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Un militant UMP : "J’ai ramené au RPR des valises de billets envoyées par Bouygues"

Bakchich TV / jeudi 26 juin par Michel Despratx
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La France célèbre cette année l’anniversaire du pont de l’île de Ré, construit par le grand Bouygues il y a vingt ans. « Bakchich » s’invite à la fête en faisant témoigner Gérard Merle, un militant UMP qui se souvient avoir, sur ordre, ramené à la mairie de Paris trois valises d’argent liquide représentant "la commission que le bétonneur versait au RPR pour obtenir le marché". Merle faisait le pont, en quelque sorte !

Vieux gaulliste, formé à l’action secrète, Gérard Merle était l’homme idéal pour porter une valise. La clandestinité incarnée ! Dans les années soixante, il jouait les « OSS-117 » pour le SAC de Foccart et Debizet en Afrique, où il entraînait militairement des indépendantistes capverdiens en lutte contre le Portugal de Salazar. Vingt ans plus tard l’aventure continue mais le décor est plus soyeux. Il rejoint en 1985 Jacques Chirac à la mairie de Paris pour s’occuper de la propreté, et des deux mille militants de la fédération RPR de la capitale. C’est là qu’un jour le parti chiraquien refait appel à ses talents de gymnaste.

Nous sommes fin 1986. Selon ses souvenirs, son supérieur, l’ex-commissaire des RG devenu Inspecteur Général de la Ville de Paris, Guy Legris, lui adresse une citation pleine de promesses : « Viens, il y a des valises à transporter ». Enfin ! Un peu d’action.

En cours d’affaire, continue Merle, Legris lui en dit plus. Il s’agit « de ramener au fief de Jacques Chirac, l’Hôtel de Ville, l’argent des commissions versées par Bouygues au RPR pour le marché de la construction du pont de l’île de Ré », qui s’achèvera en 1988. L’oiseau Merle, toujours prêt à chausser ses godillots pour une petite opération de terrain, file en voiture-breack banalisée avec chauffeur au rendez-vous boulevard Morland, où siège l’Inspection générale de la capitale. Il y retrouve, nous assure-t-il, Jean-Pierre Quéré, le secrétaire général adjoint de la ville, décédé il y a cinq ans, qui pour l’aider se saisit d’une des trois petites valises noires de type porte-documents contenant l’argent noir.

« Je vous demande de ne plus me rappeler »

Puis, tels Bourvil et Gabin dans La traversée de Paris, ils emportent le butin vers l’Hôtel de Ville. Sauf qu’à la différence des vieux héros du marché noir, nos deux gaullistes ne rasent pas les murs dans l’intention d’échapper aux patrouilles de frisés, mais à l’agent du fisc et aux curiosités des juges.

Aux dernières nouvelles, et toujours selon Merle, l’argent serait bien arrivé.

Aristo des missions délicates, le porteur de valises n’a pas eu le mauvais goût de demander à ses chefs quelle somme exacte contenait son transport. Plus libre de ses questions, Bakchich a contacté l’ancien Inspecteur Général de la Ville de Paris, Guy Legris, pour lui demander s’il confirmait la mélodie de Merle. Retiré dans sa maison de campagne, Legris nous reçoit d’un viril éclat de rire, un brin forcé : « Mais qu’est-ce que c’est que ces conneries ! » Puis l’homme enchaîne, dur comme une pile de béton : « Je ne m’exprime pas sur ces affaires. Je vous demande de ne plus me rappeler ».

Au parti de Legris, ce bon vieux RPR de Chirac devenu UMP, qu’a-t-on à dire des souvenirs d’un ancien convoyeur de fonds ? Rien. En vertu de l’antique principe selon lequel la révolution ne paye jamais les dettes de la monarchie, on se contente de nous faire savoir que l’UMP n’a rien à dire des vieilles affaires du RPR. Ni démenti, ni confirmation, juste rien à dire.

