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Chic, Alzheimer aura bientôt raison des soixante-huitards…

6 mai à 23h06

Le décalage est fascinant. Dans la presse, à la radio, à la télé, il n’est question que de mai 68. Un battage insensé. Chacun y va de son gadget. L’interview de Maurice Grimaud, les photos forcément inédites – mais déjà vues partout – des barricades, le témoignage des anonymes…

Un matraquage qui ne rencontre que l’indifférence générale. L’épopée de la Sorbonne ne passionne personne. Ni ceux qui avaient l’âge d’assister à l’évènement, ni ceux qui ne l’ont pas connu. La jolie révolution de mai – pour reprendre un des multiples clichés - a des allures de gros OVNI médiatique dont on ne sait plus que faire.

Une commémoration qui fait pschitt

Sans doute, quelques esprits éclairés avaient parié que le rappel de l’insurrection étudiante, en ces temps de rejet massif du sarkozysme, ferait recette. La nostalgie des barricades allait s’emparer d’une opinion basculant de la critique à la contestation. Pour un peu, Mai 68 montrerait le chemin à mai 2008.

N’est pas Lénine qui veut. Le beau calcul éditorial a fait un flop. Et il n’était pas trop difficile de le prévoir. Comment, en effet, les couches sociales les plus brutalisées, pourraient-elles s’identifier à ce défilé de révolutionnaires en peau de lapin ? Pas un qui ne fasse partie de l’establishment – on serait tenté de dire la nomenklatura pour rester dans le folklore marxiste. Professeur, recteur, journaliste, député, sénateur, écrivains, communicant… Ils sont aux commandes de la société. Surreprésentés dans les circuits de fabrication de l’idéologie, sous représentés parmi les décideurs économiques, ils mettent en musique au quotidien la partition de l’ordre libéral. La pensée 68, c’est le sarkozisme triomphant.

68 a fait le lit de la mondialisation

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Nul besoin d’invoquer le spectre du reniement ou de la trahison. « L’anatomie de l’homme est la clé de l’anatomie du singe », expliquait déjà Marx en son temps – référence appropriée en la circonstance. Sous le masque du libertaire, il y avait un libéral. Ce vieux monde qu’entendait liquider la conspiration des ego estudiantins, c’est justement celui auquel Nicolas Sarkozy est en train de porter le coup de grâce. « Il est interdit d’interdire » criait-on dans les rues du quartier latin. Quel actionnaire du CAC 40 ne reprend pas ce slogan aujourd’hui ? Et Laurence Parisot ne pourrait-elle s’écrier à son tour, soyons réalistes, demandons l’impossible. Quand au chef de l’Etat, il y a belle lurette qu’il jouit sans entraves.

Oui, vraiment mai 68 est une magnifique ruse de la raison. Drapé dans les plis du drapeau rouge, le capital inaugurait la destruction des cadres qui entravait sa mue. Feu sur la nation, la patrie, la famille, le travail.. On ne parlait pas encore de mondialisation, mais, déjà, on en faisait le lit.

Car au chapitre du bilan, la cueillette est maigre. Mai 68, nous rabâche-t-on, aurait été une formidable révolution culturelle et sociétale. Soit. Exerçons notre droit d’inventaire.

L’héritage ? Quel héritage ?

La libéralisation de la contraception ? C’est un député de droite, Lucien Neuwirth, qui la fait adapter par l Assemblée nationale en décembre 1967. La légalisation de l’avortement ? C’est Simone Veil, ministre de droite qui l’arrache en janvier 1975.

L’abaissement de la majorité civile à 18 ans, c’est Giscard qui la fait voter en juin 1974. Comme le divorce par consentement mutuel, en juin 1975.

L’abolition de la peine de mort, c’est à Robert Badinter, ministre de François Mitterrand -homme politique issu de la droite- qu’on la doit. Bref, même s’il est navrant de le constater, la droite a davantage changé nos vies que Cohn-Bendit, Geismar et Sauvageot.

Certes il y a les accords de Grenelle. Ils ne doivent rien au fameux esprit de mai, mais tout aux formes classiques classiques de la mobilisation ouvrière : l’action syndicale et la grève. Tout ce que conchiaient justement les gardes rouges en carton-pâte de l’époque.

Comment les soixante-huitards, rejetons bénis des trente glorieuses, aujourd’hui retraités alertes à fort pouvoir d’achat, pourraient-ils faire rêver la France ? Si révolution il devait y avoir, elle se ferait assurément contre eux, parce qu’ils sont le pouvoir en place.

