« Sans doute l’Ecole nationale de la magistrature ne dispense-t-elle pas de cours de géographie. Ni de géopolitique. Ou certains magistrats appliquent-ils avec trop de fermeté le principe de justice aveugle… »
Ayant reconnu "Rajiv" comme mon client à la lecture de votre article, je vous précise que j’opte pour la seconde solution.
En effet il suffisait d’ouvrir le dossier pour constater que "Rajiv" est de nationalité française, d’origine indienne et n’a donc aucun lien avec le Pakistan. Et qu’il n’a jamais été condamné.
S’il s’était simplement relu, le magistrat qui a incarcéré "Rajiv" au motif qu’il est Pakistanais et risquait donc de fuir au Pakistan avant son procès, aurait réalisé qu’il le disait Français en page 1 et Pakistanais en page 2 de son ordonnance de placement en détention provisoire.
« Une faute impardonnable »
Quand la liberté d’un homme est en cause, faire montre d’une telle légèreté est une faute impardonnable.
De plus errare Humanum est, Sed perseverare diabolicum : le même juge, saisi par Rajiv d’une demande de mise en liberté, ne va pas même reprendre le dossier (ce qui lui aurait permis de réaliser son erreur initiale) mais va se contenter d’un…copier -coller de la première ordonnance, rendant une décision quasi identique où Rajiv est, à nouveau, qualifié de Pakistanais.
Là, nous confinons au « j’men foutisme ». La détention, c’est simple comme un « copier coller »…
« Le vendredi, c’est Paki »
Mais il y a encore plus grave : Rajiv saisit la Chambre de l’Instruction de la Cour d’Appel de Lyon, de cette erreur manifeste d’appréciation. Et là, surprise : au jour de l’audience, se trouve un ressortissant indien qui saisit la Cour pour exactement le même problème avec le même magistrat ! Magistrat pour qui, le même jour, tout le monde semble décidément avoir été qualifié de Pakistanais. Bref, à Lyon, devant le juge de la liberté et de la détention, mieux vaut ne pas être déféré un vendredi… car « le vendredi, c’est Paki » !
Ce magistrat qui voit des Pakis partout, et s’en sert pour motiver des placements en détention provisoire, devrait demander une autre affectation. Visiblement il est las de son poste de Juge de la Liberté et de la Détention, au point de perdre tout discernement et de ne plus traiter les dossiers avec l’attention et le sérieux nécessaires. Et à se contenter de « copier-coller » ce qui l’empêche de déceler ses erreurs initiales.
Cela pourrait être comique si le sort d’un homme (et de sa famille qui, pendant son temps d’incarcération, s’est vue plongée dans la plus grande précarité) n’était pas en jeu.
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