BAKCHICH TV

Votre site préféré inaugure son nouveau portail

mercredi 19 novembre
Informations, enquêtes et mauvais esprit sont maintenant en vidéos.
Bakchich.info
NIOUZLETTEUR
BAKCHICH HEBDO
Dans la même rubrique
RÉCLAME
Avec les mêmes mots-clés
Du(des) même(s) auteur(s)
SARKO & Cie

Merci les cheminots… Merci Sarko

Coup de gueule / mercredi 21 novembre 2007 par Vanessa Serarien
Version imprimable de cet article Version imprimable
Recommander à un ennemi

La grève dans les transports entame sa deuxième semaine, sur fond de pouvoir d’achat, de réforme des retraites. Pourtant, Sarko Ier a déjà tout lâché.

On ne remerciera jamais assez les cheminots. C’est ironique, bien sûr. Oh, pas pour les grèves. On est capable de comprendre. D’ailleurs, les Français la supportent plutôt stoïquement, alors que franchement, dans la très grande majorité, ils ont des soucis bien plus graves que ceux qu’évoquent les salariés de la RATP et de la SNCF. Tout le monde est prêt à reconnaître que ce n’est pas toujours marrant de dormir dans une petite gare perdue, un soir d’hiver, que c’est stressant de conduire un TGV, que c’est traumatisant de vivre un suicide sur la voie…. Non, non, les cheminots ne sont pas des privilégiés. Mais ce ne sont pas les plus à plaindre non plus. Combien de chômeurs ? Combien d’érémistes ? Combien de smicards sans couverture maladie décente (à la SNCF, les soins médicaux sont absolument gratuits) ? Combien de Français en dessous du seuil de pauvreté ? Combien de vieux abandonnés dans des mouroirs ? C’est tout de même plus grave que les bonifications et les décotes qu’ils réclament pour échapper aux 40 annuités de cotisations comme tout le monde. L’argument parait poujado ? Trop facile ! D’ailleurs, on pourrait aller bien plus loin dans ce registre là. Evoquer le nombre d’heures travaillées par semaine, par un conducteur de train. Le nombre de roulants qui ont un deuxième boulot, parce qu’ils ont du temps, et que finalement, leur vie n’est pas aussi harassante qu’ils veulent nous le faire croire. Passons. Et poursuivons.

Non, le grand cadeau que nous font les cheminots, c’est une faramineuse facture. Car, finalement, Nicolas Sarkozy, dans son immense désir d’apparaître comme le fossoyeur des régimes spéciaux, cette hydre féroce qui avait provoqué la chute de Juppé en 1995, a beaucoup lâché. Et ce, dès le premier jour de grève. Résultat : sa réforme est une réforme Potemkine, de façade. Elle est purement idéologique. C’est Tintin chez les Soviets. Même à l’Elysée ou à l’UMP, on reconnait qu’elle ne va pas engendrer un centime d’économie. Elle n’est en rien vertueuse. Pire, elle est très couteuse, et elle va entériner une inégalité de traitement.

Officiellement, les régimes spéciaux vont disparaître. Les salariés de la SNCF et de la RATP devront cotiser 40 annuités. Mais, dans les faits, compte tenu des modalités de la réforme, qui s’appliquera progressivement, à partir de 2012, ils pourront toujours partir à la retraite après 37,5 annuités, quasiment à taux plein, car la décote –le différentiel, la pénalité si l’on n’a pas 40 ans de cotisation- sera minime. Sans compter les bonifications, qui permettent de gratter quelques années et qui sont maintenues. Les augmentations de salaires prévues à la RATP et à la SNCF, en fin de carrière, pour arrondir les retraites puisque celles-ci sont calculées sur les six derniers mois et pas sur les 25 « meilleures années ».

À l’arrivée, un cheminot embauché après 2009, pas un cheminot qui a signé un contrat avant la réforme en miroitant une retraite à 55, voir 50 ans, non un jeune cheminot embauché après 2009, est assuré de toucher une retraite à taux plein avant 60 ans. Et ce alors qu’un nouvel effort va être demandé aux salariés du privé en 2008.

Quelques chiffres. Les engagements de la SNCF devraient coûter à terme, 130 millions d’euros par an. 2% de la masse salariale. Des chiffres communiqués par la CGT Cheminots ! La SNCF parle, elle de 90 millions d’euros. La revalorisation de 25% du minimum vieillesse (255,30 €/mois) , promise par Sarko, qui se chiffre à 2, 45 milliards, devait être financé par l’abrogation des régimes spéciaux. On peut oublier. Qui va payer ? La direction de la SNCF qui se retrouve avec une addition supplémentaire, va demander à ne plus prendre à sa charge les « surcotisations ». Qui va payer ? Et on peut continuer.

