Le geyser Cola-Mentos est devenu un hit du Web. L’effet de ce mélange lié au dégazage brutal du gaz carbonique lors de l’immersion de la friandise s’est fait connaître du grand public en 2006. Un intrigant phénomène physico-chimique tellement apprécié qu’il en devient quasi pop culture. L’irruption la plus complexe (et la plus vue avec 6 millions de clics) montre une imitation de la fontaine de l’hôtel Bellagio de Las Vegas, avec 101 bouteilles de Coca-Cola Light et 523 Mentos. Bravo à ces deux scientifiques de l’Université du Maine devenu artistes pour l’occasion – et non, les jets ne sont pas truqués via des tuyaux d’arrosages comme le sous-entendent certains internautes…
Nées en 2003 aux Etats-Unis, les Flash Mob sont des mobilisations éclairs organisées via Internet. Un groupe se retrouve dans un lieu public pour y effectuer une action particulière avant de se disperser aussi vite qu’il n’était apparu. Le collectif new-yorkais Improveverywhere a relancé la mode en organisant des « freezing », réunion où l’on s’immobilise quelques instants dans un lieu public pour donner la sensation que le temps s’est arrêté. Ces « gels humains » ont eu lieu à New York, Londres ou Bruxelles et ce mercredi 19 mars 2008, à la gare de Lyon de Paris. Le top départ était donné à 20h42 et le gel de 200 à 300 personnes prévu pour 90 secondes. Le résultat en images, réalisé par FatCat Films, agence de vidéos en ligne :
Les productions FatCat sont aussi à l’origine de Pinoncelli et l’urinoir, un très complet documentaire posté en exclusivité sur Dailymotion. Artiste-performer, Pierre Pinoncelli est l’un des rares Français à réaliser de réguliers happenings. Le plus médiatisé est son coup de marteau sur Fountain, l’urinoir de Marcel Duchamp qui lui a valu une épopée judiciaire avec le musée d’art contemporain Georges Pompidou. Pinoncelli est aussi connu pour s’être coupé un doigt en hommage à Ingrid Bétancourt, pour avoir braqué une banque au fusil pour un franc, pour avoir jeté des carambars sur le cercueil de Malraux lors de son transfert au Panthéon, pour avoir tenté d’apporter un message écrit par la veuve de Martin Luther King à Pékin en vélo depuis Paris… À 78 ans, ce marginal se dévoile à travers ce documentaire scindé en deux parties :
Pinoncelli et l’urinoir, deuxième partie :
Game Over
Vues par plus de dix millions de personnes dans le monde, le projet Game Over comprend à ce jour quatre vidéos postées sur Youtube, Dailymotion, Myspace et Yahoovideo. Tetris est le quatrième opus d’un projet développé par l’artiste franco-suisse Guillaume Reymond. Réalisé en novembre dernier, les 88 participants ont chacun reçu un t-shirt de couleur et des consignes sur le déroulement de la performance. Le jeu commencé, chacun choisissait de se déplacer ou non de siège en siège, en respectant les règles. Chaque déplacement a été photographié pour une prise de vue de 4 heures et demi et 880 photos au total.
Pour visionner les autres vidéos du projet Game Over (dont un très efficace Space Invaders) rendez-vous sur le site de l’atelier de création NOTsoNOISY.Motus et bouches cousues
Le Net regorge de ces vidéos produites en circuit-fermé, aux cadrages très resserrés. Elles offrent en général un angle détaillé, au plus proche d’une intimité et d’un corps. On sublime ici un étrange, une horreur, un monstrueux, une difformité – en clair, beaucoup de ces vidéos sont gores mais… esthétiques. Premier exemple avec Monster Meedle. Des bouches cousues, décousues, recousues, reliant des lèvres qui jamais ne se goûtent. Image symbolique d’un fil qui tient deux personnes, c’est « Je te perce, tu me transperces » écrit le réalisateur, Corentin Le Flohic.
Autre exemple avec Nude’s addition, réalisé par le même Corentin Le Flohic (Cooky prod.). La chair et les os deviennent énigme, la peau devient langage, le tout dans une ambiance de métamorphose, comme si la caméra s’était immiscée à l’intérieur du cocon de la chrysalide.
Savez-vous manger des insectes ?
Plus gore, Urg – dont la bande sonore permet d’emblée de comprendre le titre. Une art-vidéo postée par un certain « Hesterscheurwater » qui, à en croire sa collection, aime visiblement amocher les femmes, les enduire de sang et les noyer. Bakchich a choisi pour vous cette mangeuse d’insecte. Bon appétit.
Quand suer devient un art
Les installations artistiques d’Abraham Ferraro parlent du processus de création, du fait qu’il faut savoir suer pour travailler, souffrir pour créer. Car être artiste finalement, c’est batailler pour créer, promouvoir et vendre ses œuvres. Dans cette première vidéo, l’escalade devient création. Les mouvements de pieds activent une machine et ceux des bras guident le mouvement d’un pinceau – une performance qui dure jusqu’à épuisement total de l’artiste. C’est le mythe de Sisyphe selon Ferraro, une situation absurde et répétitive dont on ne voit jamais la fin ou l’aboutissement.
Moitié boxe, moitié peinture. A chaque coup de pinceau, l’artiste se prend une droite ou une gauche dans la figure. Ces tableaux abstraits nés à coups de poing sont considérés comme terminés après douze « rounds » de trois minutes. Une façon de dire que l’artiste n’est en compétition qu’avec lui-même. Douloureux.












