Le discours de Nicolas Sarkozy devant les tablées du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) prend la forme d’un piège à retardement. C’est d’abord Bakchich qui réveille les laïcs en leurs signalant que le Président de la République, outre le devoir de mémoire envers les 11 000 enfants juifs morts en déportation, a programmé l’arrivée des religieux dans l’enceinte de l’école communale. En déclarant : « Nos enfants ont aussi le droit de rencontrer, à un moment de leur formation intellectuelle et humaine, des religieux engagés qui les ouvrent… ».
L’effet flash des paroles de notre fou de Dieu nous a-t-il aveuglé ? Une autre pépite restait encore cachée entre les mots du mari de Carla. Et ces syllabes, le monde arabo-musulman, pour parler global façon Claude Guéant (le secrétaire général de l’Elysée), les a tout de suite captées. L’enchère est intervenue quand Nicolas Sarkozy a déclaré : « Je m’engage à ne jamais serrer la main de quiconque ne reconnaîtrait pas Israël ». Et toc.
« Comment le président va-t-il nous rendre visite ? » dit-on à Tunis
Prononcées au Bois de Boulogne devant les fidèles du Crif et leur invités où l’on trouvait tout le gouvernement, sauf Dominique Bussereau (coincé dans un aiguillage du ciel), une bonne partie de l’opposition et même la déléguée de la Palestine, cette promesse n’engage que celui qui la formule.
Mais à Tunis, c’est la panique. Avec une question clé : « Comment le président Français va-t-il faire pour nous rendre visite (bientôt), sans serrer la main de notre leader bien aimé, le président Ben Ali ? » Outre l’Egypte et la Jordanie, aucun pays arabe, avec à sa tête la Ligue, ne reconnaît Israël !
Quand Sarko a embrassé Boutef à Alger, c’était étreindre un homme qui ne reconnaît pas Israël. Donc pas de baiser à venir pour Ben Ali… Pourtant, après Khadafi et depuis le 1 janvier, avant son show avec embrassades à Ryad, lieu géométrique d’un très ferme refus d’Israël, le locataire de l’Elysée a notamment serré la main de Musharraf, celle du Sultan de Brunei, puis celle encore de Fouad Siniora, président du Conseil du Liban. Autant de représentants de pays qui tournent le dos à Israël.
Difficile, avec cette nouvelle politique, de vendre des Rafales et des centrale nucléaires, disent dans l’ombre nos marchands de canons, très frileux sur la bientraitance des Arabes quand ils sont riches. Difficile de vendre ? Essayez Tsahal.
Pour lire l’article en version anglaise, c’est ici.










