En réponse aux violentes charges de Bernard-Henri Lévy contre Jean-Pierre Chevènement dans son dernier livre Ce grand cadavre à la renverse (paru aux éditions Grasset), le « croupier de casino » (p.176) ripostait dans Le Point du 4 octobre : « Je ne souhaite pas polémiquer avec une personne que je ne considère pas de mon niveau ».
Dans son blog, le 9 octobre, Chevènement complète sa réplique, déclarant que « Bernard-Henri Lévy est à lui seul une métaphore de l’idéologie dominante, (…) celle du capitalisme financier globalisé : le petit télégraphiste de l’Empire ».
Sévère revers. Il faut dire que les attaques provocatrices du « philosophe » sont brutales. Chevènement n’a pas seulement « fourgué sa camelote à la candidate » Ségolène Royale ( p. 181). Ce « mauvais génie » de la campagne présidentielle est aussi Maurrassien, patriote germanophobe ; « du temps qu’il y avait une Union soviétique », Soviétophile décomplexé (p. 178), conservateur (« Jeanne d’Arc. Les terroirs. »), ou encore défenseur de Saddam Hussein « et de sa prétendue laïcité » (p. 179). Les ennemis s’agrippent dur.
Mais à quoi auraient ressemblé les objections de Jean-Pierre Chevènement s’il s’était procuré, à l’instar de Bakchich, la version non expurgée du livre de BHL ?
Petit état des lieux. Off. D’abord, après que BHL a affirmé que « toutes les organisations politiques qu’il (Chevènement) a personnellement dirigées, ou inspirées, ont toujours fonctionné comme des passerelles en direction de la droite, la vraie, la dure, parfois l’extrême », l’auteur accusait le républicain souverainiste d’être un « solide agent » de la « synthèse national-bolchévique » et d’avoir contribué à son élaboration, notamment via son incursion au CERES en 1984 (p. 178). Et il enchaîne. Chevènement est un proche de Jean Thiriart, qui « a commencé sa carrière politique aux « Amis du Grand Reich Allemand » et est resté, jusqu’à sa mort, l’un des vrais nazis français » (p. 179).
Sur le même registre, BHL accuse son bouc émissaire d’avoir, « et alors qu’il était ministre de l’intérieur », chargé Cohn-Bendit de la façon suivante : non seulement il est anarchiste et un « représentant des « élites mondialisées » et « mercantilistes » », mais aussi « juif » et « allemand » (p. 179). Bernard-Henri Lévy a dû se dire qu’une accusation d’antisémitisme en sus d’une accusation de racisme (celle-là envers Henri Guaino) ferait un peu trop. Mais il ne vous était pas nécessaire d’effacer toutes ces diatribes cher BHL, « l’encre est si vite sèche » !










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