Abdelhakim a vu rouge quand l’employé de l’agence du Crédit Agricole du centre-ville de Grasse l’informe que son compte vire à l’écarlate. Mécontent, il hurle sur le guichetier. Le directeur de l’agence, en pacificateur, tente de le calmer. Hors de lui, Abdelhakim le gifle. La police est prévenue. Quelques instants plus tard, l’homme en colère est interpellé non loin de son domicile. Les forces de l’ordre tentent de le menotter, un policier est mordu. La vitrine d’un courtier en assurances est brisée, des policiers blessés. Ils sont près de 5 à ceinturer ce gringalet. Enfin, ils parviennent à le menotter dans le dos. Il est désormais inoffensif. C’est ce qu’ont raconté les témoins à la police. Près d’une dizaine de personnes ont assisté à l’opération de police ; le centre-ville de Grasse était très fréquenté ce vendredi en début d’après-midi où l’exposition Rose, en l’honneur de la fleur, se tient tout le week-end. Mais, ce que certains témoins ajoutent est autrement plus grave.
Alors qu’Abdelhakim est entravé, les policiers auraient continué à le frapper. Un genou dans le dos, face contre terre, Abdelhakim suffoquait. Selon un policier municipal, Abdelhakim était déjà mort lorsqu’il a été embarqué dans la voiture de police. Mais selon la commissaire, il serait décédé lors de son transfèrement. Alors même que l’enquête ne fait que commencer, certains journaux ont repris la version policière à leur compte.
La scène aurait été filmée
Plus grave, selon certains témoins, les pompiers auraient tenté de soigner Abdelhakim, mais cela leur aurait été refusé par les policiers. Les boeufs-carottes de l’IGS s’interrogent sur l’existence d’un film réalisé à partir d’un téléphone portable. Selon des amis de la victime, son auteur aurait été interpellé immédiatement et nie aujourd’hui avoir filmé la tragédie. Des associations anti-racistes comme le Mrap ont émis un communiqué. Le Mrap « exige que toute la lumière soit faite rapidement sur les circonstances de ce drame que la famille et les proches considèrent comme une bavure ».
Pour le moment, l’IGS travaille. Une autopsie du corps de la victime aura lieu mardi. Avant toute conclusion, le directeur départemental de la sécurité publique affirme qu’il n’y avait pas lieu de mettre en cause les fonctionnaires de la police nationale. Une certitude, Abdelhakim était encore vivant quand cinq policiers l’ont interpellé. Il est mort après les avoir rencontrés.








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