Bakchich
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Mes idoles judéo-arabes ne passent pas à la télé, mais sur le web

24 mars à 14h07

Je ne suis pas content. Heureusement, il y a le web pour me consoler.

Mon ami Lili Boniche, chanteur juif algérien vient de nous quitter. Du coup, il a eu droit à des articles dans toute la presse française, y compris dans la presse en ligne. Tapez « Lili Boniche » sur Google news et vous verrez. « Lili Boniche par ici, Lili Boniche par là »…

Le crooner de la Casbah nous a quitté, à 87 ans. Et c’est un drame pour « la culture judéo-arabe ». Mon collègue Pierre Haski écrit d’ailleurs, sur son site rue89.com : « Lili Boniche, chantre de la musique judéo-arabe, s’en est allé ». Mais ce que Pierre Haski ne semble pas savoir, c’est que Lili Boniche ne s’est jamais considéré comme le « chantre de la musique judéo-arabe ». Il était, plus simplement, un talentueux chanteur de musique andalouse algérienne, qui a versé dans la variété franco-arabe.

Notre chanteur ne fait pas l’unanimité. Et étrangement, les premiers à ne pas apprécier le répertoire de Lili Boniche, ce sont les juifs mélomanes. Alors que les juifs de l’est de l’Algérie, les juifs tunisiens et marocains, sont nombreux à considérer qu’il est de leur devoir de perpétuer la « grande » culture musicale judéo-arabe.

Dans tous les hommages rendus à Lili Boniche, on nous explique que Lili Boniche c’est bien, la preuve, François Mitterrand aimait son répertoire. Comme si un politique, fut-il président du pays, décidait de la qualité musicale d’un compatriote oriental. Est-ce Mitterrand qui a découvert Boulez, Ravel et Johnny Hallyday ?

« La vérité si je mens », c’est les enfants de la communauté juive franco-maghrébine qui découvrent que l’élite de gauche parisienne tente de boboïser leur mémoire.

Cette élite, constituée de personnalités comme Bertrand Delanoë, Jack Lang, évidemment Roger Hanin… se plaît à présenter la culture judéo-arabe par les chansons de variétoches de Lili Boniche.

Mais les vrais mélomanes juifs ne sont pas dupes. Ils continuent à s’inscrire dans la tradition des « frères sincères », représentée ici par le classicisme chant andalou du Rabbin Haïm Look et les explications du chanteur marocain Saïd El Meftahi. Nous pensons que c’est le meilleur hommage qu’on peut rendre à Lili Boniche. Écoutez et lisez.

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Mots clés : Algérie France Internet

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