J’ai tutoyé des assassins, d’Hubert Grall échappe à la règle. Ce petit livre ne nous donne pas envie d’aller en zonzon. Non pas parce qu’il est mal écrit ou mal construit, au contraire. Parce qu’il ose le choix simple d’être touchant et surtout humain, oui, dans le mal aussi. On y croise toutes sortes de gens. Jean qui vient d’étrangler sa mère, Marcel qui a fait exploser son épouse d’un coup de carabine, mais aussi des gens moins violents comme un Zaïrois capable de multiplier les euros, un Sri Lankais innocent, un rebeu qui n’a pas inventé l’eau chaude et encore moins compris l’efficacité des prélèvements ADN.
Tout un monde où le triste, le petit, le mesquin, croisent des erreurs, des douleurs et plus rarement des joies. Une écriture presque scolaire, studieuse et efficace décrit une communauté humaine avec ses pâtes pas cuites, ou plus désagréable encore, trop cuites. Ici les couvertures sont trop fines, il fait froid. Certains détenus sont bêtes à buter du pointeur. Il reste la gentillesse perdue dans des violences inhumaines gratuites, stupides.
Hubert Grall, qui fut lui-même détenu, trouve les mots pour parler de cette humanité et plus particulièrement d’une certaine gentillesse. Ses chapitres pourraient être autant de nouvelles, de portraits, de lettres à sa compagne, à ses enfants. Mais c’est un livre et c’est pour nous tous. À lire comme le cadeau d’un ami retrouvé qui aurait passé quelques mois à l’ombre.










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