Bakchich
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L'inventeur d'internet et le web sémantique

1er avril à 12h57

Sir Tim Berners-Lee n’est pas content. Et lorsque l’inventeur du web est dans une humeur noire, c’est qu’il risque d’y avoir du nouveau sur la toile. Par deux fois, au mois de mars, le physicien britannique a perdu son flegme. A la BBC, où il a fustigé les agences de communication qui développent actuellement des outils de surveillance des habitudes de l’internaute sur le web, puis sur le site The Times Online, où il prédit des moments forts désagréables à Google et aux autres moteurs de recherche, avec l’avènement de l’Internet du futur.

Pour ceux qui connaissent le Président actuel du World Wide Web Consortium (W3C), ces deux coups de gueule médiatiques de l’ancien informaticien du CERN, sont uniquement des stratégies afin qu’il ne rate pas encore une fois le train des mutations prochaines dans l’économie du net.

Notamment pour son fameux « web sémantique », projet sur lequel il travaille depuis la fin des années 90, et qui devait révolutionner notre manière de naviguer sur la toile. L’homme qui a imaginé en 1989 dans les locaux du CERN à Genève, le fameux World Wide Web (la toile d’araignée mondiale) avec le belge Robert Cailliau, affiche sa conviction que nous n’aurons plus besoin de l’utilisation de moteurs de recherche, ni d’aller taper à chaque fois l’adresse d’un site. Il explique : « Dans le Web sémantique, c’est comme si l’on donnait à chaque élément de donnée une longitude et une latitude sur une carte et que chacun pouvait les combiner et les utiliser pour différentes choses ».

Pour résumer, chaque chose aura sa connectivité et pourra être mis en réseau. « Nous n’aurons plus besoin d’avoir en permanence les doigts sur un clavier pour accéder à de l’information, mais tout simplement en mettant en contact deux choses distincts : C’est-à-dire votre agenda avec un relevé bancaire pour savoir quand et où vous avez utilisé votre carte bancaire pour l’achat de telle ou telle chose ».

Si pour le profane les choses ne semblent pas très claires, dans les coulisses du monde des nouvelles technologies, on a bien compris ces enjeux qui sont énormes. Pas moins de deux jours après les déclarations de Tim Berners-Lee, les responsables de Yahoo sont montés au créneau et ont affirmé travailler sur des normes proches du web sémantique, pour damer le pion au rival Google. Au contraire de ce dernier, dont le robot consulte chaque page individuelle et les liens entre les sites pour déterminer l’importance d’un thème, chez Yahoo, on veut appliquer le système de marqueurs sémantiques pour étudier chaque contenu.

Selon le site anglais Vnunet.com, « L’annonce est vue comme une tentative de la part de Yahoo de convaincre les développeurs encore hésitants de marquer les données à l’aide des identifiants requis pour permettre l’utilisation d’une technologie de Web sémantique. Pour rendre le nouveau système d’indexation viable, les développeurs Web devront formater les sites avec les nouveaux marqueurs ».

Et pour enfoncer le clou, Amit Kumar, un des directeurs de Yahoo a expliqué pourquoi les internautes devront bientôt réaliser en quoi il y a tout à gagner pour eux, l’utilisation de la technologie du web sémantique.

Nous sommes justes au premier round de ce nouveau combat entre les géants des moteurs de recherche. Tim Berners-Lee va certainement continuer à souffler sur la braise. Prochain rendez vous à Pékin le 22 avril de ce mois d’avril, ou doit se tenir la 17e conférence internationale du web WWW2008. L’inventeur du web et organisateur des retrouvailles de l’Internet en Chine a déjà communiqué le sujet de son discours inaugural : « Le futur des applications web ». Bref, le bras de fer continu.

Pour en savoir plus :

Site officiel de la Conférence de Pékin

Interview de Tim Berners-Lee à propos du web semantique

Traduction d’un article de Tim Berners-Lee écrit avec deux autres collègues

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