Le système mis en place est illisible, complexe, et tout le monde s’en satisfait. Sarkozy, parce qu’il veut faire croire qu’il a fait une vraie réforme. Et les cheminots, parce qu’ils ne veulent pas qu’on sache, qu’ils s’en tirent à si bon compte. Et c’est ça le plus exaspérant. L’hypocrisie. Quand, dans les émissions de télévision, dans les cortèges, les délégués syndicaux de la CGT ou de Sud disent qu’ils se battent pour tous les Français, alors qu’ils vont charger un peu plus l’addition. Quand Christian Mahieux, secrétaire fédéral de Sud Rail affirme que ce ne sont pas les cotisants du régime général qui abondent les régimes spéciaux, mais les cotisants de la SNCF, il faut un culot certain. À la lettre il a raison : ce n’est pas le régime général, c’est l’Etat qui paye. Donc les Français !

Alors pourquoi cette grève, longue et douloureuse ? La faute à des conducteurs et à des agents de conduite qui paralysent le trafic alors que les grévistes sont très largement minoritaires ? Pas seulement. Le conflit est devenu politique, pour ne pas dire idéologique. L’extrême gauche, Sud rail, une partie de la CGT et du PC ne veulent pas concéder cette victoire à Sarkozy.

NB. Ce coup de gueule, on le fera aussi en temps et en heure contre les « retraites chapeaux », qu’on devrait d’ailleurs qualifier de « retraites hauts de forme », tant elles sont démesurées. Pour réclamer une augmentation des taxes sur les stocks options, comme l’avait suggéré Philippe Séguin… L’un n’empêche pas l’autre.


ÉCRIRE
UN COMMENTAIRE
AFFICHER LES
34 MESSAGES
LIRE LA SYNTHÈSE QUOTIDIENNE DES COMMENTAIRES
0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25

Forum

  • Merci les cheminots… Merci Sarko
    le mardi 29 janvier à 12:15
    Tout ça c’est une grande comédie…sarko voulait absolument faire passer cette réforme donc il a fait comprendre a thibault que s’il voulait siéger à la CES(confédè. eurp. des syndicats)s’il ne voulait pas sauter avec les casseroles du CE d’EDF -des fonds secrets de la branche MEDEF de l’industrie métallurgique,s’il voulait bénéficier du futur financement des syndicats (avec effacement du passif parfois peu reluisant..),il fallait qu’il rentre dans le rang.. (ce que thibault avait compris depuis longtemps..)Mais pour qu’une belle victoire ait de la valeur il faut une mise en scène bien élaborée et médiatisée, sarko qui fait son cinéma(rencontre avec les durs sud et cgt à l’atelier de chatillon..) et thibault qui aboie (les cheminots ne laisseront pas faire..) mais lui si…en programmant une grêve mort-née.Conclusion (de cette compromission..)sarko qui sort vainqueur d’un conflit dur avec les cheminots et thibault qui fait semblant de "lutter" en torpillant en même temps la grêve… tout ça c’est du gagnant - gagnant…elles sont pas belles les magouilles politico-syndicales…faut bien que le peuple d’en bas croit encore à la lutte…
  • Merci les cheminots… Merci Sarko
    le samedi 26 janvier à 20:33, freechti a dit :

    je suis cheminot ,entré en 1974 (nous étions 300 0000 en 1981)et devant partir en 2010(nous 160 000 maintenant),je surcotise à hauteur de 12 % au dessus du régime général et paie une partie de mes médicaments et des consultations malgré une mutuelle complémentaire………je peux vous envoyer des preuves ,si je pars à 55 ans comme prévu on va m’amputer ma retriate de 900 euros âr an

    je ne sais pas si vous êtes de droite ou autre ,en tout cas vérifiez vos sources

    quant à la cgt ,thibaut a shunté lereste pour garder le leadership du syndicalisme en faisant un deal avec sarko qui voulait une réforme de façade ,lui donnant m^me un coup de main pour saquer les militants de sud rail banni autant à droite qu’à guache (voir déclaration de hollande à ce sujet )

    voilà ,c’est une copine de la cxgt (démissionnaire depuis) qui m’a donné votre site durant les grèves ,là aussi je crois que nous avons été trompé car naîfs

    mort aux cons et vive la sociale !

