J’ai été journaliste à France 2 pendant 15 ans, de 1984 à 2001, ancien correspondant de la chaîne à Berlin et à de nombreuses reprises, envoyé spécial à Jérusalem. Je connais bien le fonctionnement du bureau de France 2 en Israël : il est orchestré de mains de maître par Charles Enderlin. Seulement voilà… Il y a parfois des ratés, des « déficiences dans le fonctionnement du système », comme l’écrit Le Petit Robert !
La polémique dure depuis 8 ans sur un Palestinien de 12 ans, Mohammed al-Doura, protégé par son père, qui a perdu la vie lors d’un échange de tirs entre l’armée israélienne et des activistes palestiniens. Les images de l’enfant ont fait plusieurs fois le tour du monde avec cette controverse terrible sur l’origine des tirs ayant provoqué sa mort.
On ne saura sans doute jamais la vérité sur cette affaire. Mais il y eu un fait nouveau la semaine dernière : « Charles Enderlin a perdu mercredi en appel son procès en diffamation contre un internaute qui affirmait que le reportage avait été truqué » selon les propres termes de la dépêche de l’AFP. Directeur d’une société se présentant comme une agence de notation des médias, Philippe Karsenty a « exercé de bonne foi son droit de libre critique » et « n’a pas dépassé les limites de la liberté d’expression », a estimé dans son arrêt la cour d’appel de Paris, qui a décidé de relaxer le prévenu, sans se prononcer explicitement sur le contenu du reportage.
Karsenty/Enderlin : c’est un peu David contre Goliath. France 2 a joué un jeu dangereux et est en passe de perdre cette bataille juridique. Le caméraman palestinien de France 2, Talal, tournait sans son journaliste, ce 30 septembre 2000 et tout le monde sait bien, qu’à Gaza, on « joue » avec les photographes et les journalistes depuis des années. Pallywood est passé par là. Talal s’est peut-être « fait avoir », Enderlin aussi !!! Mais il suffit parfois de reconnaître ses erreurs ou ses failles dans le « fonctionnement de son système ». C’est tout ce que l’on pouvait demander à la direction de France 2, qui dans le JT du 21 mai dernier a jugé bon de consacrer une brève de 14 secondes à l’arrêt de la cour d’appel de Paris. J’ai eu un peu honte de « ma chaîne », ce soir là.








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