Dis Papa, c’est quoi la guerre ?
Arrête de regarder Gulli ou M6 et zappe sur Arte, mon fils !
Mercredi soir, il ne fallait pas manquer « The War », série documentaire sur la seconde guerre mondiale proposée en quatorze épisodes par Arte. La chaîne diffusait le sixième (« Putain de guerre ! ») et le septième (« mission sans retour »). On a aimé et on a battu sa coulpe : on avait raté les précédents !
Mercredi soir, il était d’abord question de l’année 1943 dans le Pacifique. Délire sanglant ! Sur les atolls bunkérisés par les Japonais, les GI’ allaient au casse-pipe baïonnette au fusil, ne prévoyant pas que leurs barges seraient bloquées par les barrières de corail. Dès cette époque, les premières images de cinéma arrivent, avec la bénédiction de Roosevelt, au fond des provinces US : des cadavres de nos p’tits gars dans les lagons !
L’opinion américaine découvre que la guerre moderne n’est pas aussi bandante qu’à Hollywood. « The War » raconte cette « putain de guerre » vu d’en bas, vécue dans la chair des familles : l’angoisse du départ, les lettres, les faire-parts de décès…
Avec cet aspect peu étudié : la place des Noirs. Dans les usines qui tournent à fond pour l’armée, on a besoin d’eux, mais aux pires postes. Des soudeurs noirs ? Les soudeurs blancs se mettent en grève… Même discrimination sous l’uniforme : les Blacks seront sauf exceptions des troufions de seconde catégorie, des forces d’appui. Jusqu’en 1942, les Marines refuseront d’en enrôler.
Et voilà une armée américaine combattant pour la liberté et la modernité, mais ségrégationniste et archaïque dans son fonctionnement. Et pas seulement avec ses Noirs… Les Américains d’origine japonaise, suspects, furent concentrés dans des camps à barbelés. La seule façon d’en sortir : s’enrôler. Dans les bus, il y avait une partie pour les Blancs et une autre marquée « coloured » ( « gens de couleur »). « Les Blancs me chassaient de leur secteur, et les Noirs me considéraient comme un Blanc. Je ne savais plus où je devais m’installer » se souvient un de ces Américains d’origine japonaise.
Du Pacifique on passa à l’Italie, ses oliviers, ses vieilles pierres, sa ligne Gustav ( fortifications nazies) et la furieuse bataille de Monte-Cassino. Au sommet un précieux monastère bénédictin datant du 6e siècle. Les Allemands avaient promis à l’Eglise qu’ils ne s’en serviraient pas de refuge. Qui a bombardé le monastère de Saint Benoît ? L’aviation américaine ! Du coup, dans ses ruines, les Allemands s’y sont faits une position quasi inexpugnable.
Allez fiston, tu as encore huit épisodes à te taper. Et je ramasserai la copie !








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