

Ah, les présidentielles, ce doux parfum de campagne, de débats, de coups bas. Aucun journaliste ne peut y résister, nous comme les autres. Pensez ! Les vannes de l’information sont ouvertes, les informateurs parlent pour peu qu’ils trouvent plumes et oreilles attentives. Un vrai régal pour la confrérie que ces temps d’élection. La Côte d’Ivoire en a presque oublié le parfum (p. 7). Mais entre les tergiversations de ses leaders, les ronds-de-jambe des instances internationales et les magouilles financières, les confrères ivoiriens ont de quoi s’occuper. Le tout est de le faire sans être manipulé, ou carrément téléguidé. S’il retrouve un semblant de dignité et qu’il s’extrait des logorrhées racistes et militariste, le patron d’Aujourd’hui Le Maroc (p.5), quotidien du Makhzen, pourra à n’en pas douter écrire un joli ouvrage sur la question.
Les livres sur Jacques Chirac, notre regrettable président, n’en finissent plus d’inonder les rayons des libraires. Qu’on en profite, en mai prochain l’époque dorée de la monarchiraquie sera sans doute révolue. Et ses affidés de l’ombre, pudiques intermédiaire des contrats d’armement l’ont bien compris. Leur âge d’or prend fin, il va falloir laisser la place. Alors ils se tuent à la tâche, notamment en Libye, où la guéguerre avec Sarkozy, s’est, l’espace d’un contrat, exporté.
Le temps des élections est aussi celui des commissions. Et le petit Nicolas chasse déjà sur les plates-bandes du grand Jacques. C’est ça aussi les élections. Tuer le père, lui couper toute solution de repli et bien sûr, faire déguerpir les concurrents. En matière de déguerpissement, la politique camerounaise semble la plus efficace (p.7), mais l’ami de la place Beauvau a sa propre signature. Mieux vaut trouver de quoi financer sa campagne…ou empêcher les autres de financer la leur !
Un temps béni pour gratte-papier, scribouillards et pisse-copie de notre espèce.