Me voici de retour à Paris, après une semaine dans les neiges norvégiennes. Loin, très loin du 9-2 ! Ce qui frappe mon esprit encore engourdi par les grands froids, c’est évidemment la défaite inattendue de Manuel Aeschlimann à Asnières et les premiers pas de Sarko junior à l’Assemblée départementale du 9-2. Mais aussi la très habile manœuvre de Joëlle Ceccaldi-Raynaud, réélue maire de Puteaux, pour écarter son père indigne du conseil municipal.
Un joli coup politique, vraiment, qui explique la mine ravie de Joëlle, sous sa frange à la Chantal Goya, lors de la première séance du nouveau conseil, vendredi 21 mars. L’astuce ? Joëlle Ceccaldi-Raynaud, fille de Charles, avait pris soin de placer son propre fils, Vincent Franchi-Ceccaldi-Raynaud, en douzième place sur sa liste. Le jeune homme, élu comme prévu, est désormais maire-adjoint. Or, le code électoral interdit la présence de plus de deux personnes d’une même famille (ascendants et descendants) dans un conseil municipal. Mais voilà : Charles Ceccaldi-Raynaud, en guerre ouverte contre sa fille depuis quatre ans, s’est présenté de son côté et a été élu, malgré un mauvais score de moins de 8% des voix. Le préfet des Hauts-de-Seine, dûment alerté, s’est donc fendu d’une lettre à Charles, lui demandant de démissionner illico, faute de quoi il serait obligé de prendre un arrêté préfectoral pour l’y contraindre.
Le vieux corse est désormais aux abois. Jeudi 20 mars, c’est un homme abattu qui a présidé, en tant que doyen, l’Assemblée départementale des Hauts-de-Seine, qui réélu Patrick Devedjian président. Charles Ceccaldi-Raynaud va devoir aussi s’expliquer, très prochainement, devant les juges du Tribunal de Nanterre, sur « l’affaire de la chaufferie de La Défense », dans laquelle il est mis en examen depuis août 2007 pour « favoritisme, recel d’abus de bien sociaux et corruption passive », lors du renouvellement de la concession de chauffage urbain de La Défense, en 2002. Les tours du quartier d’affaires sont en effet chauffées et climatisées par une énorme usine, qui produit l’eau chaude et l’eau réfrigérée pour 2,7 millions de mètres carrés de bureaux et près de 10 000 logements. Maître des chaudières ? L’ancien maire de Puteaux, en tant que président du Syndicat mixte de chauffage urbain de La Défense (Sicudef), qui regroupe le département et les villes de Courbevoie, Nanterre et Puteaux.
Le parquet de Nanterre a été alerté, dès 2002, par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), elle même informée par un homme d’affaires français basé au Luxembourg. Cet homme a fourni aux enquêteurs des documents accablants, desquels il ressort que les repreneurs de la chaufferie, Jean Bonnefont et Bernard Forterre, se vantaient, avant même l’ouverture des plis, d’être sûrs d’emporter le marché, grâce à leurs liens avec Charles Ceccaldi-Raynaud. L’instruction judiciaire, initiée par la juge Isabelle Prévost-Desprez, est actuellement conduite par le juge Richard Pallain. Une enquête suivie de près, on s’en doute, par le clan du président…