« Ces commissions en liquide, nous en parlions dans nos réunions »

Et chez Bouygues ? Comme l’affaire date, voyons un peu du côté des anciens. Bakchich a contacté un retraité qui occupait chez Bouygues un poste de salarié syndicaliste, au moment même où Merle affirme avoir convoyé des valises. Appelons-le Raymond, car cet ancien ne veut pas être cité. Les commissions du pont de Ré lui rappellent sa jeunesse. « Ces commissions en liquide, nous en parlions dans nos réunions de l’époque. Nous savions que l’argent destiné au RPR transitait par la mairie de Paris où Jacques Chirac avait une logistique ». Et quelques employés de talent…

Formidable Sudoku, ce petit jeu de grilles chiffrées qui muscle le cerveau des Français vieillissants ! Il semblerait que son succès soit à l’origine d’un beau surcroît de mémoire chez nos amis retraités. Bakchich en a retrouvé un autre, qui également n’a rien perdu de ses souvenirs. Nommons-le Jules, car lui aussi souhaite se faire oublier, mais sachez qu’il fut dans les années 1990 l’un des responsables du parti centriste de Pierre Méhaignerie, le CDS, fin connaisseur du financement occulte.

La générosité de Bouygues à l’époque de la construction du pont de Ré aurait bien pu valoir à Jules un séjour à l’ombre. De part sa position dans le parti, notre bon Jules pouvait prétendre à passer l’hiver 2000 en prison après que la PJ eût trouvé dans la comptabilité du bureau d’études du CDS « Stratégies et Méthodes », en 1995, deux factures relatives à un contrat d’audit concernant la construction du pont de Ré. L’enquête établissait que Bouygues payait des études fictives à cette société bidon pour remplir les caisses du parti de Méhaignerie. Lequel, et c’est fou où parfois vient se nicher le hasard, entretenait des liens d’amitié avec François Blaizot, le président du Conseil général de Charente-Maritime, maître d’ouvrage du fameux pont… Voilà pour ce qu’avait découvert la justice, et plusieurs chefs du CDS, dont Pierre Méhaignerie, furent condamnés à de la prison avec sursis avant d’être amnistiés.

«  Tout le monde avait touché »

Ecoutons, maintenant, les souvenirs de notre ancien du CDS sur l’argent qui valsait au moment de la construction du bel ouvrage de Bouygues. « L’idée générale à l’époque, nous confie Jules, c’est que les commissions du pont de l’île de Ré étaient partagées. Ce qui se disait, c’est que sur cette affaire tout le monde avait touché. Mais contrairement à ce qu’on croit, ce ne sont pas toujours les caisses des partis politiques qui ramassaient le plus. Cette version-là, c’est celle qu’on donne devant les juges quand il s’agit de justifier les versements. L’argent des commissions allait aussi enrichir, on va dire, des carrières personnelles ». C’est ce qui s’appelle fournir un petit tuyau à la justice.

Et Bouygues ? Le constructeur a-t-il gardé, lui aussi, la mémoire des commissions jadis versées aux partis politiques ? Quand on se promène sur son site internet, il saute aux yeux que l’entreprise veut oublier cette période où deux gaullistes faisaient la traversée de Paris les bras chargés de billets. Lisons ensemble. Au chapitre « code d’éthique du groupe Bouygues » rédigé en 2006, il est doctement affirmé que « la politique générale du groupe est de ne pas contribuer au financement des partis ou des hommes ou femmes politiques ». Et cette phrase est gravée dans le ciment : « la participation d’une entreprise au financement des partis politiques ou de l’activité des élus ou candidats est strictement interdite en France ». Bref. Après une fort civile discussion au téléphone avec les responsables de sa communication, le constructeur du pont de Ré nous a communiqué par email sa réponse. Une phrase. Une seule : « Le groupe Bouygues n’a aucune connaissance des allégations de Monsieur Merle qui portent sur une période remontant à plus de vingt ans ».

Dommage. Pour les vingt ans du pont de Ré, un récit un brin plus vivant du temps de la générosité aurait mis un peu de couleur aux 28 piles et 27 travées du plus long ouvrage en béton précontraint de France.


