Il est rare de voir un ministre s’expliquer sur sa foi religieuse à la télé. Interviewée par « Islam » ( France 2 , 8h 45, 20/1), Fadela – la « vertueuse » en arabe -, a révélé qu’elle était aussi Fadela la pieuse, priant et écoutant, dès qu’elle en avait le temps, le Coran enregistré sur CD.
Le reportage insistait lourdement : elle agit « avec la foi qui la caractérise ». Née dans une cité de transit de Clermont-Ferrand, parmi neuf frères et sœurs, celle qui se définit « mi-bougnoule, mi-bougnat » raconte avoir été élevée à la dure par des parents inflexibles, dont un des principes fondamentaux est que « sans religion, il n’y a pas de respect ».
A l’adolescence, quand la révolte naît, c’est à la suite d’un drame familial : son jeune frère est tué par un chauffard ivre, le ton monte avec les policiers qui lui balancent : « Ici, ce ne sont pas les bougnoules qui vont faire la loi ». Et la loi familiale ? Fadela explique qu’une des valeurs cardinales de cette éducation, c’est le « nif » (littéralement le « nez »), c’est-à-dire la fierté, le point d’honneur (« c’est pourquoi je ne peux manquer à ma parole »).
Interviewée sous l’inévitable broderie coranique accrochée au mur du salon, sa mère révèle que c’est juste après son pèlerinage à La Mecque que sa fille a été nommée Secrétaire d’état à la politique de la ville. Comme quoi, mes bien chers frères, dans la politique d’ouverture de Sarkozy, il faut voir le doigt de dieu…
On admire le parcours bien lisse, la famille impeccable, - un vrai modèle garanti sans défaut -, les caractères bien trempés, la tchatche énergique et précise (notre auvergnate est plus brouillonne lorsqu’elle expose son plan « banlieues ».) Et on se dit que Fadela la croyante est décidément en phase avec la laïcité à l’américaine que Sarkozy a décidé de nous fourguer.
A défaut d’être efficace pour les cages d’escalier et contre la « glandouille », Madame Amara est là pour envoyer un message aux musulmans de France : vous êtes représentés au gouvernement de la République. C’est sa véritable fonction ministérielle. L’avoir placée au sommet de l’Etat en tandem avec Christine Boutin, la catholique ostentatoire qui ne perd pas une occasion de l’humilier publiquement, prouve deux choses : la miséricorde du Très Haut et le cynisme de Sarkozy.










Version imprimable
Recommander à un ennemi