Ancienne employée de Lagardère et Elf, magistrat, Rachida Dati pensait être en pôle position pour devenir première beurette de France, sitôt son mentor Nicolas Sarkozy élu. Mais la rude concurrence au sein du pool franco-maghrébin de Sarko l’oblige à en remettre un couche. Résultat, un bel entretien livré à Libération, un quotidien marocain (le pays de sa mère), où dame Dati réalise un exercice de haute volée, entre défense de son patron et publicité personnelle.
En hors d’œuvre, la conseillère de Sarko se livre à une présentation toute simple. « Aujourd’hui, je suis magistrate, conseillère du numéro deux du gouvernement et candidat pour être président de la République ; donc en valeur absolue, cela n’a rien d’exceptionnel. Mais en valeur relative, c’est un peu exceptionnel ». Sarkozy candidat à la présidence : une innocente phrase qui permet de louer le patron, ou de le défendre face à l’insolente mauvaise foi journalistique. « Je vous mets au défi de trouver une disposition en terme pratique qui soit anti-immigré ou anti-immigration, il n’y en a pas ». Et grand dieu non, les lois Sarkozy ne vont pas piller les cerveaux africains, « parce que dans l’immigration choisie, vous pouvez choisir un ouvrier. Elle est choisie à tout niveau, ça peut être un étudiant, un ouvrier ou un cadre. » Les présidents africains, le Sénégalais Wade en tête, n’ont donc rien compris et se sont bornés à faire des « déclarations politiques ». Et toc ! Ensuite revendiquer sa part de travail : « je viens de faire adopter en conseil des ministres la loi sur la prévention de la délinquance ».
Final en forme d’apothéose, la magistrate française offre ses services pour améliorer l’image du royaume chérifien, tout en regrettant que « le Maroc ne fasse pas appel à nous (…).J’ai toujours entendu dire au plus haut niveau de l’Etat qu’on était les bienvenus et qu’on était des Marocains. Tant que ce discours ne sera pas contredit, je continuerai à me battre pour mettre le pied dans la porte de ce pays. »
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