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Les Bary, une famille neuilléenne sur le grill

22 février à 18h30

Dans le 9-2, la politique est souvent une affaire de famille.

Aujourd’hui, permettez-moi de vous présenter la famille Bary. Le père, Louis-Charles, 82 ans, est un pilier du conseil municipal de Neuilly, où il siège depuis 43 ans. C’est lui que Nicolas Sarkozy a choisi pour lui succéder comme maire en 2002… Jusqu’au psychodrame de 2008 ! Monsieur Bary père chauffe également le siège de conseiller régional du canton de Neuilly-sud depuis 32 ans. Ce qui s’appelle une belle longévité politique ! Ce grand bourgeois neuilléen, ancien baron du patronat français, est l’heureux père d’une famille nombreuse : six enfants et « vingt et quelque petits-enfants », dit-il, l’air de ne plus très bien se souvenir des prénoms de toute la ribambelle.

Deux de ses enfants ont suivi sa voie et font aujourd’hui partie du « clan du président » dans les Hauts-de-Seine. Fabienne Van Aal, née Bary, est directrice de la communication du maire d’Asnières Manuel Aeschlimann et son frère Antoine est maire adjoint délégué à l’urbanisme dans la même mairie, au nord de Neuilly, où il vit dans un coquet pavillon.

Le frère et la sœur sont aujourd’hui tous les deux dans une situation pour le moins inconfortable…

« Favoritisme » pour la sœur

Fabienne Van Aal est à la tête d’un véritable petit groupe de presse municipale. Son service est doté d’un confortable budget de 450 000 euros pour une communication aux petits oignons en direction de chacun des habitants de la ville. Elle est mise en examen, depuis juin 2006, par le tribunal de grande instance de Nanterre pour une affaire qui remonte à 1998 : le festival folklorique d’Asnières, une affaire dans laquelle il y aurait eu « favoritisme » dans l’attribution d’une subvention de 200 000 euros à une association chargée d’animer ce festival. Fabienne Van Aal dirigeait à l’époque l’association en question. Elle n’est pas la seule mise en examen : à ses côtés figure l’ancien maire d’Asnières, Frantz Taittinger et l’actuel premier édile, Manuel Aeschlimann. C’est le juge Richard Pallain qui instruit l’affaire.

« Conflit d’intérêt » pour le frère

Antoine Bary, lui, n’est pas mis en examen, mais les magistrats de la Chambre régionale des comptes ont détecté, le concernant, un sérieux « conflit d’intérêt ». En enquêtant sur la gestion de la ville d’Asnières, ils ont découvert que le maire adjoint en charge de l’urbanisme est aussi, dans le civil, l’un des dirigeants de la société de commercialisation immobilière Atisreal France, du groupe BNP Paribas Immobilier. Lui qui est évidemment au courant de chaque pierre qui bouge dans la commune n’a pas pu s’empêcher d’en faire profiter son employeur : il a notamment permis à sa société de toucher une commission de 121 992 euros sur la vente d’un immeuble, grâce à de bien curieuses manœuvres. La chambre régionale des comptes aurait transmis le dossier au parquet de Nanterre, qui pour l’instant, n’a pas bougé une oreille.

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