Un embouteillage dans la reproduction sociale

Au fond, le temps a ramené Mai 68 à sa juste échelle. Un formidable embouteillage dans la reproduction sociale. Des apprentis notaires qui se prennent pour des révolutionnaires, parce que la génération qui les précède ne libère pas les postes assez vite.

Qui se passionnerait pour pareille trajectoire ? Au regard de 36, des Brigades internationales, de la résistance, l’affaire manque de panache et de tragique. C’est Courteline, certainement pas Hugo ou Malraux.

Dois-je le dire, je ne vois qu’un intérêt à ces commémorations. Elles annoncent l’extinction prochaine d’une génération qui depuis 40 ans – j’avais 9 ans en 1968 - m’assomme par son arrogance et son terrorisme intellectuel. Au moins passerai-je une retraite paisible…

Sarko a déjà atteint la date de péremption

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14 Messages de forum

  • Comment la gauche aurait-elle pu faire passer des réformes alors qu’elle n’était pas au pouvoir ? De toute façon, un pouvoir de gauche ça n’existe pas…

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  • coucou, moi aussi j’ai "fait" soixante huit avec beaucoup d’espoirs et après avoir été vaincue, (oui, ça s’est terminé par une défaite) j’ai expérimenté, lu, expérimenté, lu dans le domaine psychologique, social et politique avec moi-même comme cobaye et je continue. (bon, je n’ai pas fait partie des leaders, à qui le pouvoir est peut-être un peu monté à la tête - mais j’espère qu’il y en a d’autres comme moi, cachés dans les coins sombres). Et il ne s’est pas agi d’expérimentations destructrices genre drogue ou alcool. Non plutôt une descente au plus bas de l’échelle sociale…(salariée agricole, secrétaire)…de recherches en thérapies diverses. C’est de là, de tout en bas que je vous parle…coucou… Je me suis toujours efforcée d’être honnête, et rarement péremptoire, pas pu m’empêcher d’être bête souvent…et je suis encore un vaste point d’interrogation (ce qui garantie entre autre de ne jamais s’ennuyer). et j’aime bien les anniversaires…mais pas les commémorations (ne nous enterrez pas trop vite ! promis, on s’attardera moins que les générations précédentes, car nous avons fait beaucoup de bêtises et survivrons moins longtemps que les grands courageux de la guerre de 40 qui ont eu la chance de manger bio dans leur enfance et de nous tyranniser sans remords ).

    Voir en ligne : http://misere.org

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  • Chic, Alzheimer aura bientôt raison des soixante-huitards…

    7 mai 01:29, par Insomnieuse Ephémère
    Mai 68, je n’étais pas encore née mais il parait que c’est ma génération qui a payé l’addition : perte des valeurs familiales, divorces, immoralité, libertinage, perversion, débauche, pornographie, MST, corruption, criminalité, drogue. Toutes ces tares seraient la répercussion de mai 68, d’où pour certains la nécessité d’un retour à l’ordre religieux. Mais voir la mondialisation et la libéralisation comme des contrecoup de mai 68, pas idiot ! C’est triste, 40 ans après, il n’y a plus personne pour revendiquer le bien fondé de la révolte même pas Sarko, qui est pourtant peut être le seul à qui ça aura finalement profité.

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  • En relisant cet article, je le trouve bien haineux.

    L’affiche qui prétend illustrer la mondialisation libérale est pour moi toujours d’actualité, même plus, car les frontières ne servent qu’à nous désigner de faux ennemis, tandis que les profiteurs et leurs profits ne connaissent en réalité aucun nationalisme, ni aucun complexe à gagner de l’argent aux dépens de tous les pays du monde ou presque (à part quelques teigneux qui sont bien sûr accusés de tous les pêchés du monde !).

    Parmi ces faux ennemis, il y a actuellement en particulier des couples que l’ont sépare sans ménagement, des maris ou des compagnons qu’on envoie vers la misère, tandis que leurs compagnes restent… des travailleurs courageux, quoiqu’illégaux, qui triment dans des cuisines trop petites et surchauffées (j’ai travaillé au noir en cuisine, je connais) …ou les pieds dans le ciment…et à qui leurs années de courage ne donnent aucun droit !

    Aux capitaux, aux riches étudiants, aux PDG surpuissants, les échanges internationaux…aux pauvres les frontières et le travail clandestin ?

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  • Merci ça fait du bien. Moi j’avais 7 ans et j’ai vraiment hâte qu’ils dégagent avec leur absence de scrupule et leur fric volé, leur consommation effrénée et idiote, leur bagnoles sales et bruyantes.

