L’arrestation du journaliste Taoufik Ben Brik et sa condamnation à 6 mois de prison ferme a stimulé une vague de protestation au sein de l’opposition tunisienne et a bénéficié d’une grande couverture médiatique en France et, ailleurs, beaucoup d’encre a coulé pour dénoncer cette arrestation et contester cette condamnation. Journalistes, écrivains, avocats, cinéastes, défenseurs des droits de l’homme, militants politique, amis,… un seul mot d’ordre : « libérez Ben Brik ».
Mais le cas du journaliste opposant n’est pas isolé de tout un processus de répression méthodique qui s’est amplifié durant et après la période électorale. La répression est devenue une marque déposée tout comme l’harissa tunisienne.
Au delà de ceux dont on entend parler tel Radhia Nasraoui, Sihem Bensedrine, Nejib Chebbi ou Hamma Hammami… Il y a ceux qui subissent les pires des sorts qu’on puisse infliger à l’être humain. Dans un silence morbide de jeune étudiants militants de la centrale syndicale estudiantine UGET croupissent dans les geôles tunisiennes. Mohamed Soudani (exclu de l’université à cause de ses activités syndicales et politiques a observé l’année dernière une grève de la faim de 58 jours), a été enlevé le 22 octobre 2009 suite à une interview accordée à deux journalistes français, torturé et condamné à quatre mois de prison ferme lors d’un procès inique.
Anis Ben Fraj, Dhamir Ben Alaya, Rafik Zghidi, Sahbi Brahim, Abdelwahab Arfaoui, Abdelkader Hechmi, Ridha ben mansour, Nabil Balti, Achref Mbarki, Monther Toumi, Nazih Kahri, Mohsen Bannani et Omar Ilahi sont treize étudiants arrêtés le 1er novembre après avoir participé à un sitting pour réclamer le droit au logement universitaire. Ils comparaîtront devant le tribunal le 30 novembre et il n’est pas exclu qu’ils subissent le même sort que Mohamed Soufani qui n’a même pas eu droit à un avocat.
La protestation est un délit en Tunisie. Le soutien est aussi un délit. La répression est une partie intégrante de la politique tunisienne. Le fait que l’opposition tunisienne subisse une répression féroce n’est pas un scoop, la petite différence cette fois, c’est que c’est (peut-être) le dernier mandat de Ben Ali, que la guerre de succession est à son apogée. Il sera donc nécessaire de retracer les lignes rouges et de maîtriser tous ceux qui protestent pour préparer un terrain favorable à l’héritier.
Comité de soutien aux militants de l’UGET
Uget.solidarite@gmail.com
Concert de soutien aux étudiants emprisonnés le jeudi 3 décembre au 21 ter rue Voltaire, à Paris, à partir de 19h.





