En prélude au congrès de Reims qui va soulever un espoir immense dans le peuple français, le Parti Socialiste se met en « ordre de marche » comme disent les chefs scouts préparant une randonnée dans le Vercors. Voyons les forces et surtout les projets en présence :
La cheftaine Ségolène Royal a pris la tête de la croisade destinée à bouter hors du royaume de France les usurpateurs sarkozystes. Pour se faire adouber à Reims, elle doit cependant se débarrasser de ses adversaires les plus résolus et de ses amis les moins fiables. Faute de tamis, nous n’avons pas pu établir une carte fidèle des troupes coalisées. Mais nous pouvons cependant recenser les têtes de file et leurs amis.
Nous avons donc les Strauss-kahniens dont le gourou, momentanément absent pour cause de pantouflage au FMI ( ne pas confondre avec le RMI), entend bien prendre un jour la tête du PS. Mais il va se heurter à l’émergence des Delanoéistes, anciens Jospiniens, qui fondent des espoirs sérieux sur le maire de Paris, l’immortel auteur du slogan soixante-huitard : « Sous les pavés, Paris-Plage ». Le même Delanoë pourrait gagner sans la présence dans les bordures de francs-tireurs décidés à jouer leur carte : la mairesse de Lille, Martine Aubry, les Moscovicistes, les Le Gueneux, et les Huchoniens. Regrettons au passage l’absence ( limite d’âge dépassée) des Mermaziens et des Rocardeux qui nous ont tant distraits du temps de Mitterrand.
Sur cette carte du Tendre d’un parti de vrais potes, nous voyons aussi arriver des petits nouveaux que nous n’attendions pas : le collectionneur de montres Julien Dray, le maire de Nantes Ayrault et le rénovateur Valls. Tous les espoirs leur sont permis à deux conditions : qu’ils créent leurs propres courants, les Drayistes, les Ayraultais et les Vallseurs. Mais surtout, qu’ils arrivent à ringardiser les vieux pachydermes broutant négligemment leurs prairies en ne dormant que d’un œil : Fabius et ses Fabiusiens et Lang et ses Languides. Ce n’est pas gagné !
L’issue de la bataille est incertaine car le Don Quichotte de l’Ile de Ré, Lionel Jospin, arbitre impavide des ambitions socialistes, a son mot à dire, aidé fidèlement par son aide de camp Sancho Panza Allègre, chargé de distiller dans la presse des piques assassines contre la Jeanne d’Arc du Poitou. Regrettons au passage l’absence d’un maître en coups fourrés, le délicieux Charasse, exclu du PS et l’idéologue de Montpellier, le Charles Martel des harkis, l’empereur de la Septimanie ( non, c’est pas une maladie), le fameux Georges Frêche (pas confondre avec la fraîche des voyous). Voilà tous réunis les héritiers de Gavroche et de Jaurès, les libérateurs des damnés de la terre, les héritiers du Front Populaire. Et les électeurs, dans tout ça ? Le peuple français ? La gauche ? Les projets ?
Pas de diversions, SVP ! On a le congrès de Reims à préparer. Nous ne céderons pas aux provocations démocratiques ! Nous avons des tribunes libres à envoyer au Monde et à Libé et les photographes de Gala et de Match nous attendent…








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