Vous avez été quelques-uns, 16 précisément au moment où ce papier est publié, à avoir réagi à l’article de Jacques-Marie Bourget « Quand la pègre défilait, en Mai 68, aux côtés des gaullistes ».
L’article montre un aspect particulièrement intéressant du défilé organisé par les gaullistes en réplique aux manifs des ouvriers et étudiants, le 30 mai 1968 : les liens, de bras au moins, entre Gilbert Zemour, fameux truand, et les plus fervents gaullistes au pouvoir. Vos réponses ont été, évidemment variées. Mais franchement pas très excitantes, amis lecteurs. Bakchich est triste.
Où l’on pouvait s’attendre à de multiples témoignages et / ou enquêtes et bouts d’enquêtes sur cette contre-manif, sur les liens entre la pègre et les politiques, ou sur mon Mai 68 à moi, certains de vos messages dégobillent dans le vide. Ainsi, môôôsieur (ou mâââdame) X, toujours très doué à ce petit jeu, profite de l’espace de liberté pour cracher sur la LCR : « Les temps ont bien changé. Krivine a pactisé avec Pasqua dans les années 80. Aujourd’hui, pègre gaulliste et SAC = LCR ». Et la même personne, ou une autre au nom caché en remet une couche : « Et rouge, c’est du bon vin ? »
« Le gaullisme a toujours attiré les truands »
Il y a aussi les môôôsieurs et mâââdames X qui balancent des généralités assez décevantes, surtout lorsqu’elles attaquent directement quelqu’un sans argumenter. Exemple, le message qui reprend une phrase attribuée ici à un certain Pierre Comiti. Pierre Comiti, ça vous dit quelque chose ? Bof. Il y a bien un Joseph Comiti, qui fut plusieurs fois Secrétaire d’État auprès du Premier Ministre, chargé de la jeunesse et des sports, sous la présidence de Charles De Gaulle, et qui aurait donc éventuellement pu sortir cette phrase (« Je ne sais pas pourquoi, mais le gaullisme a toujours attiré les truands »). Mais a priori c’est pas lui. Il y a un autre Comiti, proche de De Gaulle : Paul. Paul Comiti a dirigé le SAC, Service d’Action Civique, crée en 1960 pour soutenir la politique du Général à coup d’extrême droite et de vieux truands.
Il y a ceux, qui ne nous croient pas, et qui trouvent l’article et son auteur « répugnants ». C’est le cas de Diogène, pour qui le truand n’a, bien évidemment, aucun lien, ni avec Debré, ni avec Malraux, ni avec aucun politique d’ailleurs.
Sans carburant, le peuple est dans la rue
Il y a ceux qui approuvent plus ou moins, et qui ont surtout le mérite de développer le sujet : Cassandre, Mandrin et Bigstick, ce dernier ayant apparemment vécu l’épisode et apportant par ailleurs sa réponse à Frank, qui se demande comment expliquer qu’une telle foule ait manifesté ce jour-là. Réponse de Bigstick : « Craignant qu’il n’y ait pas assez de manifestants, les organisateurs avaient massé des camions militaires (…) [pour] donner ainsi l’impression d’un flot massif et continu de manifestants gaullistes… De mémoire, seuls quelques camions ont été remplis car le peuple de Paris, qui en avait marre d’être privé d’essence, était venu en masse… »
Et puis il y a ceux qui s’en balancent, et qui laissent vagabonder leur pensée. Le fidèle Jojo le Mérou par exemple. Les types comme Jojo le Mérou, c’est drôle, ils nous lisent (sympa !) tout en claironnant qu’ils ne nous aiment pas à cause de notre nullité (sympa…). Ici, Jojo se lâche : « Mort d’ennui. C’est encore plus creux que Libé ici. Vous manque plus que les titres genre Almanach Vermot. Vous faites un concours avec rue 89 ??? Bon ben ex-aequo (aussi chiant) ». Au moins, Jojo a le mérite de nous faire rire. Mais il en faudrait pas trop quand même des comme ça.












