.

Jaume Balagueró : On l’a fait pour l’argent, bien sûr mais pas seulement. Le premier, c’était vraiment une expérimentation. Nous ne savions même pas s’il sortirait en salles, nous ne pouvions donc pas imaginer son triomphe mondial. L’enthousiasme du public nous a contaminé.

- On sent vraiment l’influence de James Cameron. Comme dans Aliens, les héros sont des militaires et le filmage se fait grâce à des caméras fixées sur leurs casques.

J. B. : Pour nous, Aliens est la suite parfaite : fidèle au premier, mais aussi plus grand, plus fort, avec un changement de genre. Mais pour être honnête, on ne se souvenait plus des caméras sur les casques.

- Je trouve que [Rec] 2 est un des films les mieux réalisés de l’année. Avec le dispositif de la caméra subjective, mais aussi cette idée d’arrêter le film après 40 minutes et de recommencer avec un autre point de vue.

Paco Plaza : En fait, on voulait sortir simultanément deux suites à [Rec] deux films qui se complètent et qui s’imbriquent. A cause de problèmes de distribution, nous n’avons pas pu le faire. Nous avons gardé l’idée et nous avons tout mis dans celui-ci.

- Malgré le succès du premier, vous avez fait le second avec la même équipe et sensiblement le même budget.

J. B. : Absolument. Sauf que nous avons eu six semaines pour celui, alors que nous avions bouclé le premier en quatre.

- Dans cette suite, on découvre avec stupéfaction que les morts-vivants ne sont pas du tout des zombies !

P. P. : C’était déjà en germe dans le premier, à la fin, on donnait cette piste dans le grenier, avec les journaux sur les murs. Mais les gens étaient tellement terrifiés qu’ils n’ont rien vu.

- Quand les montres attaquent, ils me font penser à des incarnations de la peinture de Francis Bacon.

J. B. : J’adore Bacon, mais ce n’est pas voulu. On a beaucoup joué avec l’imperfection de la vidéo lors des attaques, d’où les effets esthétiques, flous, l’image qui saute…

Vous avez choisi l’acteur qui joue le prêtre à cause de ses qualités de comédien ou parce qu’il ressemble à Max von Sydow ?

(Ils se marrent) J. B. : Il est très physique et son visage, comme celui de Ron Perlman, est incroyable. Il a presque une dimension comique.

- Pourquoi il y a-t-il cette vague de films d’horreur espagnols ? A cause de la religion ou du fait que vous avez été isolés du monde à cause du franquisme pendant toutes ces années ?

P. P. : Je ne sais si la religion ou le franquisme ont été déterminants. Il y a simplement une nouvelle vague de réalisateurs qui ont grandi en regardant des films d’horreur. En Espagne, "Le Jour de la Bête", d’Alex De La Iglesia a été fondamental. Ça a été une révélation, la preuve que nous pouvions nous aussi réaliser ce genre de film.

- Il y aura-t-il un [Rec] 3 ? (Silence énigmatique) Jaume Balagueró : Pas tout de suite. Nous allons travailler sur nos projets respectifs. Paco Plaza : Je ne veux plus bosser avec ce mec (ils se gondolent).

[Rec] 2 de Jaume Balagueró, Paco Plaza Avec Manuela Velasco, Óscar Sánchez Zafra, Ariel Casas. En salles le 23 décembre.


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