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Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »

BAKCHICH TV / vendredi 16 mai par Vincent Nouzille, Marion Gay
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L’UIMM finance-t-elle toujours les syndicats ? A cette question toujours tabou, « Bakchich » apporte aujourd’hui une réponse claire. « Oui, nous recevons de l’argent de l’UIMM » nous confie Joseph Crespo, le président de la CFTC Métallurgie, qui a accepté de nous en dire davantage sur ses comptes. Ce sont des subsides légales, que perçoivent tous les syndicats, précise Crespo. Un pavé dans la mare, qui soulève des questions sur le financement encore opaque des syndicats

Joseph Crespo est en colère. Président de la fédération CFTC Métallurgie, il fulmine contre les soupçons de corruption qui empoisonnent le climat syndical depuis le début de l’affaire des « caisses noires » de son homologue patronal, l’UIMM, l’union des industries et des métiers de la métallurgie, en septembre dernier. « On en a marre d’être traités de voyous ou de corrompus par plein de gens, alors que nous n’avons rien à nous reprocher » confie-t-il à Bakchich. Il est vrai que les principaux bénéficiaires des 21 millions d’euros de cash distribués par l’UIMM via son délégué général Denis Gautier-Sauvagnac (DGS) demeurent mystérieux (voir encadré). Et que la gestion discrétionnaire par l’UIMM de sa cagnotte secrète - 600 millions d’euros !- suscite bien des questions.

De l’argent versé par l’’UIMM aux syndicats

Mais, depuis le début de l’enquête judiciaire sur ces versements occultes, tout le monde évite de parler des relations financières, qu’elles soient licites ou pas, entre l’UIMM et les syndicats. Sujet tabou et silence radio. Jacques Voisin, le président de la CFTC a déclaré qu’il n’y avait pas de « système organisé » entre l’UIMM et son organisation. Dans un livre qui sort le 17 mai « l’argent noir des syndicats » [1], l’UIMM se réfugie derrière l’enquête judiciaire en cours pour botter en touche sur le sujet. Mais Joseph Crespo évoque, lui, l’existence de subventions légales « qui posent en effet un problème d’indépendance », sans donner plus de précisions.

Bakchich a voulu en savoir plus. Et Joseph Crespo a accepté de nous fournir des explications chiffrées, qui confirment l’existence de versements réguliers de l’UIMM à tous les syndicats (voir la vidéo ci-dessus).

270 000 euros par an pour la CFTC Métallurgie

De quoi s’agit-il ? De fonds versés - appelés dans le jargon syndical un« préciput » c’est-à-dire un prélèvement,- dans le cadre d’un accord sur la formation des syndicalistes signé entre l’UIMM et les syndicats de la branche, destinés officiellement à payer des stages. Le montant touché par la CFTC Métallos ? Un chèque signé par l’UIMM de 270 000 euros par an, ce qui représente 18% des ressources de la CFTC Métallos (1,4 million d’euros par an). « Nous recevons la même somme que les autres syndicats, plaide Joseph Crespo. C’est un accord signé, le versement est parfaitement légal et transparent dans notre unique compte bancaire localisé à la Bred ».

Et à quoi sert cet argent, dont l’UIMM ne contrôle pas l’usage final ? En vérité, les syndicats en font ce qu’ils veulent. « Nous organisons vraiment des stages de formation à la négociation pour nos militants » assure le président de la Fédé des Métallos. Plusieurs centaines de syndicalistes seraient concernés chaque année. « C’est nous qui faisons entièrement le programme, l’UIMM ne s’en occupe pas » tient à préciser Joseph Crespo. Il ajoute que la formation mobilise environ 80% des fonds versés par l’UIMM. « Le reste permet de financer partiellement les 6 salariés de notre fédération ». Une manière de reconnaître que l’argent de l’UIMM sert aussi à faire vivre sa fédération de manière permanente…