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  • Chic, Alzheimer aura bientôt raison des soixante-huitards…

    8 mai 03:10, par Roland ROBLIN, JE RESIDE A tAIWAN ET EN tHAILANDE

    personne ne parle de la trouille qu’avait les anti 68tars de l’epoque, bizarre

    d’ou leur victoire posterieure

    OUI, 68 nous a beaucoup apporte z ce que les anti se sont empresses z de nous reprendre

    j’ai 73 ans et je resterai esclave des anti, jusqu’au bout. rr

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  • Le temps ne fait rien à l’affaire !…

    8 mai 15:41, par Etrienne

    Vous devriez relire les classiques avant de dire n’importe quoiM Faubert. Voici un texte que vous semblez ignorer et qui date d’avant 1968 et qui pourtant me semble d’une belle actualité. Bien sûr le vocabulaire date un peu, mais je trouve que ce que nous vivons aujourd’hui y est plutôt bien décrit :

    "Partout où elle a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissent l’homme féodal à ses "supérieurs naturels", elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du "paiement au comptant". Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l’exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale. La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque-là pour vénérables et qu’on considérait avec un saint respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages. La bourgeoisie a déchiré le voile de sentimentalité qui recouvrait les relations de famille et les a réduites à n’être que de simples rapports d’argent. La bourgeoisie a révélé comment la brutale manifestation de la force au moyen âge, si admirée de la réaction, trouva son complément naturel dans la paresse la plus crasse. C’est elle qui, la première, a fait voir ce dont est capable l’activité humaine. Elle a créé de tout autres merveilles que les pyramides d’Egypte, les aqueducs romains, les cathédrales gothiques ; elle a mené à bien de tout autres expéditions que les invasions et les croisades La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l’ancien mode de production était, au contraire, pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux, figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d’idées antiques et vénérables, se dissolvent ; ceux qui les remplacent vieillissent avant d’avoir pu s’ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont forcés enfin d’envisager leurs conditions d’existence et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés. Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations. Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l’adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n’emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe. A la place des anciens besoins, satisfaits par les produits nationaux, naissent des besoins nouveaux, réclamant pour leur satisfaction les produits des contrées et des climats les plus lointains. A la place de l’ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations. Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l’est pas moins des productions de l’esprit Les oeuvres intellectuelles d’une nation deviennent la propriété commune de toutes. L’étroitesse et l’exclusivisme nationaux deviennent de jour en jour plus impossibles et de la multiplicité des littératures nationales et locales naît une littérature universelle. Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers. Sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; elle les force à introduire chez elle la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image. "

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    • Le temps ne fait rien à l’affaire !… 8 mai 16:48, par SheheraJade

      Merci de citer les auteurs « Monsieur Etrienne », ça leur fera plaisir ! « Célébration de la bourgeoisie et éloge de la mondialisation » (Extrait du manifeste communiste de 1848 de F.engels et K.Marx)

      Alors Monsieur Faubert, vous en concluez quoi ? Les artisans de Mai 68 auraient plongé « dans les eaux glacées du calcul égoïste » ? Ou tout simplement que, finalement les extrêmes se rejoignent ?

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      • Le temps ne fait rien à l’affaire !… 8 mai 16:56, par Etienne

        Si je n’ai pas cité la source c’est que ça me semblait inutile. Quelqu’un qui se fend d’un texte tel que celui de M. Faubert, devrait au moins savoir qui est à l’origine de quoi, non ?

        ps. C’est Etienne, en fait. Le T et le R sont trop près sur ce clavier !

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        • Le temps ne fait rien à l’affaire !… 8 mai 18:56, par SheheraJade

          …et quelqu’un qui se fend d’un commentaire tel que celui de M.Etienne devrait au moins savoir que selon la convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques :

          « Sont licites les citations tirées d’une œuvre, déjà rendue licitement accessible au public, à condition qu’elles soient conformes aux bons usages… ».

          Bon usages cités dans l’article 10 : Libre utilisation des œuvres dans certains cas : 1. Citations ; 2. Illustration de l’enseignement ; 3. Mention de la source et de l’auteur

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          • Cher Étienne, Si vous avez lu attentivement mon billet, vous aurez remarqué que je cite également le barbu de Trêves. Mais ce n’est pas pour m’abriter derrière son autorité… Vous m’en voyez désolé, j’ai du mal à saisir où vous voulez en venir.Une citation n’est pas une argumentation. Merci de m’éclairer. je serai ravi, alors, de vous répondre.

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