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  • Un militant UMP : "J’ai ramené au RPR des valises de billets envoyées par Bouygues"
    le samedi 5 juillet à 19:09, zadiglevizir a dit :
    bonjour Gérard Merle, je me nomme Jean Claude Marin : suite à vos dernières révélations, venez donc prendre l’apéro avec moi au palais de justice…
  • Un militant UMP : "J’ai ramené au RPR des valises de billets envoyées par Bouygues"
    le vendredi 4 juillet à 19:17, impots-utiles.com a dit :

    et François Fillon a lui ramené un chef 3 étoiles à Matignon … ce qui a fait sursauter le directeur financier de Matignon !

    http://www.impots-utiles.com/francois-fillon-prefere-les-3-etoiles.php

  • Un militant UMP : "J’ai ramené au RPR des valises de billets envoyées par Bouygues"
    le mercredi 2 juillet à 19:34, jean pierre jacquet a dit :

    A l’aide WWF … Protections des espèces ! Hier Paris semblait pour nous un sanctuaire Où la Valise Grise aux plains-chants et sans cesse Pouvait se reproduire en liberté dans l’aire

    Aujourd’hui le gardien à nom : DELANOË Son équipe et lui jouent notre éradication Plus de billets par mille en chemin détournés Dans son arche on ne sauve aucune concussion

    Il veut que la monnaie aille pleine et entière Vite multiplier les crèches les écoles Sa jeune équipe verte on la sent pas peu fière Capable d’accomplir une œuvre sans bricoles

    Jamais ils n’ont suivi les cours d’Economie Naguère dispensés par nos partis de droite Quand JACKY La Mallette officiait dans l’amphi Toutes nous jouissions au futur dans nos boîtes

    Dans cinq ans espérons (ce n’sera pas trop tôt) Nos ordures aimées affamées reviendront ! Alors ils reprendront les chants et les plus beaux De la Valise Grise au douteux édredon

    Oui mais il y a un hic … et si les Parigots Adoraient ces élus ? Si des enfants heureux De l’insécurité n’étaient plus le terreau ? Sans merde à cultiver nos maîtres sonnent creux …

  • Un militant UMP : "J’ai ramené au RPR des valises de billets envoyées par Bouygues"
    le vendredi 27 juin à 22:29, alzeimer a dit :
    ah , mon dieu , je ne pas le croire , des affaires au pays des droits de l’homme , des affaires dans une démocratie , exemple pour toutes les républiques bananières , des affaires dans un pays où la justice est indépendante , non , c’est une erreur , ce monsieur est atteint par la maladie D’Alzeimer , il raconte n’importe quoi. M’dame Dati faites quelque chose
  • Un militant UMP : "J’ai ramené au RPR des valises de billets envoyées par Bouygues"
    le vendredi 27 juin à 19:39, Patrice Hénin a dit :

    Je vous envoie par courrier postal, lundi 30 juin, quelques textes relatant mes déboires judiciaires.

    La justice veut me faire interner parce que Jérôme Hénin, mon petit frère, l’a demandé.

    Il ne veut pas que je clame partout qu’il a passé 7 ans de sa carrière chez Bouygues a construire… des piles de valises.

    Il me parlait de sac marins.

    Le blog http://patricehenin.blogspirit.com vient d’être interdit, j’y raconte tout. Un autre blog est en cours :

    http://patricehenin.over-blog.com

    Je compte sur vous pour retrouver les anciens collaborateurs de Jérôme qui s’est fait d’innombrables ennemis chez les directeurs de Bouygues (Stim Aménagements, en dernier)

    Bouygues est quasiment au pouvoir maintenant. Il met en HP qui il veut, c’est le progrès.

    Moi aujourd’hui, puis dépénalisation du Droit des Affaires, puis rétablissement de la peine de mort (enfoui vivant dans le béton) pour les dénonciateurs.

    Patrice Hénin

    PS : votre adresse postale ?

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