Les plus proches d’entre les proches ont « pris du recul », comme le résume la langue de bois ségolèniste : l’ex directeur de cabinet, ancien président de Désirs d’Avenir, Christophe Chantepy ? Parti dès le lendemain de la défaite. Le conseiller spécial, Julien Dray ? Parti cet automne voler de ses propres ailes, briguant le poste de premier secrétaire. Le directeur adjoint de la campagne, homme clé de la désignation interne, Patrick Menucci ? Retiré sur ses terres marseillaises. « Il n’a jamais coupé le fil avec Ségolène, il se repose juste », croit savoir le sénateur David Assouline, qui organise maintenant les déplacements de l’ex-candidate. Menucci n’a pourtant plus mis les pieds dans une réunion des amis de Ségolène Royal et n’est pas signataire de sa consultation participative ! Le porte-parole, Arnaud Montebourg ? Parti reconstruire le PS avec d’autres. « Mais lui, il n’était pas vraiment de l’équipe », avoue aujourd’hui la députée Aurélie Filippetti. Juste porte-parole, donc, mais pas proche !
Il a fallu tout recommencer. L’équipe politique bien sûr, que la dame en blanc a dû remodeler. Ségolène Royal a recruté un jeune énarque pour diriger son cabinet et a dû faire avec ceux qui restaient et qui ont donc été promus. C’est ainsi que l’avocat Jean-Pierre Mignard est devenu président de Désirs d’Avenir. Parrain de ses deux fils, ami fidèle du couple Royal-Hollande pendant plus de vingt ans, il a pris fait et cause pour la femme bafouée après la séparation conjugale.
Le chouchouté Mignard fait grincer des dents
Mignard est à la fois l’avocat, le conseiller, le confident et l’ami de l’ex et future candidate. Il a pris la place de Julien Dray dans les réunions de communication, où se retrouvent notamment l’inamovible Sophie Bouchet-Pétersen, la publicitaire et amie, Nathalie Rastoin, son directeur de cabinet, Cyril Piquemal et un sondeur, censé donné l’état de l’opinion.
L’importance prise ces derniers mois par l’ami Mignard fait grincer des dents. « Il est très droitier » accuse un proche, « il chauffe beaucoup Ségo et la pousse à prendre le parti, mais il n’a jamais fait un congrès du PS », poursuit un autre. L’avocat a toujours voulu faire de la politique. Jean-Pierre Mignard a bien été candidat socialiste à Cosne-sur-Loire en 1993, mais depuis cet échec, il ne s’est plus aventuré sur le terrain électoral. Mais en même temps, Mignard a été un des piliers avec Jean-Pierre Jouyet, désormais sarkozyste, des Clubs Témoins où se retrouvaient autour de François Hollande les admirateurs de Jacques Delors.
Ce démocrate-chrétien deuxième gauche a pris de la place, son influence se perçoit dans l’évolution des discours et de la stratégie de Ségolène Royal. Depuis qu’il est l’avocat des familles de Zyed Benna et Bouna Traoré, morts électrocutés à Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005, Mignard a découvert la banlieue et est devenu très anti-sarko. Il aime raconter en privé la très désagréable impression que lui a laissé son entrevue, à l’époque, avec celui qui était ministre de l’Intérieur ; le sentiment que Nicolas Sarkozy essayait de l’intimider a laissé des traces. L’avocat n’a pas la fibre sécuritaire. Il se voit plus en défenseur des droits de l’homme, il rêvait de devenir le garde des Sceaux d’une Ségo présidente. Peut-être la prochaine fois ?










Version imprimable
Recommander à un ennemi
