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CULTURE / CHRONIQUE BOUQUINS

Avoir 16 ans à Fleury-Mérogis

Ethnographie / lundi 17 mars 2008 par Bertrand Rothé
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Les politiques ont souvent évoqué le thème des mineurs en prison. Réformer ? Certes, mais faut-il encore comprendre le quotidien de ces jeunes. Tel a été l’objectif de Léonore le Caisne. Son ouvrage, « Avoir 16 ans à Fleury : Ethnographie d’un centre de jeunes détenus », sorti en janvier 2008, est une plongée au coeur du milieu carcéral où ces jeunes délinquants tentent de vivre et survivre.

Des mineurs sont en prison. À Fleury-Mérogis, 50 à 100 adolescents sont incarcérés en permanence. Autant de délinquants jeunes en déshérence. Une ethnologue, Léonore le Caisne, à la demande de l’administration pénitentiaire a décrit leur quotidien, le bruit, les odeurs, leurs codes, en un mot leur vie… Le Seuil en a fait un livre. Voici deux analyses de leur quotidien choisies parmi de nombreuses réflexions toutes aussi intéressantes.

Un système de classe

Dans la prison, tout est affaire de hiérarchie. Pour vivre ou plutôt pour survivre il faut rapidement comprendre qui est l’autre. Il y a de nombreux codes. Entre autres, la manière dont s’interpellent entre eux les délinquants. Si le prénom est réservé aux adolescents, les noms de famille est l’apanage des « matons » ou surveillants. Lorsqu’ils veulent marquer leur proximité, de la connivence entre eux, ce qui est le cas le plus fréquent, ils s’apostrophent par leur prénom. Dés qu’ils veulent rejeter quelqu’un, le condamner, le faire passer de l’autre côté, du côté des matons, de l’administration, les détenus l’interpellent par le nom de famille. Au delà, il y a la dépersonnalisation, c’est la relégation ultime. Quant aux adolescents des pays de l’Est, ils n’existent qu’à travers leurs origines. « L’roumain » est en bas de l’échelle carcérale.

Les caïds, les détenus reconnus par « leur charisme » dit l’ethnologue, ont un statut à part. Ils sont à la fois identifiés comme tels par les deux acteurs de la prison : les matons et les délinquants. La grammaire de la prison intégre cette double reconnaissance, ils sont appelés par leur nom et leur prénom. « Boniface Diabaté » est un de ceux là.

En prison, tout est bon pour se battre

« Il ne se passe pas une semaine sans bagarre ». Tout est l’occasion d’une baston. On se bat pour se faire respecter, pour un chichon – un morceau de haschich -, pour se défendre, pour défendre l’honneur de sa mère, pour défendre un copain, et surtout pour rien. Souvent ils ne se souviennent même plus de l’origine de l’altercation, « une vieille embrouille »

Comme on ne peut pas se battre dans sa cellule, les adolescents y sont seuls. C’est dans les couloirs que les rixes éclatent, au moment des déplacements dans la cour avec systématiquement l’intervention des surveillants et souvent c’est direction le mitard pour les plus bagarreurs. Le top du top c’est le coup de poing à l’abri du regard des surveillants, dans la salle d’attente du parloir, au vestiaire du gymnase ou à l’infirmerie.

Dans certains cas, les surveillants et les moniteurs de sport laisseraient faire, « en offrant aux garçons la possibilité de se battre sans s’en mêler, le personnel permet (…) à la tension de retomber ».

La lecture de tels ouvrages permet d’être des citoyens plus informés. Un peu, de temps en temps, entre deux séries américaines, ça ne fait pas de mal et pour certains ça permet de briller en société.

Avoir 16 ans à Fleury. Ethnographie d’un centre de jeunes détenus, Léonore le Caisne, Le Seuil, 21 euros.

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Forum

  • Avoir 16 ans à Fleury-Mérogis
    le mardi 22 avril 2008 à 13:19, anonyme a dit :
    j’ecrit sur se sujet pour monter ma colere je suis une jeune fille de 17ans aukel ma mere et incasere depuis 2mois car la justice na rien fai pour l’aider ma mere a perdu 3enfant son frere et sa bele mere en peu d’année les service sociaux ne non pas engager des service psycologique elle et devenu de plus en plus mal persone a qui raconter ses soufrance elle et devenu accros au fameux medicament qui sont senser la destresser puis l’alcool est ariver et ce jour qui et un jour de trop elle a "peter les plomc" elle sen et pri a mon pere maintenan ses trop tard pour elle et elle avec une femme pedophile dans sa celule je me demande comment peut t’on mettre de persone ensemble entre une femme qui est la pare que elle a perdu ses enfant et une femme qui fait du mal au enfant il ont mi 1 mois pour lui donner son courrier bref je suis contre les prison pour tous les cas isoles qui sont pas a leurs place et ki devrai plutot avoir un suivi avant dentamer la prossedure ou on doi passer par la casse prison
  • Avoir 16 ans à Fleury-Mérogis
    le mardi 15 avril 2008 à 14:12, sisi68 a dit :
    bjr je suis la mere d un jeune magrebien incarcere a fleury mon fils a etait signialer suicidaire part le juge et son avocat mon fils au cour d une promenade a recupere des allunette et a pas etait fouiller en remontant il a ni le feu a son matelas il et tres gravement bruler actuellement hospitalise avec plusieur operation cette prison et un cauchenar comment peu arriver une chose si horrible merci de ne repondre
  • Avoir 16 ans à Fleury-Mérogis
    le mercredi 19 mars 2008 à 16:11, plop a dit :

    Le "ça permet à certains de briller en société", je suis pas convaincus que ce soit quelque chose qu’il faille préciser dans le contexte.

    Evidemment que certaines personnes vont "se la raconter" après avoir lus ça, m’enfin bon, ces gens ce ne sont qu’une infime minorité (de cons qui se servent du malheur des autres pour chatouiller leur égo) et en fait je trouve cette petite conclusion un peu mesquine, c’est tabler sur le fait que nous, lecteurs, on va faire le BHL avec nos amis si on lis ce livre.

    Et surtout, on parle de qui, des jeunes en taules ou des crétins méchus à écharpes rouge… Drôle de mélange des genres, ça met pas l’aise quoi. Sinon, merci de nous signaler l’éxistence de ce bouquin.

  • Avoir 16 ans à Fleury-Mérogis
    le mardi 18 mars 2008 à 09:35, aurel66 a dit :
    Je viens de lire votre article et je dois dire qu’il m’a profondement emu.
    • Avoir 16 ans à Fleury-Mérogis
      le mercredi 19 mars 2008 à 13:01, Bertrand Rothé a dit :
      Je vous remercie de ce commentaire. Mais ce n’est pas moi qui vous ait ému, mais la qualité du livre et des intervenants. Je vous invite à le lire. L’auteur(e) donne la parole a des enfants qui n’ont pas souvent la possibilité de s’exprimer. Et vous lirez des paroles émouvantes.