  • Merci les cheminots… Merci Sarko
    le dimanche 25 novembre 2007 à 22:25

    bonjour

    je suis cheminot , votre texte est pleins d erreure , je suis triste de voir publié sur le net des infos , fausses , sans aucunes recherche , sans sources , il faut verifier un peu avant de laisser sur le net de tels articles ah , si seulement les soins pouvait etre gratuit , quand a partir apres 37.5ans , avant la reforme c etait deja quasi impossible , a lavenir , atteindre les 40ans , sera tout simplement impossible , sans parler des decotes sur la pension , et de l indexation sur les prix , en bref , meme en faisant des années en plus , je vais perdre 500euro par mois sur ma retraite , alors que je cotise 16% de plus que "le privé" je veux bien chaner de regime , mais alors a 100% , c a dire avec les primes pour le boulot de week end ou de nuit ( souvent 200% le dimanche dans " le privé" )

    voila , je vous invites a vous renseigner , votre article me fait douter de tous vos autres articles , si pour celui ci vous etes si loin de la verité , que penser des autres

    bien a vous , olivier , conducteur de train a paris

  • Merci les cheminots… Merci Sarko
    le samedi 24 novembre 2007 à 12:12, GHISL66 a dit :
    Tiens on embauche chez Bakchich ? Qui est l’heureux élu, je n’arrive pas à le déterminer précisément : PERNAULT ou ELKABACH ? Qui peut m’aider ?
  • Merci les cheminots… Merci Sarko
    le samedi 24 novembre 2007 à 11:03, Denis loire atlantique a dit :

    Cette grève est d’abord idéologique et politique : Il y a quelques années le baron Seillière, patron du Medef, déclarait qu’il fallait en finir avec le programme du conseil national de la résistance et, pour ce faire, de frapper vite et fort. Cest à cela que s’emploie son homme de main à la tête de l’état. Cette idée(ologie) a été réaffirmée il y a quelques jours par Kessler (lieutenant de Seillière).

    C’est là que se situe l’enjeu. Les héritiers de la restauration de 1815, de ceux qui dirent "plutôt Hitler que le front poulaire", sont ceux qui disent aujourd’hui qu’il faut en finir avec l’héritage de mai 68. Il faut en finir avec les acquis de la classe ouvrière, décreter la "fin de l’histoire" pour que tout redevienne normal, les riches en haut et un peuple qui la ferme et travaille à leur profit.

    Les cheminots ne la ferment pas, ils luttent, ils résistent. Ils sont les héritiers des sans-culottes, des soldats de l’an II, des communards, de 36, de la libération, de mai 68. Les cheminots en lutte n’ont jamais prétendu être les plus malheureux. Parcequ’ils luttent, parcequ’ils sont syndiqués ils savent le poids des injustices dans ce pays. Parcequ’ils luttent, parcequ’ils sont syndiqués ils savent les valeurs de la solidarité, ne sont-ce pas eux qui scandent dans les manifs "tous ensembles" ? Et ce tous ensemble ce n’est pas que les cheminots mais tous ceux qui ont intérêt à combattre toutes les injustices, tous les vrais privilèges dont on parle, curieusement, si peu. (sans doute est-ce un hasard si les grands groupes capitalistes sont propriétaires de la plus part des médias).

    Non vraiment, les enjeux de cette lutte ne sont pas économiques. De l’argent, il y en a, dans les poches des vrais privilégiés, les gains de productivité suffiraient à satisfaire les besoins de toute la planète.

    En défendant les services public, car en toile de fond c’est de cela dont il s’agit, les cheminots défendent la propriété collective des moyens de production contre la propriété individuelle des moyens d’exploitation. Les cheminots sont prêts à tout partager, tout sauf la misère.

    Les médias mettent en accusation ceux qui restent debout et plaignent ceux qui courbent l’échine, les otages. On se croirait en pleine période pétainiste. Aujourd’hui les grévistes transformés en preneurs d’otages, seront-ils demain désignés comme terroristes ? Sabordeurs de l’économie…capitaliste. Seront_ils accusés d’être des anti-démocrates parcequ’un petit homme a été élu ? L’un n’ayant rien à voir avec l’autre, Hitler avait été élu démocratiquement…

    Les cheminots ne luttent pas pour préserver des "privilèges" corporatistes, ils luttes pour défendre les acquis du monde du travail, pour défendre les progrès sociaux contre les privilèges de classe.

    Précision : je ne suis pas un cheminot, je travaille à EDF après avoir travaillé 15 ans dans le privé et je suis syndiqué à la CGT.

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25