Un quart des recettes viennent des adhérents

Joseph Crespo nous donne également d’autres précisions. Car l’UIMM n’est pas la seule à verser son obole. La fédération des services de l’automobile (concessionnaires, etc) finance également, à hauteur de 250 000 euros par an, la CFTC Métallurgie (comme tous les autres syndicats), dans le cadre d’un accord sur le paritarisme. Et six entreprises du secteur (dont EADS, Thalès, Safran, Renault) ont signé des accords de « droit syndical » avec la CFTC Métallurgie qui les conduit à verser chaque année 40 000 euros chacune à cette fédé. Soit 240 000 euros de rentrées supplémentaires. Sans compter des recettes annexes de publicité provenant de sociétés de prévoyance (Ionic, AG2R, etc) dans les revues syndicales.

Au total, les cotisations des 16 000 adhérents ne représentent que 25% des recettes de la fédé, qui totalisent 1,4 millions d’euros par an. « Le système est comme cela. C’est dommage, mais cela ne fait pas de nous des vendus » estime Joseph Crespo. Le président de la fédé CFTC Métallurgie, qui est, par ailleurs, candidat au poste de secrétaire général de la CFTC au congrès d’octobre prochain, est partisan d’une transparence totale et d’une réforme de la loi sur le financement des syndicats, en faveur d’un système de chèque syndical donné à chaque salarié. « Ce serait plus sain » admet-il.

« Pas de corruption de syndicalistes » a écrit DGS

Depuis qu’il a pris les rênes en 2000 de la fédération CFTC des Métallos, qui revendique 16 000 adhérents, Joseph Crespo, venu d’Eurocopter à Marignane, assure n’avoir rien vu d’anormal en provenance de l’UIMM, bien qu’il ait souvent rencontré Denis Gautier-Sauvagnac « Je suis tombé de l’armoire quand j’ai appris ces histoires de valises de l’UIMM, dit-il. Cela nous a choqués. Nous avons déploré l’absence d’explications claires sur la destination de l’argent, qui laisse planer des doutes sur les syndicats. ».

Le comité national de la fédération avait décidé, en novembre, de ne plus participer à aucune réunion de l’UIMM si DGS devait y participer. En réponse, DGS a affirmé par écrit, le 4 décembre 2007, à Joseph Crespo, qu’il « n’y a jamais eu à l’UIMM dans les années écoulées de corruption ou d’achat de signatures syndicales. La sincérité des accords passés dans la branche ne saurait donc être entachée ».

L’enquête judiciaire en cours permettra, peut-être, de confirmer, ou d’infirmer, cette assertion.

Lire ou relire dans Bakchich :

Si les petits arrangements financiers de l’UIMM ont été (en partie) mis au jour, ceux des syndicats censés défendre les salariés restent à ce jour encore tabous. Dans un livre, « L’argent noir des syndicats » (Fayard), le philosophe et journaliste Roger (…)
Où s’est envolé l’argent de la fédération patronale de la métallurgie ? En partie dans une officine qui a longtemps vu des complots gauchistes et de la désinformation partout… Alors que l’UIMM a lancé le « processus de réflexion » sur l’avenir de ses (…)
Alors que l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) poursuit son opération transparence en publiant ses comptes 2007 et en détaillant l’indemnité de départ de son ancien président, Denis Gautier-Sauvagnac, « Bakchich » a voulu en savoir (…)
Demandez à un gamin de cinq ans ce qu’il pense de l’affaire Gautier-Sauvagnac et des fonds secrets de l’Union des industries métallurgiques et minières (UIMM) : il vous répondra qu’il y a quelque chose de pourri dans le patronat. Demandez son avis à un (…)

[1] « L’argent noir des syndicats », Roger Lenglet, Jean-Luc Touly, , Christophe Mongermont (Fayard)


