Les perles de Paris Match au Maroc. Journaliste à Match, Caroline Pigozzi ne manque pas d’humour sur elle même. Relatant avec force pommade le voyage de Sarkozy au Maroc, le "président impressionné par le protocole séculaire" marocain, elle raconte la conférence de presse donnée par Sarko et s’étonne qu’aucun journaliste ne se soit levé à son entrée : "Il n’est plus de mise à se lever lorsque le chef de l’Etat apparaît devant les journalistes, ce n’est pas tendance. Seule à m’être dressée, j’ai l’air d’un palmier". Oui, Caroline, c’est exactement ça. La journaliste, qui ne fait pas mystère dans Paris de partager la vie de Jean-René Fourtou, à la tête du conseil de surveillance de Vivendi, trouve le moyen de le citer dans son papier. Ca, c’est du journalisme.
DSK publie son salaire dans un FMI en crise. Le nouveau directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn a fait un geste fort pour son entrée en fonction en publiant hier le montant de son salaire : 421.000 dollars "nets d’impôts" , auxquels s’ajoutent une "dotation annuelle de 75.350 dollars, plus les frais" , selon le FMI. Une vraie misère, vu le cours actuel du dollar. Dévoiler le salaire du président est une première au FMI, et une opération de com’ plus ou moins bien vue à un moment où l’institution traverse une crise de légitimité : les pays en voie de développement y contestent la mainmise occidentale et les altermondialistes critiquent son "libéralisme" aveugle. Et surtout de gros problèmes financiers - 110 millions de dollars de pertes sur le dernier exercice clos fin avril, et le double prévu pour celui en cours, pour un budget annuel de fonctionnement d’environ un milliard de dollars -, qui risquent d’entraîner une vague de licenciements dans les prochains mois. Les 2.691 salariés du FMI sont donc en sursis, mais leur nouveau président a déclaré vendredi que "rien n’est encore décidé" quant au plan social. Si Sarko, en visite chez Bush, croise DSK à Washington mardi, entre petits fours et champagne, ils pourront toujours parler de leurs salaires…
Jean-Michel Aulas dissuade les libraires. Le patron de l’Olympique Lyonnais dribble ces jours-ci dans les bureaux de la grande distribution. Le livre enquête de Thomas Nardonne « Aulas, l’enquête impossible » est aussi difficile à trouver dans une Fnac qu’un ballon du PSG au fond des cages d’un club adverse. Petit test effectué dans la plus grande des Fnac, celle du Forum des Halles. Pas de linéaire pour le titre, juste quatre exemplaires glissés de façon verticale dans le rayonnage sport. Un vendeur, questionné sur le sujet, note que les commandes n’ont pas été suivies d’effet. Jean-Michel Aulas, de patron à patron, à décroché son téléphone pour dissuader les grandes enseignes du livre de mettre en avant ce livre fort déplaisant à son égard. Denis Olivennes, sur le départ à la Fnac, a appliqué une sage politique : que chaque magasin dispose de trois quatre exemplaires. Ainsi, l’accusation de censure tombe à l’eau. Mais bon courage pour l’acheteur potentiel.
Tunisie : Christian Malar caline Ben Ali. Le président Zine el-Abidine Ben Ali est soigné aux petits oignons dans le mensuel Arabies, qui sort ce week-end, à propos des vingt ans de sa présidence. Christian Malar, de France 3, y publie un long et gentil entretien. Extrait des propos de Ben Ali : "En Tunisie, nous sommes parvenus à nous prémunir contre l’intégrisme et la menace terrorisme grâce à une stratégie de développement globale et solidaire qui repose sur la justice sociale, la réduction des inégalités et la promotion des couches les plus défavorisées. Nous y sommes parvenus, grâce également à l’ancrage des principes de modération, d’ouverture et de tolérance dans notre société. Notre système éducatif a été entièrement réformé et ses programmes mobilisés de façon à développer chez les jeunes générations le sens critique et l’ouverture sur le monde. Nous avons renforcé le rôle de la femme dans la société et consacré l’égalité en droits et en devoirs des citoyennes et des citoyens. L’œuvre de démocratisation continue, menée dans le pays, a favorisé l’émergence d’une société équilibrée et homogène". Ca, c’est du journalisme.







