Nos services secrets devraient passer des petites annonces sur Internet. La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a toutes les peines du monde à recruter, malgré le renforcement voulu de ses effectifs. Plusieurs grands pontes du ministère de la Défense, qui a la tutelle de la DGSE, l’ont confié le 10 octobre, à une poignée de députés de la commission de la défense qui les auditionnaient. Selon Michel Miraillet, directeur des affaires stratégiques, la DGSE n’a pas consommé tous ses crédits 2007, « en raison de difficultés récurrentes pour le recrutement de certains spécialistes – linguistes rares et spécialistes des techniques informatiques et des systèmes d’information ». L’amiral de Saint-Salvy a précisé qu’il y avait actuellement 80 postes vacants à la DGSE, laquelle emploie environ 4 500 personnes (dont les deux tiers de civils). Et 16 postes devraient venir s’y ajouter en 2008, notamment du fait de la montée en puissance d’un nouveau centre de calcul à la DGSE.
Les spécialistes de farsi, de pachtoun ou de langues orientales rares ne courent pas les rues. Et les informaticiens ou autres as des télécoms et de la cryptographie, qui s’arrachent à prix d’or, préfèrent les stock-options des start-ups et le confort des grands groupes. Tandis qu’aller bosser tous les jours à la « Piscine », surnom du siège parisien de la DGSE, boulevard Mortier, sans pouvoir dire à ses amis ce qu’on y fait, n’est guère sexy. De plus, les salaires dans les Services sont encore trop bas pour attirer les compétences recherchées, reconnaît l’amiral de Saint-Salvy. Du coup, dit-il, la DGSE « a choisi de limiter ses recrutements tout en maintenant la masse salariale afin de dégager des moyens lui permettant d’aligner ses offres de rémunération sur celles du marché ». Un petit effort pour attirer des experts mieux payés. La nouvelle « direction des ressources humaines » de la DGSE, créée l’an dernier, est, paraît-il, sur le pied de guerre…










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