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  • Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »
    le mardi 1er juillet à 16:32, zadiglevizir a dit :
    dernière nouvelle : dans un communiqué de médiapart du 30 juin 2008 celui ci signale que DGS aurait reconnu avoir financé la CFTC dont des frais de restaurant (c’est le patron qui paie !…ET ALORS … !… de plus dans l’argent noir de syndicats de Roger LENGLET notre ami Crespo reconnait du fait de ces subventions ne pas être indépendant (sous entendu on peut lui faire virer des bons syndicalistes ce qui est bien regrettable ou signer des accords ce qui l’est également …selon….). Pour le juge Roger LE LOIR, ce n’est que du bon pain et crédibilise sérieusement les dires de certains syndicalistes jusqu’alors brocardés avec mépris…par le sieur CRESPO . Question : quelles sont les bases légales de ces versements affectueux ? Y a t’il eu abus de confiance ? Y a t’il eu recel ? Corruption active passive ??? des détournements de fonds publics ? Sociaux ? est ce un Trafic d’influence en bande organisée ???? au fait pourquoi seuls la CFTC est elle désignée à la vindicte publique par DGS ?? les autres syndicats n’auraient rien reçus et seraient ils donc pas en droit de porter plainte pour discrimination ?? Pourquoi dans ces conditions n’ont ils pas saisi la justice de leur pays selon l’article L 412 -2 al 3 et autres du code du travail sur la discrimination faisant ressortir des traitements financiers différents entre syndicat ??? En plus qu’il s’attaquait à la dignité de gens honorables, CRESPO assurait avec beaucoup de morgue pour sa défense que le système dénoncé était le fait d’élucubrations de certains on voit bien qu’il n’en n’est rien.. CRESPO ce bon chrétien, est il d’accord avec son ami DGS sur les déclarations de ce dernier ???? tout ça mérite bien entendue une étude approfondie de la part de Mr le Juge. En clair qui ment et qui fait de fausses déclarations en cours d’instruction dans ce dossier sensible ???? y a’il eu subornation de témoin ??
    • Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »
      le jeudi 10 juillet à 09:25, zadiglevizir a dit :
      LIBRE EXPRESSION et DROIT DE REPONSE : Mr J. CRESPO s’est fait interwiever par Backchich un bon New dont l’objectivité est unanimement reconnue par tous tant par la qualité de ses journalistes libres et sans tabous que par la qualité du dialogue instauré.C’est bien qu’il ait eu cette saine initiative qui avait pour but de contrer "plein de gens…" qui le mettaient en colère ect…. Cet interwiev bien entendu appellait les internautes à des échanges de points de vue, des questions qui ne pouvaient rester sans réponse, mais aussi des positions plus déterminées à expliquer(un vrai droit de réponse). Les internautes on tous joué le jeu : félicitations, mais, c’était devenu un monologue (posé certes sans excès)… le Président de la fédération cftc de la métallurgie n’a fait aucun commentaire sur le blog,c’est bien dommage ne serait ce que pour le débat démocratique et syndical qui méritait bien la clarté et la vérité, débat, qu’il avait lui même ouvert et suscité en le portant sur la place publique avec une certaine passion faut il le préciser !!..les internautes sont restés sur leur faim et se disent pour se consoler qui ne dit rien consent !… Se pose une ultime et dernière question : Ce Monsieur est il désormais crédible ?
  • Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »
    le mardi 10 juin à 11:40, Candide a dit :

    Si ces fonds vont réellement à la formation des syndicalistes (droit social et négociation), je n’y verrai aucune objection.

    Or, mes mésaventures récentes me font douter que cette formation ait bien été dispensée ; en d’autres mots, je pense avoir été licenciée plus à cause de l’inertie, de la fuite des syndicats internes à l’entreprise… et également manque de connaissances, et aucune notion de la négociation lors d’un entretien préalable… Plus aptes à mettre la tête du salarié sur le billau… La question leur sera posée : pourquoi ? Car je les mets en cause directement dans mon affaire… Il est déjà difficile de trouver un travail à plus de 50 ans, si en plus, les syndicats salariés contribuent à notre licenciement : où va-t-on ?

  • Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »
    le mardi 27 mai à 09:55, zadiglevizir a dit :
    inexactitudes … backchcich aurait il été roulé dans la farine par les explications chiffrées de CRESPO…. les sommes reçues par les entreprises amies (40 000 euros par entreprise… THALES grand ami de CRESPO c’est exactement 60.217, 36 euros par an (entre 2000 et 2003)… en ce qui concerne la formation (270.000 euros par an fourni par l’UIMM). L’interlocuteur de l’UIMM c’est bien CRESP0 et non Voisin puisque ce dernier est le confédéral et qu’il soutient ne pas avoir à intervenir dans les affaires de la Fédé de CRESPO qui est indépendante ! Comment dans ces conditions le citoyen CRESPO peut il prétendre que c’est Voisin qui négociait avec DGS ???? C’est d’ailleurs CRESPO qui reconnaissait avoir empoché le fric de la formation et non Voisin… !!! quel intérêt aurait eu Voisin à négocier ces sommes (avec DGS) puisqu’il n’en n’avait nullement le profit ?????(ref le figaro du 20/5/2008). Il y a de la tricoche semble t’il dans l’air comme disent les flics dans leur jargon. !!… les subventions se situent elles vraiment sur des bases légales ? Cette simple affirmation du juriste CRESPO n’est pas satisfaisante en soit….bien évidemment !!!! (entreprises d’état,privées, Mixte ont elles le droit et le devoir de subventionner ainsi un syndicat de salariés..la loi de démocratisation du secteur public et nationalisé est elle bien respectée sur la forme et sur le fonds ??? (loi AUBRY). y a t’il eu des contre parties ? lesquelles ?? une bonne investigation avec vérification de situation de patrimoniale de certains ne s’impose t’elle pas dans ces conditions ???? la police lorsqu’elle fait des recoupements serrés en la matière est très experte et sans aucun doute va t’elle se pencher sur la question !!… le contraire serait vraiment étonnant et inquiétant !!!!et alors…..comme dirait CRESPO !!!!!
  • Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »
    le dimanche 25 mai à 08:02, voltarius a dit :
    la CFTC applique le principe chrétien "Charité bien comprise commence par sois même" Le bakchich est un excellent fluidifiant pour les négociations mais pour les travailleurs c’est la vaseline
  • Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »
    le samedi 24 mai à 07:06, P.O.M a dit :
    Bonjour à vous, je suis un responsable départemental C.F.D.T. Pouvez-vous me fournir des informations concernant mon organisation, sur un éventuel financement de la part de l’UIMM.Quel qu’il soit. Je ne suis pas naïf, je m’interroge…….. Depuis une vingtaine d’année j’ai appris à apprécier la C.F.D.T pour ses valeurs et sont indépendance. En ma qualité de secrétaire ou tout simplement en qualité de militant, je me suis souvent opposé aux descisions Confédérales et Fédérales. Mais il me semble, que seule la C.F.D.T plublie ses comptes et demande la "certification" de ses comptes. Pouvez me rendre intelligent. Merci par avance. Merci d’exister et longue vie à vous. P.O.M
    • Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »
      le samedi 24 mai à 11:13, Laurent Léger a dit :

      Bonjour vous pouvez lire le livre l’Argent noir des syndicats, qui vient de paraître. Bien à vous,

      Laurent Leger Redacteur en chef

    • Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »
      le dimanche 25 mai à 09:41, zadiglevizir a dit :
      bravo P.O.M qui apprécie depuis une vingtaine d’année la CFDT et qui…. s’oppose néanmoins aux décisions Confédérales et fédérales…. nous à ZADIG il y aurait belle lurette qu’on aurait cassé les machines fédérales et confédé…. enfin dans l’intérêt des salariés…. évidemment avec Chérèque tout est possible !! ……Notre ami POM est une très bonne langue de bois fédérale CFDT…..
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