Consternés. Les conseillers en communication de Ségolène Royal étaient consternés de l’interview dans Match, avec en titre, à la Une « J’ai cicatrisé ma blessure ». Et pas très ravis non plus des photographies : dans sa chambre d’hôtel, avec le lit en arrière plan, dans son jardin, à Boulogne, cueillant des fleurs. On ne peut pas faire plus people, plus bas de gamme. D’autant plus qu’il n’y avait aucun message politique nouveau. Rien. Elle répétait ce qu’elle a dit aux universités d’été du PS à La Rochelle, à savoir qu’elle avait eu raison avant tout le monde sur les 35 heures, la valeur travail, la sécurité…
Pas grand-chose sur sa stratégie non plus. Alors quoi ? Ségolène Royal joue à fond le « people » pour entretenir sa notoriété et sa cote de popularité ? Pas du tout. Un de ses proches s’est livré à une exégèse du texte. Et il en a conclu que cette interview était un message envoyé à François Hollande, les deux étant incapables de se parler.
À plusieurs reprises, dans cette interview, elle évoque sa vie privée : « J’ai tourné une page sans renier la part de bonheur qui fut la nôtre et sans ressentiments inutiles… J’ai eu la chance d’être très entourée : dans ces moments-là, c’est précieux. C’est ce qui m’a permis de me rétablir assez vite et de cicatriser la blessure en allant de l’avant. » Mais le passage important, c’est lorsque la journaliste lui demande : « Avez-vous réellement dit, comme l’assure dans le Point, quelqu’un de votre entourage : “Si je lui demande, il revient” ». Elle aurait très bien pu refuser de répondre à cette question d’ordre très personnel. Ou éluder. Or voici sa réponse : « C’est tout le contraire. Je lui souhaite sincèrement d’être heureux. Et je garde au père de mes enfants la part de considération que ce lien avec eux implique et qu’ils doivent garder. »
Une phrase alambiquée, qui trahit bien sa gêne. Car effectivement, tous ses proches en sont témoins, elle envisageait une réconciliation. La rupture n’était pas définitive, malgré la phrase très sèche, révélée par les auteurs de Coulisses d’une défaite : « J’ai demandé à François Hollande de quitter le domicile et de vivre son histoire sentimentale de son côté ». Ce dernier lui avait demandé l’été pour réfléchir. Mais les photos publiées par les magazines people durant l’été, montrant le premier secrétaire du PS dans des postures tendres, ont mis fin a ses espoirs de réconciliation. Ces photos l’ont blessée. « J’en ai souffert », a-t-elle confié à quelques journalistes à La Rochelle. Et en même temps elle a déclaré qu’elle était contente qu’elles soient sorties. « Désormais les choses sont claires pour les Français ». Autrement dit, c’est François qui est volage. La vérité a éclaté. Grâce à cette presse people si décriée !










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