Taïaut, sabre au clair ! Menacé à Nice par le sous-ministre Christian Estrosi, candidat à la municipale de 2008, Jacques Peyrat, maire UMP depuis 1995, se drape dans son honneur d’ancien para pour expliquer le maintien de sa candidature. « Le combat ne cesse que par la victoire ou la chute, mais ne se magnifie d’aucune manière par la fuite », écrit-il le 30 novembre à ses adjoints. Capitaine d’un navire qui prend l’eau, menacé d’intentions de vote en chute libre, embarrassé par les affaires judiciaires qui encerclent la mairie, il coulera avec panache, croit-il. Pour ce faire, il a adressé à toute son équipe copie de la lettre reçue de son ancien chef, Georges Oudinot, un fidèle soutien, qui lui tresse des lauriers.
Commandeur de la Légion d’honneur, le vieux monsieur a pris sa plume pour son « cher camarade ». Quelques lignes qui vont droit au cœur de Peyrat, mais qui tombent pourtant des mains. « Tes électeurs d’hier sont visiblement des “professionnels de la gamelle” qui ne reculent devant rien pour arriver à leurs fins… mais ils ne sont pas excusables pour autant », écrit-il. Lui aime la France, pas les autres, à le lire : « C’est la France, une France pour laquelle on a tant donné… ».
Le brave monsieur Oudinot félicite le maire de Nice, son ancien troufion : « J’ai lu que tu avais refusé un “plat de lentilles”… Personne n’en est surpris ! Avoir osé te le proposer prouve leur bassesse et leur triste façon de considérer les responsabilités électives et parlementaires comme autant de sinécures… » Le voici qui s’emballe, le sang monte à la tête du retraité devant tant d’outrecuidance : « Ce sont des ignobles à te traiter comme tels ! Ils pullulent dans l’équipe du “Hongrois”… » Mais de qui veut-il bien parler… ? Sarko, peut-être. N’en pouvant mais, l’ancien chef para prodigue ses derniers conseils au maire de Nice menacé par « l’ignoble » Estrosi : « Para un jour, para toujours ! Crache leur, à ces minables, que tu as été un soldat volontaire au service de ton pays, puis un élu et un maire exclusivement au service de sa ville et de ses concitoyens ». Quelques perles parachutesques pour la route : « Puisqu’ils t’y forcent, marche au combat comme un Para, tête haute avec ceux qui voudront bien se battre honnêtement à tes côtés. S’ils veulent t’abattre, ils t’abattront peut-être… Mais tu auras tenu comme un chêne, debout jusqu’à l’ultime coup de hache ». Signé : « le vieux maréchal »…
De quoi monter à la tête de Jacques Peyrat, ex-compagnon de route du Front national et dont le bureau d’avocat a longtemps affiché au mur le drapeau français. Le voilà qui fait circuler cette lettre, sans douter. Un sondage daté de fin septembre lui accordait 10% d’intentions de vote contre 50% au poulain de Sarkozy. Avec de tels soutiens, le para Peyrat s’apprête à jouer sa dernière bataille.











