Toujours désagréable pour un des ex-grands patrons de la police d’être perquisitionné à son domicile. Du coup, l’ancien patron des RG de 1992 à 2004, Yves Bertand, qui a subi ce traitement quasi dégradant la semaine dernière dans le cadre de l’affaire Clearstream, mobilise ses derniers contacts dans la presse. Et Dieu sait s’il y a compté des amis à la période faste où il régnait place Beauvau. Ainsi contre attaque-t-il dans le Journal du Dimanche, en expliquant que "vingt et un cahiers à spirale", pas un de moins, ont été saisis à son domicile, une information donnée en exclusivité par Bakchich la semaine dernière.
Et ces cahiers, apprend-on, sont "bourrés" d’informations "confidentielles" sur des affaires "sensibles". On en salive d’avance. Tout en se demandant comment un homme aussi avisé qu’Yves Bertrand puisse laisser traîner des informations aussi délicates, alors qu’il s’attendait, depuis des mois, à une perquisition. Enfin, passons !
Plus intéressant, le JDD nous délivre quelques indications sur le contenu de ces fameux cahiers. Les documents concerneraient Hervé Seveno, un ancien flic qui dirige maintenant une boite de renseignement économique IFF, ainsi qu’un homme d’affaires proche d’Henri Proglio, le patron du groupe Veolia, du nom d’Alexandre Djouhri. Pur hasard, ces deux hommes passent pour être proches de Bernard Squarcini, l’homme fort du renseignement en France depuis l’accession de Sarkozy au pouvoir.
Résumons nous : Yves Bertrand, via le JDD, fait passer un message clair. Vous me cherchez des poux dans la tête pour mon éventuelle participation à la confection des listings Clearstream, dirigés à l’évidence contre Sarkozy et ses amis ? Et bien, moi, Yves Bertrand, suis prêt à balancer contre vos amis, les amis de vos amis et les cousins de ces derniers. Autrement dit, le dos au mur, Yves Bertrand tente d’ultimes pressions.










