

Vous l’avez peut-être aperçu sur un plateau de télé, début janvier. Un jeune homme au profil d’oiseau de proie, les yeux encadrés d’épaisses lunettes noires. Arash Derambarsh, 28 ans, avait réussi le coup médiatique du nouvel an, en se faisant élire « président de Facebook », un vote bidon auquel les médias ont cru comme les enfants au père Noël.
La bulle s’est dégonflée aussitôt, lorsque les journalistes crédules ont compris qu’ils s’étaient fait manipuler, et qu’Arash n’avait été élu que par moins de 10 000 internautes… Lui qui se vantait de pouvoir envoyer des messages aux 100 millions de membres de Facebook dans le monde !
L’histoire aurait pu servir de leçon d’humilité au jeune homme, affublé par les internautes d’un nouveau titre de « facebook clown of the year »…
Rien du tout ! Le revoici qui ressurgit cette semaine, comme tête d’une liste divers droite aux élections municipales de Courbevoie. Sur ses affiches de campagne, il croise fièrement les bras au pied de la Grande Arche de La Défense.
Arash, qui habite Courbevoie, a déjà été candidat aux législatives de 2007, dans la troisième circonscription du 9-2. En ratissant bien les votes de la famille, des voisins et des amis, et bien qu’il ait été radié de l’UDF (pour avoir maintenu sa candidature alors qu’il n’était pas investi par le parti), il a obtenu 735 voix.
Dévoré d’ambition politique, ce jeune homme est prêt à tout. Y compris aux coups les plus tordus. Au printemps dernier, pendant la campagne des législatives, il m’a envoyé, par le biais d’une boite email anonyme, un document diffamatoire envers le député-maire de Courbevoie, Jacques Kossowski : un faux courrier à en-tête de l’UMP, annexé à une fausse note des Renseignements généraux (en réalité un maladroit copié-collé d’un article du Monde), dans lequel un dénonciateur anonyme demandait aux électeurs de « ne pas faire porter leurs suffrages sur le député sortant de l’UMP ». La manipulation, bien que grossière, a obligé Jacques Kossowski à faire circuler, en réponse, un courrier signé de Nicolas Sarkozy lui réaffirmant le soutien de son parti. Arash jure qu’il n’est pour rien dans la manip : "je me suis contenté de vous envoyer ce tract pour vous alerter de ce qui se disait dans la ville", plaide-t-il aujourd’hui.
Le jeune candidat tient son premier meeting de campagne le 4 mars à Courbevoie, cinq jours à peine avant le premier tour. Qui sait ce qu’il va bien pouvoir inventer pour faire parler de lui, cette fois ?